Préavis de grève pour 32.000 métallurgistes en Finlande

FINLANDE: Les syndicats finlandais affiliés à la FIOM, le syndicat finlandais des métallurgistes, le syndicat des employés salariés Pro et la fédération du personnel professionnel et d’encadrement YTN (Ingénieurs et architectes académiques TEK et syndicat des ingénieurs professionnels UIL) ont annoncé l’interdiction immédiate des heures supplémentaires dans toute l’industrie métallurgique finlandaise. Cette interdiction s’applique à environ 200.000 salariés.

Le préavis de grève du syndicat des employés salariés du secteur privé Pro et du syndicat finlandais des métallurgistes concerne 32.000 travailleurs et travailleuses dans 44 grandes entreprises dans les secteurs d’exportation de produits finlandais, et les conventions collectives pour plus de 200.000 salariés. L’action revendicative doit commencer dans tous les établissements de ces 44 entreprises le 21 octobre et se poursuivre jusqu’au 7 novembre, à moins de la conclusion d’un accord avant cette date.

L’organisation de négociation pour les employés salariés de haut niveau YTN partage les objectifs du syndicat des métallurgistes. YTN a indiqué qu’il rejoindra le front commun dans le cas où une action revendicative plus forte était nécessaire.

Les syndicats ont rejeté fin septembre l’offre salariale du patronat portant sur une augmentation de 2,4 pour cent la première année et de 1,9 pour cent l’année suivante. Il n’y a pas eu de négociations depuis cette date, mais il est devenu clair que les trois confédérations syndicales nationales (Akava, SAK et STTK) sont loin de conclure un accord avec les deux confédérations patronales EK et KT.

IG Metall veut donner la priorité absolue aux préoccupations des jeunes

ALLEMAGNE: Prenant la parole au rassemblement important qui a eu lieu sur le  Neumarkt de Cologne, le vice-président de IG Metall, Detlef Wetzel, a déclaré que les responsables politiques et les chefs d’entreprise ignorent depuis des années les intérêts la jeune génération. "Nous voulons faire un signe pour que la classe politique mette finalement les préoccupations de la jeune génération sur l’agenda politique, et en fasse même sa priorité absolue", a affirmé Wetzel.

Il veut que les jeunes obtiennent des possibilités équitables pour l’éducation et la formation. "Nous voulons la justice et l’égalité dans notre société. La sécurité dans le travail – pour nous, cela signifie des emplois permanents pour les jeunes en apprentissage", dit-il. IG Metall va engager le combat sur cette question lors des prochaines négociations. Les jeunes ont manifesté pour obtenir ce qui est important pour eux: de meilleures perspectives d’emploi, des emplois permanents, des emplois sûrs et de bonne qualité, et un équilibre vivable entre le travail et la vie privée.

IG Metall veut empêcher toute rupture de la jeune génération avec le développement social. Les jeunes sont forcés, de plus en plus souvent, d’accepter des emplois précaires, sans sécurité ni perspectives d’avenir. "Le fait de ne pas rejeter l’emploi précaire signifierait, mis à part les problèmes démographiques à venir, la fin des régimes de sécurité sociale, non pas dans l’immédiat, mais pour la jeune génération", affirme le syndicat.

Eric Leiderer, secrétaire national des jeunes à IG Metall, estime que les jeunes sont exploités car ils constitue le maillon faible de la société. "Il est plus facile de faire des coupes, de licencier  et de réduire les salaires des jeunes", constate Leiderer. Avec la campagne pour le "Übernahme" (la prise en charge avec un emploi permanent) IG Metall veut montrer à tout le monde qu’il faut prendre au sérieux la jeune génération. "Nous ne sommes pas chargés d’entraîner des gens pour donner aux entreprises et aux responsables politiques la possibilité de tester les réductions, les stages en entreprise, l’emploi précaire ou d’autres conditions de précarité", affirme Leiderer.

IG Metall a résumé ses revendications dans la "Charte de la jeune génération". Pour tout ce qui touche à ce sujet et pour des renseignements sur la Journée d’action de la jeunesse à Cologne, se rendre sur www.igmetall.de et www.operationuebernahme.de.

