Les syndicats veulent l'interdiction totale des agences de placement temporaire en Russie

RUSSIE: Les 19-20 décembre, la Fédération des syndicats indépendants de Russie (FITUR) et la Confédération du Travail de Russie ont organisé une conférence internationale à Moscou pour soutenir le projet de loi portant sur l’interdiction totale des agences de placement temporaire, qui est actuellement en instance de deuxième lecture à la Douma (chambre basse du Parlement russe).

Le projet de loi a été présenté en 2010 par Andrey Isaev, vice-président de la FITUR, et par Mikhail Tarasenko, président du syndicat des mineurs et des métallurgistes (MMWU), qui est un affilié de la FIOM en Russie. En mai 2011, la Douma russe a adopté le projet de loi en première lecture.

La conférence, organisée par les deux plus grandes fédérations syndicales avec le soutien de l’OIT, de la Fondation Friedrich Ebert (FES) et du Centre de Moscou pour les droits sociaux et syndicaux, était destinée à soutenir le projet de loi Isaev-Tarasenko et à lancer une campagne massive pour obtenir sa ratification.

"La campagne que nous lançons aujourd’hui n’est pas une croisade. Il s’agit avant tout d’une tentative visant à expliquer à la société russe que notre projet de loi rendra la Fédération russe plus forte et la vie de sa population plus décente", a déclaré Mikhail Tarasenko.

Les participant(e)s ont mis en place quatre groupes de réflexion chargés d’assurer un lobbying du projet de loi auprès des autorités russes, de le soutenir dans la population, de résoudre divers problèmes juridiques et de mettre en place un soutien au niveau des communications et de l’information.

"Nous entreprenons une nouvelle phase de la lutte pour l’interdiction totale des agences de placement temporaire en Russie. Nous mènerons cette campagne – et nous la gagnerons, cela ne fait pas de doute", a conclu Boris Kravchenko, président de la Confédération du Travail de Russie.

Rassemblement de protestation au siège de GEA

ALLEMAGNE: Le 21 décembre, les travailleurs et travailleuses se sont rendus au siège mondial de GEA à Düsseldorf.  L’entreprise allemande refuse encore de rencontrer le syndicat turc, Birlesik Metal, qui représente les membres du personnel victimes du lock-out.
 
Plusieurs personnalités et des syndicats en Allemagne et dans le monde se sont trouvés impliqués dans le conflit chez GEA en Turquie, et ont contacté la direction de GEA. Il s’agit, par exemple, du président de la CSI, Michael Sommer, et de syndicats comme la FIOM, la FIOT et l’ICEM, ainsi que la confédération nationale de Turquie DISK. Le comité exécutif de la fédération allemande des métallurgistes IG Metall a demandé récemment à la direction de GEA de respecter les normes sociales et d’engager un dialogue avec le syndicat turc Birlesik-IS.
 
Il faut noter dans l’action entreprise à Düsseldorf, que pour la première fois, des représentants de syndicats en Allemagne expriment publiquement leur soutien aux collègues victimes d’un lock-out en Turquie, et critiquent la multinationale pour son manque de respect des droits fondamentaux et des normes de l’OIT.
 
L’appel lancé pour le rassemblement à Düsseldorf a été signé par une longue liste de représentants syndicaux élus de IG Metall, de Verdi et de IG Bau, parmi beaucoup d’autres.
 
Les représentants du syndicat allemand de l’alimentation NGG et les délégués syndicaux de Ford, ainsi que la fédération des organisations turques des travailleurs immigrés en Allemagne DIDF ont participé à l’action entreprise devant le siège de GEA et souligné l’importance du respect des droits des travailleurs et travailleuses.