Riposter dans l'unité aux Philippines

PHILIPPINES: Comment établir l’unité parmi les syndicats locaux quand on traîne derrière soi un passé difficile? Telle était la question à laquelle étaient confrontés les dirigeants de l’Alliance philippine des métallurgistes (PMA) et de l’Alliance des métallurgistes des Philippines (MWAP) à l’atelier national animé par la FIOM. Il faut mettre à leur crédit le fait que le PMA tout comme le MWAP ont trouvé quelques solutions pragmatiques, capables de profiter aux travailleurs et travailleuses. Il s’agit notamment d’une nouvelle manière d’assurer la syndicalisation sur la base d’une coopération et non sur des conflits entre les deux syndicats.  En partageant des informations sur les accords de négociation collective et sur le développement d’un mécanisme de résolution des divergences en cas de conflit intersyndical, les dirigeants espèrent pouvoir réaliser une meilleure coopération entre leurs syndicats au niveau national.

Un tel exemple nous a été donné par la décision des syndicats de demander une réunion conjointe avec le ministère du Travail et de l’Emploi (DOLE) pour soulever des questions d’intérêt mutuel. Les problèmes identifiés par les syndicats concernent l’application de la législation du travail actuellement en vigueur et les droits des travailleurs et travailleuses aux Philippines. Le travail contractuel de plus en plus courant, les écarts entre le salaire minimum et un salaire permettant d’avoir des conditions acceptables de vie, la liberté syndicale et la reconnaissance des droits des travailleurs et travailleuses dans les zones franches économiques, toutes ces questions seront formulées et remises en main propre au ministre dans une lettre jointe.

Les participant(e)s à la réunion ont également examiné des stratégies d’avenir destinées à surmonter le faible taux de syndicalisation chez les métallurgistes (autour de 3 pour cent), l’absence d’une coordination nationale et la nécessité de créer des mécanismes permettant de partager des expériences et des stratégies pour faire face aux nombreux problèmes communs. Dans un premier temps, les deux syndicats ont accepté de partager des informations sur la syndicalisation et des activités de création de syndicats au niveau national. Les dirigeants des deux syndicats ont accepté de se rencontrer tous les trois mois dans un forum conjoint de direction. La réunion aura pour but de déterminer des établissements à cibler pour la syndicalisation et d’assurer une absence de concurrence entre les syndicats sur ces cibles.

Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM, a informé les participant(e)s: "Avec tant de travailleurs et travailleuses qui ne sont pas syndiqués aux Philippines, nos ressources et nos efforts doivent servir à soutenir l’augmentation du taux de syndicalisation. Tout ce que j’ai entendu au cours de la réunion montrait la volonté d’accepter cela et l’engagement de faire quelque chose dans ce domaine ".

Glen Thompson du syndicat australien des travailleurs de la fabrication industrielle (AMWU) ainsi que Masahiro Nogi et Shinya Iwai du Conseil japonais des syndicats ont également assisté à la réunion.  Toutes les études nationales de cas présentées ont montré que les syndicats concernés connaissaient des conflits intersyndicaux.

Les travailleurs de Maruti Suzuki en Inde mettent fin à l'impasse

INDE: La direction de MSIL avait verrouillé ses portes le 29 août et déclaré que seuls les membres du personnel qui accepteraient de signer le ‘pacte de bonne conduite’ (GCB) pourraient pénétrer dans l’usine. Devant leur refus de signer ce pacte, les mesures anti-ouvrières de la direction se sont poursuivies et le nombre de travailleurs soumis à des mesures disciplinaires a atteint 62. Ce nombre inclut le licenciement de 15 personnes, la suspension de 29 travailleurs réguliers et la fin du contrat de 18 stagiaires.

Il est significatif de noter qu’auparavant, en juin 2011, le travailleurs de l’usine MSIL Manesar avaient déclenché une grève sur le tas de 13 jours pour la défense de leurs droits syndicaux et contre des pratiques déloyales dans le travail. Suite à cette lutte, la direction de MSIL avait commencé à exercer des représailles par des suspensions et des licenciements. La direction a imposé le 29 août un pacte injuste aux travailleurs et travailleuses, en affirmant que les personnes engagées dans des tactiques de ralentissement entravaient le processus de production. La situation a forcé le personnel de production de Maruti – Suzuki à déclencher une lutte massive contre la direction, avec le soutien du personnel contractuel et employé de manière occasionnelle, des syndicats de la région de Gurgaon, des étudiants de l’université, des groupes de la société civile et du mouvement syndical international.

La FIOM et son affilié, le Conseil japonais de la FIOM, aux côtés de la Confédération japonaise des travailleurs de l’automobile (JAW) ont affirmé leur solidarité à la lutte et demandé à la direction de Maruti Suzuki de négocier de bonne foi avec le personnel de production. Des représentants du bureau de l’Asie du Sud de la FIOM ont organisé plusieurs réunions avec le personnel de Maruti Suzuki et ont pris la parole devant les portes pour aider le personnel à protéger ses droits.

Par la suite, un règlement a été conclu le 30 septembre entre la direction de MSIL, le personnel ouvrier de l’usine Manesar et le syndicat MUKU, en présence du ministre du Travail du gouvernement de l’État de Haryana et de responsables du ministère du Travail sous la section 12 (3) de la loi sur les conflits du travail de 1947. Les détails de l’accord sont donnés ci-dessous:

  1. 15 ouvriers qui avaient été licenciés seront réintégrés et resteront suspendus jusqu’au résultat d’une enquête impartiale qui statuera sur leur cas.
  2. 18 stagiaires dont le contrat avait été abrogé seront réintégrés.
  3. 29 ouvriers qui avaient été suspendus resteront suspendus et font face à une enquête impartiale.
  4. Suivant le principe "pas de travail, pas de salaire", aucun ouvrier ne touchera de salaire du 29 août au jour où reprendra le travail. En outre, ils feront l’objet d’une amende qui se traduira par la "défalcation d’une journée de salaire".
  5. Tous les ouvriers doivent signer le pacte révisé de bonne conduite et reprendre leur service à la date du 3 octobre.
  6. La direction a accepté de ne pas céder à tout acte à caractère vindicatif à l’égard des ouvriers.
  7. Tout conflit qui surgirait dans l’avenir sera réglé par des négociations.
  8. Les deux parties ont accepté de respecter les droits fondamentaux de l’une et de l’autre des parties.

Dans un esprit de solidarité, le personnel de production de Maruti Suzuki a accepté d’affecter chaque mois une partie du salaire pour combler le déficit salarial des 44 travailleurs suspendus.

La FIOM note avec inquiétude que la direction n’a pas autorisé les détenteurs de contrat des équipes postées A et B et les travailleurs occasionnels à pénétrer dans l’usine pour se présenter au travail le 3 octobre. Le personnel de production de Maruti Suzuki est très inquiet et se tourne vers l’administration du travail pour lui demander d’intervenir. Les travailleurs contractuels et occasionnels sont restés absents de leurs postes de travail tout comme les travailleurs réguliers. Le fait de ne pas leur permettre de travailler est considéré comme un acte de vengeance par le personnel de Manesar.

Excellon décide un lock-out illégal dans une mine mexicaine

MEXIQUE: Le 28 septembre, un groupe de travailleurs organisés par Grupo Peñones a occupé la mine La Sierrita à Mapimí dans l’État de Durango. La mine est à l’arrêt et ses 130 travailleurs, tous membres de la section 309 du syndicat national des mineurs dirigé par Napoleón Gómez Urrutia, attendent que le site soit libéré pour pouvoir continuer de travailler, a déclaré le syndicat.

Le syndicat a expliqué que la mine, qui appartient à l’entreprise canadienne Excellon, San Pedro Resources, SA, "a été saisie par du personnel favorable à la direction et syndiqué par Carlos Pavón, alias La Marrana, de Zacatecas, employé à la mine Naica dans l’État de Chihuahua et à la mine Torreón dans l’État de Coahuila, qui ne se trouvent même pas dans la région".

Le syndicat a ajouté: "Nous savons que Pablo Gurrola, directeur des ressources humaines d’Excellon à la mine, est directement responsable de l’organisation de l’occupation. Il s’agit donc d’un lock-out totalement illégal".  Le syndicat a également dénoncé la complicité du gouvernement avec Grupo Peñones, et fait remarquer que des troupes fédérales fortement armées ont été déployées en soutien à l’occupation illégale.

Les travailleurs à la mine d’Excellon ont participé à une lutte très dure depuis 2010 pour défendre leurs droits de la personne et leurs droits syndicaux. L’entreprise a licencié et harcelé des travailleurs après la création de la section 309 du syndicat et la revendication des travailleurs pour que l’entreprise reconnaisse la section et négocie une convention collective. Les travailleurs se sont mis en grève en août de cette année, et le syndicat a pu conclure un accord avec l’entreprise, le 18 août, à la suite de la médiation du gouverneur de l’État de Durango, Jorge Herrera Caldera, et de hauts responsables du ministère du Travail. L’accord, qui reconnaissait l’existence de la section syndicale, ouvrait la voie à d’autres négociations pour une convention collective.

Excellon enfreint la Constitution mexicaine, la législation fédérale du travail, l’autonomie et la liberté syndicale des travailleurs membres de la section 309 de Sierrita, et la convention 87 de l’OIT qui institue la liberté syndicale et qui a été signée par le Mexique en 1960.