Le 16 décembre, la FIOM et la FEM ont rejoint le rassemblement organisé devant la filiale de GEA en Turquie et pris la parole devant les travailleurs lock-outés pour témoigner leur solidarité dans la lutte. En novembre, des dirigeants syndicaux internationaux se sont rassemblés devant l’usine de GEA, GEA Klima Sanayi ve Ticaret A.Ş. (ATR), à Gebze, Turquie, à l’occasion de la conférence mondiale sur les droits syndicaux organisée à Istanbul. Labourstart a également lancé une campagne le 28 novembre.
 
Prendre connaissance ici, en 14 langues, de la campagne de Labourstart: http://www.labourstart.org/cgi-bin/solidarityforever/show_campaign.cgi?c=1167.
 

Les travailleurs de Swedwood aux États-Unis signent leur premier contrat

ÉTATS-UNIS: Il s’agit de membres de la FIOM et de syndicats affiliés à l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (IAMAW). Ils ont voté massivement en juin dernier en faveur de leur représentation par l’IAMAW.

Il s’agit d’une victoire importante après une longue campagne des ‘Machinistes’, et d’une action mondiale de l’IBB.  Il est important de noter que cet accord prévoit de limiter le nombre d’emplois temporaires dans les installations.

Selon les ‘Machinistes’, la nouvelle convention limite l’embauche de personnes avec un statut d’emploi temporaire, et stipule qu’il faut suivre une formation sur la sécurité avant de commencer à travailler dans l’usine. Elle prévoit une procédure de règlement des différends et l’accès à un délégué syndical. Les règles de travail doivent s’appliquer de façon égalitaire à tous les travailleurs et travailleuses, et le contrat doit prévoir un arbitrage ayant force exécutoire par une tierce partie neutre dans le cas où les règles en vigueur ne permettent pas de trouver une solution. Le nombre de jours de congé est triplé, et les jours de fête actuels sont maintenus. Le système de points qui faisait l’objet de critiques a été modifié.

Trois comités paritaires seront établis: un comité de santé et de sécurité, un comité d’entretien et un comité de formation. Bill Street, directeur du département des travailleurs du bois de l’IAMAW, a déclaré: "Les trois comités de coopération constituent la première étape vers un dialogue social à Swedwood."  

IKEA a son propre code de conduite dans le domaine de la liberté syndicale qui stipule que: "le fournisseur de IKEA doit garantir que son personnel n’est pas empêché de se syndiquer librement" et de négocier collectivement, et que "le fournisseur de IKEA ne doit pas empêcher son personnel de mener des activités en vue de la négociation collective".

Cela présente un contraste évident avec la position antisyndicale de la direction locale. Gunnar Korsell, directeur général du groupe Swedwood, a fait le commentaire suivant après le scrutin syndical: "Nous devrons respecter la décision des travailleurs et travailleuses, et coopérer avec leurs représentants dans un esprit de respect mutuel".  

Pour obtenir le texte intégral du rapport sur le site de l’IBB, cliquer ici.

Mobilisation mondiale des travailleurs de Cooper Tire contre un lock-out aux États-Unis

ÉTATS-UNIS: Lors d’un rassemblement à Findlay, le secrétaire-trésorier de l’USW, Stan Johnson, qui mène les négociations de l’USW dans le secteur des pneus, a déclaré que le syndicat serbe Nezavisnost qui représente les travailleurs et travailleuses de l’usine de pneus dont Cooper vient de prendre le contrôle à Krusevac, Serbie, a demandé à l’entreprise de mettre fin au lock-out et promis le soutien et les moyens permettant d’obtenir ce résultat.

Au Royaume-Uni, Unite the Union qui représente les salariés de l’usine Cooper à Melksham, a diffusé auprès de ses membres des textes publiés par l’USW.

Les membres de Unite ont envoyé des messages de soutien et de solidarité à United Steelworkers en Ohio. Unite va publier des encarts publicitaires de soutien dans les journaux aux États-Unis.
Tony Burke, secrétaire général adjoint de Unite, a déclaré: "La fabrication est maintenant mondialisée et ce qui se passe dans un pays peut survenir dans un autre. C’est la raison pour laquelle Unite et nos membres chez Cooper Tire soutiennent nos camarades aux États-Unis".