Les mineurs demandent à l’entreprise de se conformer à l’accord conclu en août et d’appliquer la législation mexicaine et la convention 87 de l’OIT, ainsi que de mettre fin immédiatement à l’occupation illégale de la mine La Sierrita. Le syndicat tient le ministre du Travail, Javier Lozano Alarcón, Excellon, la police de l’État, la police fédérale et les forces de sécurité déployées sur le site, responsables de l’occupation et de tout acte de violence et du désordre qui en découleraient.

Les syndicats indonésiens coopèrent pour lutter contre l'emploi précaire

INDONÉSIE: Trois syndicats indonésiens se sont réunis le 19 septembre à Jakarta avec le bureau de la FES en Indonésie, pour adopter des stratégies syndicales communes destinées à combattre les formes atypiques d’emploi en augmentation rapide dans le secteur de la fabrication industrielle. Les organisations syndicales présentes étaient la fédération indonésienne des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines (FSP-KEP), la fédération des métallurgistes d’Indonésie (FSPMI) et la fédération indonésienne des travailleurs du textile (SPN). Le responsable de la FES en Indonésie a également participé à l’événement ainsi que les coordonnateurs de projet de l’ICEM. La conférence commune FIOM-FITTHC-ICEM était organisée dans le cadre du projet mondial CAL de l’ICEM.

La centrale syndicale nationale indonésienne KSBSI a déclaré, en citant également des rapports de la Banque mondiale et de l’OIT, que l’externalisation et le système d’emploi contractuel ont gravement réduit le nombre de salariés permanents dans le pays qui est passé de 67% de la main-d’œuvre totale en 2005 à seulement 35% en 2011.

Les principales stratégies examinées à la conférence concernaient la syndicalisation de la main-d’œuvre travaillant avec des contrats à court terme ou embauchée par des agences d’emploi temporaire et l’assurance d’une convention collective correcte, la sensibilisation au processus juridique et l’inspection du travail, ainsi que des campagnes nationales contre l’emploi précaire.

Le FSPMI a montré l’exemple en recrutant dans les sections syndicales des principales entreprises, du personnel contractuel employé directement et en prenant l’initiative d’une négociation collective pour les travailleurs et travailleuses. FSP-KEP a syndiqué du personnel recruté par des agences de travail temporaire dans le secteur minier.

La protection de la sécurité sociale pour les contractuels a fait l’objet d’une importante campagne en Indonésie. Cette campagne a été lancée par une coalition de syndicats et d’ONG sous la direction du FSPMI.   

Le mouvement syndical indonésien a également établi le Komite Aksi Melawan Outsourcing (Comité d’action de lutte contre l’externalisation). Des ateliers sont prévus pour mieux comprendre les questions concernant l’externalisation et pour des campagnes dans les médias.

Une revendication concrète porte sur la révision de la loi du travail no 13/2003 pour améliorer la réglementation sur l’emploi de main-d’œuvre contractuelle ou fournie par des agences de travail temporaire.

Les métallurgistes s'opposent au projet de loi anti-ouvrier en Hongrie

HONGRIE: Le projet de loi occasionnera, selon VASAS, une dégradation sérieuse des droits des travailleurs et travailleuses. Il facilitera le licenciement des salariés, réduira le nombre de jours de congés payés et permettra aux employeurs de moduler la durée de la semaine de travail de 36 à 44 heures.

Le gouvernement veut que l’État cesse d’assurer la réglementation du marché du travail. Non seulement, en ce qui concerne les mesures imposées sur un mode "bureaucratique", mais également la suppression du droit à la négociation collective. VASAS rejette la proposition législative, en affirmant qu’elle constitue une menace sérieuse aux droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses de Hongrie et à leur protection sociale.

En outre, les amendements proposés seraient incompatibles, sinon inférieurs, aux normes sociales inscrites dans la Charte sociale européenne.

À la demande des dirigeants syndicaux hongrois et européens, László Andor, commissaire européen chargé de l’emploi et des affaires sociales, a rencontré le 2 septembre les présidents de six confédérations syndicales hongroises et Bernadette Ségol, secrétaire générale de la confédération européenne des syndicats. Les dirigeants syndicaux ont informé le commissaire de leurs critiques, en faisant remarquer que dans le cas où le Parlement adopterait la proposition actuelle, les droits fondamentaux et la situation sociale des travailleurs et travailleuses de Hongrie seraient gravement menacés et se trouveraient en contradiction avec la charte sociale européenne et la pratique démocratique en vigueur dans les pays européens.

Le 12 septembre, des milliers de syndicalistes ont manifesté autour du Parlement hongrois pour exprimer leur opposition à la proposition d’amendement au Code du travail.

Une pétition signée par quatre confédérations syndicales nationales hongroises a été envoyée à tous les membres du Parlement hongrois:

"Vous mettez les salariés dans une situation de déclassement et d’asservissement. Dans le cas où vous voteriez en faveur de ce projet de loi, cela occasionnerait une chute des salaires, une augmentation de la durée du travail, une absence de protection des salariés et la cessation de la protection des conventions collectives. Et cela mettrait les travailleurs et travailleuses à la merci des patrons avec la mise en œuvre d’accords imposés".

La FIOM accorde son soutien le plus total aux métallurgistes de Hongrie dans leur lutte.

Le travail temporaire et l'intérimaire en hausse chez Caterpillar

USA: Dans un communiqué récent, Caterpillar annonçait que la croissance de la demande et les investissements effectués jusqu’en juin 2011 avaient entraîné une augmentation de ses effectifs au niveau mondial de plus de 27,000 personnes depuis le début de 2010.  Environ un tiers aux Etats-Unis et deux-tiers en dehors des USA.   

Toutefois un nombre important de ces nouveaux emplois sont temporaires, à temps partiel ou intérimaires. Caterpillar est passé de la sécurité à l’insécurité de l’emploi, obligeant ainsi les salariés à assumer le risque d’un ralentissement de l’activité. Entre juin 2010 et juin 2011, le nombre de salariés « flexibles » a doublé, atteignant 24,064.  La part de ces salariés dans l’ensemble des effectifs du groupe est passée de 14% en juin 2010 à 18% une année plus tard. Tandis que l’emploi temporaire a grimpé de moitié, les emplois à plein temps n’ont crû que de 16%.  Une grande partie des nouveaux emplois temporaires sont aux Etats-Unis.  

Pendant cette même période, Caterpillar a enregistré une hausse de 37% de son chiffre d’affaires.  Le bénéfice par action a augmenté de 39% par rapport au second trimestre de 2010.

La montée de l’emploi précaire est une préoccupation majeure pour les salariés et les syndicats. Non seulement il pousse les salaires vers le bas et a des répercussions sur l’accès des salariés à la protection sociale.  Mais il fragilise le tissu social et la démocratie, et les institutions qui sont nécessaires à son maintien. « Alors que nous sommes encouragés par le fait que Caterpillar ait continué à afficher de bons résultats au cours de l’année passée, nous sommes très préoccupés par l’augmentation de la part des emplois précaires dans les nouveaux emplois créés » a déclaré Dennis Williams, Secrétaire-Trésorier de l’UAW et Président du réseau syndical Caterpillar de la FIOM. «Le travail précaire ne contribue pas à la création d’emplois stables et de qualité et il met en péril la stabilité économique nécessaire pour stimuler la demande dans l’économie mondiale».

La FIOM et les autres fédérations syndicales mondiales ont fait de la lutte contre l’emploi précaire sous toutes ses formes l’une de leurs priorités.  Elles vont continuer à se mobiliser contre  la course vers le bas et à militer en faveur de politiques économiques et sociales qui mettent les emplois permanents en premier place et limitent le travail temporaire et intérimaire aux cas il y a un réel besoin.  

Le Conseil mondial des travailleurs de Tenaris se réunit en Roumanie

ROUMANIE: Les participant(e)s à la réunion du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris ont évalué le plan d’action qui avait été approuvé à la dernière réunion au Brésil en 2010. Ils ont reconnu l’efficacité du Conseil mondial pour apporter des réponses solidaires aux travailleurs et travailleuse d’autres pays. Un exemple de cette solidarité est donné par l’action entreprise dans le monde quand un syndicaliste brésilien a fait l’objet d’une mesure disciplinaire de la direction pour avoir dénoncé publiquement la politique de santé et de sécurité de l’entreprise qui "blâme le travailleur". La pression exercée sur la direction de Tenaris à l’usine de Carthagène en Colombie a porté ses fruits. Le syndicat négocie actuellement sa première convention collective.