Le syndicat United Steelworkers est le partenaire syndical de Unite dans l’alliance syndicale transatlantique Workers Uniting.
D’autres installations de fabrication de pneus se trouvent au Mexique, Corporacion de Occidente, contrôlé à 58 pour cent par Cooper Tire, qui emploie 900 salariés et produit 14.000 pneus par jour, exportés dans la proportion de 70 pour cent, ainsi qu’en Chine.

USW a créé une page internet sur la lutte menée chez Cooper Tire, avec des informations sur la campagne et des vidéos, à http://stopcoopertire.usw.org/

La FIOM et la FEM demandent à rencontrer GEA Turquie

TURQUIE: La délégation internationale, conduite par le secrétaire général adjoint de la FIOM Fernando Lopes et par le secrétaire général de la FEM Ulrich Eckelmann a été rejointe par des représentant(e)s des métallurgistes de Turquie, d’Italie, de France, de Hongrie et d’Allemagne.

La FIOM a lancé une campagne internationale de grande envergure pour protester contre l’attitude antisyndicale de la multinationale allemande GEA. Le combat mené par les travailleurs de GEA en Turquie, licenciés pour leur appartenance au syndicat Birlesik Metal-IS, affilié à la FIOM, a été médiatisé dans le monde et a reçu le soutien des syndicats du monde entier.

Plus de 5.000 lettres de protestation ont été envoyées à la direction locale  et à la direction allemande de GEA. Malgré cela, GEA continue d’ignorer la demande de réunion présentée par le syndicat.  

"Le mouvement syndical mondial dont fait partie la FIOM et les 25 millions de membres que nous représentons, se tient à vos côtés dans cette épreuve" a déclaré Fernando Lopes aux travailleurs et travailleuses rassemblé(e)s devant l’entreprise GEA. "Les membres du syndicat des transports avec ceux des mines, de l’agriculture et de l’aérospatiale se tiennent à vos côtés et vous expriment leur solidarité".

"Nous savons que la direction de GEA dans l’usine surveille et écoute ce qui se passe, et je suis ici aujourd’hui pour demander à la direction de GEA d’ouvrir les grilles et de nous rencontrer".

Lopes a énuméré les actions antisyndicales chez GEA:"GEA a rompu un accord avec notre affilé Birlesik Metal, GEA a rompu un accord avec la FIOM, GEA a rompu un accord avec les métallurgistes allemands et IG Metall, GEA est en rupture d’engagements commerciaux déterminants au plan international et refuse encore toute rencontre".

Le 14 décembre, dans une lettre envoyée par IG Metall à GEA en Allemagne, le syndicat a déclaré: "En 2003, votre entreprise a signé un accord-cadre international avec la FIOM et s’est engagée de ce fait à respecter les droits des travailleurs et travailleuses. Pour réaliser l’engagement pris par l’entreprise, vous devez engager un dialogue avec Birlesik".

Lopes a donné aux travailleurs et travailleuses rassemblé(e)s l’assurance que la FIOM soutiendra, le cas échéant, les revendications de Birlesik Metal-IS devant l’OCDE et le BIT, et qu’elle est prête à rompre les relations avec GEA si l’entreprise ne parvient pas à résoudre ce différend.

"Nous ne cesseront pas notre action tant que justice ne sera pas obtenue, nous ne cesserons pas tant que les travailleurs de GEA ne seront pas réintégrés".

Pour en savoir plus: site de campagne de LabourStart.

La grève prend fin chez Freeport en Indonésie

INDONÉSIE: L’accord met fin à une grève de 94 jours suivie par 10.000 mineurs dans le plus grand complexe minier au monde – numéro un pour l’or et numéro deux pour le cuivre – à Grasberg dans la province de Papouasie. La reprise du travail est prévue pour le samedi 17 décembre.