Au cours de la réunion, les délégué(e)s ont examiné les résultats d’une enquête sur l’emploi et les droits des travailleurs et travailleuses. La recherche a montré que les femmes employées par Tenaris occupent encore le plus souvent des emplois administratifs. Le Conseil a établi qu’il était nécessaire de soutenir leur présence dans le travail à tous les niveaux dans l’usine. Bien que le nombre de travailleuses employées par l’entreprise dans le monde soit faible, les participant(e)s estiment que le Conseil doit encourager une représentation des femmes.

Le Conseil a également débattu la question de la sous-traitance et l’externalisation dans les installations de Tenaris du monde entier. Il a conclu qu’il s’agit d’une politique de l’entreprise destinée à réduire les coûts, accroître la flexibilité et affaiblir les syndicats. Cette question doit être abordée au niveau international dans le cadre de la campagne mondiale de la FIOM contre l’emploi précaire.

Le pacte d’unité "Renforcement de la puissance syndicale mondiale chez Tenaris" adopté en 2008 a fait l’objet d’un examen, et les membres du Conseil ont réaffirmé leur engagement à travailler ensemble à l’amélioration des conditions de travail et à la dignité des travailleurs et travailleuses de Tenaris partout dans le monde.

Le plan d’action pour l’année prochaine plan porte sur les points suivants:

La prochaine réunion du Conseil aura lieu en septembre 2012 à Carthagène, Colombie.

La réunion du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris était organisée par le syndicat local de l’affilié roumain de la FIOM, METAROM, avec le soutien financier de la Fondation Friedrich Ebert. La réunion a pris fin avec la visite de l’usine Tenaris Silcotub à Zalău, qui emploie 1.000 personnes, syndiquées à 85 pour cent.

 

Les syndicats indonésiens réalisent l'unité par la syndicalisation

INDONÉSIE: À quelques mois seulement de la réunion du Comité central de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie à Jakarta, des dirigeants syndicaux de FSPMI, LOMENIK et LEM se sont rencontrés à un atelier national de stratégie et de planification organisé dans le cadre d’un projet soutenu par SASK. Cette réunion a permis l’adoption d’un plan commun de syndicalisation pour 2011 qui amènera 6.000 travailleurs et travailleuses à adhérer au FSPMI et à Lomenik avant la fin décembre, et un nouveau plan de syndicalisation pour 2012-2014. Les syndicats ont également prévu des actions conjointes de solidarité, une déclaration écrite de non-compétition pour le recrutement de nouveaux membres, et une coopération à l’échelle nationale.

Initialement, le projet SASK devait durer 3 mois, mais un autre projet sera mis au point et proposé pour 2012-2014. Les défis auxquels les syndicats sont confrontés en Indonésie concernent une dispersion sur 17.000 îles, un faible taux de syndicalisation dans le secteur de la métallurgie, une fragmentation des syndicats et une législation du travail restrictive. Le nombre extrêmement élevé de travailleurs et travailleuses avec des contrats à court terme rend difficile le recrutement et le maintien des effectifs syndicaux.

FSPMI et Lomenik sont affiliés à la FIOM, et LEM a participé avec le statut d’observateur. Les trois syndicats regroupent entre eux environ 300.000 métallurgistes. L’objectif principal du projet porte sur la réalisation d’une base d’adhésion syndicale dans les régions industrielles où les sociétés transnationales de la métallurgie mènent des activités.

Said Iqbal, secrétaire général du FSPMI, a déclaré aux participant(e)s: "Ce projet va nous donner une nouvelle dimension à prendre en compte dans l’avenir pour notre viabilité.  Nous sommes déterminés à y parvenir".

Les participant(e)s à la réunion ont approuvé la création de structures nationales pour améliorer les communications entre les trois syndicats, et élaborer un plan d’action commun destiné à obtenir un respect mutuel. Pour que ces structures soient viables, les syndicats ont décidé d’assumer une responsabilité à la fois plus individuelle et plus collective chaque nouvelle année du projet. Lors d’une réunion de projet de la FIOM qui doit se tenir à Jakarta le 4 décembre, les syndicats présenteront leur plan d’action et indiqueront les progrès réalisés à ce jour. Les trois syndicats vont également travailler ensemble à une stratégie de syndicalisation avec des activités menées à Aceh, dans la partie nord de Sulawesi, au nord de Sumatra, et dans la partie sud de Sulawesi.

Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM, a conclu la réunion en affirmant: "Les dirigeants syndicaux en Indonésie ont un rôle vital à jouer dans la région. Une première étape importante consiste à prêcher par l’exemple et acquérir une voix forte au niveau national au bénéfice des travailleurs et travailleuses – je crois que nous avons la base d’un accord qui permettra d’y parvenir".