L’accord a été conclu avec l’aide du gouvernement indonésien. Les mineurs toucheront leur salaire pour les trois mois de grève. Les mesures disciplinaires prises contre plusieurs grévistes seront annulées. L’entreprise versera les allocations de soins de santé, de logement et d’éducation, les primes de travail en équipe, les primes d’ancienneté et une prime de métallurgie, calculées à taux fixe plutôt qu’à taux variable comme le voulait Freeport-McMoRan. Les salaires des mineurs à Grasberg seront augmentés de 24 pour cent pour la période jusqu’au 1er octobre 2011, et une nouvelle fois de 13 pour cent en octobre 2012.

Chez les grévistes, 7.000 mineurs gagnaient entre 2,13 et 2,54 USD de l’heure. Les 37 pour cent d’augmentation sont nettement inférieurs aux revendications initiales du syndicat. Juli Parorrongan, membre du comité de négociation, a déclaré: "Nous avons pris la décision d’un règlement pour des raisons humanitaires et par égard pour nos travailleurs et travailleuses".

La grève a été coûteuse pour Freeport. La mine de Grasberg possède les plus fortes réserves au monde d’or et les secondes plus fortes réserves de cuivre. En octobre 2011, l’entreprise a dû se déclarer en situation de force majeure pour dégager sa responsabilité du fait qu’elle ne pouvait pas remplir ses obligations contractuelles et livrer les commandes en cours. La mine de Grasberg a fonctionné à environ 5 pour cent de sa capacité durant la grève.

Le 16 décembre, le comité de négociation du syndicat indonésien des travailleurs de PT Freeport, affilié au syndicat national des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU) du SPSI, a prévu de tenir un rassemblement de masse avec les grévistes pour les mettre au courant de l’accord, puis de célébrer la fin du blocus de la route au point Mile 28.

Se reporter au rapport intégral sur la grève et le blocus sur le site de l’ICEM ici.

Évaluation positive du projet d'unité syndicale en Colombie

COLOMBIE: Les affiliés de la FIOM, FETRAMECOL et UTRAMICOL, et ceux de l’ICEM, qui participaient à un projet de renforcement syndical, ont assisté à un séminaire d’évaluation et de planification à Bocayá, Colombie, du 20 au 22 novembre. L’objectif principal du projet concerne la promotion de l’unité syndicale au niveau national dans le secteur de la fabrication industrielle et le développement d’un projet de syndicalisation au niveau national pour améliorer la structure syndicale qui se situe actuellement dans l’entreprise.

Des délégué(e)s des affiliés de la FIOM, de l’ICEM en tant que fédération participante, de la FIOM à Genève, du bureau régional de la FIOM pour l’Amérique latine, et Erland Lindkvist de IF METALL en Suède, ont participé au séminaire.  

Nohora Tovar, coordonnatrice nationale, a expliqué que le séminaire avait élaboré de nouvelles stratégies pour les prochaines réunions, comme par exemple la décision de poursuivre le processus vers l’unité syndicale, d’intégrer des collègues de l’ICEM et des travailleurs et travailleuses non syndiqués et délocalisés. Elle s’est également réjouie de la participation des femmes et des jeunes travailleurs et travailleuses. "En 2009, lors des premiers séminaires, leur participation était de 10 pour cent, mais nous atteignons maintenant 20 pour cent", a-t-elle affirmé.

Au cours du séminaire, des coordonnateurs régionaux ont présenté des rapports sur l’évolution enregistrée l’année dernière, notamment les progrès réalisés avec le Conseil d’unité nationale. Ils ont identifié des problèmes, des défis et des actions à entreprendre pour développer le réseau du Conseil d’unité nationale et formuler un plan d’action pour le projet de renforcement des syndicats.

Le Conseil d’unité nationale a été établi dans un but expérimental pour refléter la création de la nouvelle fédération internationale. Il se compose de 12 membres, deux délégué(e)s de chaque affilié (FETRAMECOL, UTRAMICOL) et du Conseil syndical de l’ICEM en Colombie, ainsi qu’un responsable de chacun des six principaux syndicats de ces trois organisations.

Enfin, le séminaire a présenté les travaux prévus en 2012: encourager le débat sur la façon de réaliser l’unité, améliorer la communication entre la direction et les membres, accroître la participation des membres et garantir la réalisation du plan d’action grâce à l’activité des coordonnateurs régionaux et aux cercles d’études, l’intention étant d’exécuter la proposition et de prévoir l’établissement d’une nouvelle structure syndicale pour la mi-novembre 2012.

Erland Lindkvist, représentant IF Metall, a noté les progrès et les efforts réalisés, mais en insistant sur la nécessité de mettre en place une nouvelle structure, sans chercher d’excuses et en évitant les formules qui ne tiennent pas debout.   

La FIOM a appelé l’attention sur les efforts des dirigeants colombiens, qui ont réalisé d’importants progrès depuis le début du projet, et a salué le travail accompli par les affiliés et l’ICEM pour réaliser les objectifs. Fernando Lopes a déclaré que le groupe devait poursuivre le projet et prévoir les étapes réalisables. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une tâche qui concerne tout le monde, en ajoutant qu’il gardait l’espoir de la possibilité d’organiser une grande réunion nationale en novembre 2012 pour approuver et établir formellement la nouvelle structure syndicale dans le secteur de la fabrication industrielle en Colombie.

Les syndicats italiens réclament une solution équitable

ITALIE: Les confédérations syndicales italiennes CGIL, CISL et UIL ont demandé conjointement des changements aux mesures d’austérité décidées par le gouvernement italien au cours d’une réunion de deux heures avec le gouvernement le 11 décembre. À la place des coupes effectuées dans les retraites et d’une nouvelle taxe reposant sur le logement, les syndicats proposent, entre autres, un imposition plus forte sur la fortune et des mesures pour combattre l’évasion fiscale. Après la réunion, Susanna Camusso, secrétaire générale de la CGIL, a déclaré: "Ils ont soutenu, sans nous convaincre, que les coupes étaient équilibrées. Par conséquent, la grève a été confirmée".
 
Les métallurgistes affiliés à FIOM CGIL, et les travailleurs et travailleuses de la CGIL à Bologne, Modène, Reggio Emilia et Ferrare ont cessé le travail pendant huit heures le 12 décembre. Les affiliés de FIM-CISL et de l’UILM ont décidé de rejoindre le mouvement.
 
Dans le secteur des transports, les affiliés des confédérations ont lancé des mots d’ordre de grève de trois heures dans les services des ports, des autoroutes, des locations de voitures, des transports de marchandises et de la logistique. Les services publics indispensables en sont exclus: transports aériens, transports locaux, le rail et les transports publics maritimes, ainsi que les services d’urgence.
 
Les employé(e)s de banque feront grève le 16 décembre, et lundi 19 décembre, le mouvement de grève touchera tout le secteur public et les services postaux italiens.
 
Les trois principales organisations syndicales italiennes ont présenté un front uni pour la première fois depuis six ans. "Les mesures d’austérité doivent être modifiées", a déclaré Susanna Camusso de la CGIL, "car elles font du mal aux travailleurs et travailleuses, aux personnes retraitées et au pays dans son ensemble". 
 

Les syndicats mondiaux soulignent l'échec de l'OMC et proposent des remèdes

MONDE: Le mouvement syndical international est unanime pour critiquer sévèrement l’OMC: "En dépit des critiques exprimées par des millions de travailleuses et travailleurs dans le monde, l’OMC ne prête guère attention à une croissance équitable, au développement ou à la création du plein emploi et d’emplois décents et productifs, basés sur le respect des droits des travailleurs et travailleuses et des autres droits de la personne.

Tandis que les travailleurs/euses et leurs familles sont l’objet de réductions sévères liées à la crise actuelle de la dette, "l’OMC, bien que présente, ne fait rien pour empêcher les déséquilibres commerciaux de s’accroître jusqu’à des niveaux insoutenables, et éviter que de nombreux pays n’entrent dans une récession profonde. L’accord actuellement en jeu, qui manque de transparence, et est basé sur les modalités de négociation à la réunion de l’OMC de décembre 2008 sur l’AMNA et l’agriculture, ainsi que sur les négociations en cours pour libéraliser les services dans le cadre de l’AGCS, n’offrira pas la possibilité de se servir du commerce pour obtenir une reprise économique, la création d’emplois et un véritable développement économique".

Les syndicats mondiaux engagent vivement l’OMC à négocier un train de mesures pour les pays les moins développés, afin d’obtenir tout au moins un résultat positif pour les pays les plus pauvres. Ce train de mesures devrait, selon les syndicats, inclure un accès au marché hors taxes et sans quotas pour tous les produits venant des pays les moins développés. Il faut éliminer les subventions pour le coton.

Par ailleurs, en réponse aux problèmes financiers actuels dans le monde, l’OMC ne devrait pas entraver les différentes mesures financières de contrôle généralement recommandées, comme le contrôle sur les capitaux, l’interdiction des services financiers à risques, la taille  limite des banques et les "pare-feu" entre les services bancaires et d’investissement.  
Tous les affiliés de la CSI ont été invités à présenter la déclaration de leurs ministres du Commerce avant la 8ème Conférence ministérielle de l’OMC.

Prendre connaissance du texte intégral de la déclaration ici.

BMW tourne la règle de l'égalité salariale

ROYAUME-UNI: Le constructeur automobile allemand BMW a informé Unite au début de décembre de son intention de mettre fin à son régime de retraite pour les nouveaux embauchés au Royaume-Uni et d’utiliser une lacune juridique dans la réglementation sur les agences de recrutement temporaire appelée ‘dérogation suédoise’ pour refuser à cette catégorie de personnel l’égalité salariale avec les salariés réguliers après 12 semaines d’emploi.

La ‘dérogation suédoise’, nommée ainsi en raison d’une concession inclue dans la directive de l’UE relative au travail temporaire, signifie qu’un travailleur ou une travailleuse temporaire avec un contrat d’emploi établi par une agence de recrutement de personnel temporaire n’est pas protégé par les dispositions sur l’égalité de traitement contenues dans la directive.

Roger Maddison, responsable national de Unite, a déclaré: "BMW fait face à un Nouvel An de troubles à moins que l’entreprise ne fasse marche arrière dans son intention de s’attaquer au régime de retraite et de réduire les droits du personnel temporaire en utilisant des lacunes juridiques. Unite estime qu’il est immoral d’utiliser ces lacunes pour obtenir une détérioration des droits des travailleurs et travailleuses temporaires".
La nouvelle réglementation sur le travail intérimaire au Royaume-Uni est entrée en vigueur en octobre 2011. Les travailleurs et travailleuses intérimaires recrutés par des agences devraient pouvoir espérer obtenir un salaire égal à celui des salariés réguliers après 12 semaines.

Un travailleur temporaire a fait le commentaire suivant sur le blogue de Unite: "Après avoir travaillé pour une agence sur un même poste de travail pendant des années, je suis maintenant obligé de signer un ‘contrat suédois’ avec l’agence qui se traduira par un manque à gagner de 4 livres sterling de l’heure par rapport au propre personnel de l’entreprise".

Unite prévoit de rencontrer tous les délégués syndicaux de BMW au début de la nouvelle année pour organiser une campagne de résistance pouvant aller jusqu’à un vote pour une action revendicative si nécessaire.