Les travailleuses de Kiryung entament une marche révolutionnaire avant de reprendre le travail

CORÉE: Les travailleuses et travailleurs de Kiryung Electronics, un groupe redoutable de salariés contractuels, composé surtout de femmes, qui ont affronté une entreprise et toute la force de l’État après leur licenciement pour avoir décidé d’adhérer au syndicat coréen des métallurgistes, se trouvent parmi les 50 syndicalistes qui entament une marche de 67 kilomètres de Séoul à Pyeongtaek, en s’arrêtant sur 16 sites pour soutenir les travailleurs et travailleuses qui luttent pour leurs droits fondamentaux du travail.

La marche reprend l’idée du périple du bus de l’espoir (Hope Bus Tour) de l’année dernière qui a permis à des syndicats de rencontrer des partenaires de la société civile et d’élargir le débat sur l’emploi précaire.
 
 Kiryung Electronics et les travailleuses avaient conclu un accord le 1er novembre 2010. L’entreprise avait promis d’embaucher les 10 membres du syndicat restant en grève à des postes permanents — une première dans l’histoire de la Corée où un employeur accepte d’embaucher directement des travailleuses/eurs temporaires à des postes permanents. Pourtant, les travailleuses ont dû encore attendre jusqu’au 1er mai pour reprendre le chemin de l’usine.
Elles trouvent à s’occuper.

Après un trajet en train à 30 minutes de Séoul, une foule de 50 syndicalistes et de militant(e)s s’est rassemblée pour une manifestation silencieuse aux chandelles, première étape des 13 jours de marche qui se termineront par un événement “OCCUPER SSANGYONG” le 11 février. Les travailleuses et travailleurs de Ssangyong Motor ont combattu pour obtenir leur réintégration depuis la décision de l’entreprise de ne pas respecter l’accord signé en août 2009. La bataille sanglante a choqué le monde et entraîné l’intervention d’Amnesty International, des groupes de défense des droits du travail et des droits de la personne, et de l’Organisation internationale du Travail.

“Au nom de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et des 25 millions de métallurgistes que nous représentons, je suis fière d’être ici avec des syndicalistes aussi puissants et révolutionnaires”, a déclaré Kristyne Peter de la FIOM à la foule. “La FIOM garde présente la fière histoire des métallurgistes coréens, et mes camarades femmes à Kiryung ont été une inspiration pour nous toutes dans le monde. Leur lutte, leur courage, et leur esprit indomptable nous ont appris que si nous tenons le coup un jour de plus que l’entreprise, si nous persévérons, nous pouvons gagner!”

Juste avant la manifestation dans un restaurant proche, l’ambiance avec les travailleuses et travailleurs de Kiryung était joviale et festive. “Nous nous sommes rendus aux sièges de toutes les grandes entreprises à Séoul”, rappelle So-yeon Kim, qui au plus fort de la lutte avait perdu ses joues pleines et était un squelette ambulant après 94 jours de grève de la faim qui se sont terminés par son hospitalisation.
 
Les femmes consacrent leur temps avant de reprendre le travail à Kiryung à accorder leur solidarité aux luttes d’autres travailleuses et travailleurs. Quand on leur demande si elles ne trouvent pas le travail à l’usine ennuyeux après tout ce temps, Kim répond, “c’est pour ça que nous avons combattu”.

Les syndicats allemands et finlandais se battent contre les suppressions d'emplois chez Nokia Siemens

ALLEMAGNE/FINLANDE: Le 7 février, Nokia Siemens Networks (NSN), le fabricant germano-finlandais d’équipement de télécoms, a déclaré que l’entreprise allait supprimer 4.100 emplois en Allemagne et en Finlande. L’année dernière au début de novembre, l’entreprise avait déclaré que les réductions d’effectifs pourraient concerner 17.000 emplois sur une main-d’œuvre mondiale de 74.000 salariés.

En Allemagne, NSN prévoit de fermer 30 de ses usines allemandes, dont la plus grosse à Munich, qui emploie environ 3.600 salariés. Le travail sera concentré dans les cinq usines restantes. L’affilié de la FIOM, IG Metall, et le comité d’entreprise ont organisé des protestations continuelles contre l’annonce des suppressions. Le 1er février, les manifestations qui ont commencé à Munich ont rassemblé environ 2.000 participant(e)s et attiré l’attention des médias. Des actions identiques ont eu lieu dans plusieurs autres villes, notamment à Berlin, Leipzig et Bruchsal. L’usine de Munich et les autres usines menacées ont obtenu un soutien solidaire total, et notamment la participation aux manifestations de collègues qui ne sont pas directement menacés.

IG Metall et le comité d’entreprise ont présenté les demandes suivantes au NSN:

En Finlande, les syndicats envisagent deux voies. Un processus juridique avec des négociations dans l’entreprise entre la direction et les délégués syndicaux de NSN, ce qui inclut les affiliés de la FIOM, Finnish Metalworkers’ Union, Trade Union Pro, Union of Professional Engineers in Finland (UIL) and Tekniikan Akateemisten Liitto (TEK), signataires de la convention collective avec l’entreprise.  

Le second processus consiste à trouver des emplois et d’autres possibilités aux travailleurs et travailleuses touché(e)s au moyen de négociations tripartites entre la direction, les syndicats concernés et le ministère de l’Emploi et de l’Économie.

NSN employait en Finlande à la fin de 2011, 7.200 salariés. Les réductions pourraient toucher 700 personnes à Espoo, 150 à Oulu et 350 à Tampere.

JAW soutient des élections syndicales démocratiques chez Honda Mexico

MEXIQUE: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie s’est jointe, fin janvier, aux représentants de la Confédération des syndicats japonais de travailleurs de l’automobile (JAW) pour offrir son soutien à des élections équitables et neutres qui auront lieu chez Honda au Mexique, dans le respect des conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

JAW a exprimé l’espoir que des élections équitables et libres auront lieu chez Honda Mexico, lors d’une réunion au Mexique avec la FIOM du 25 au 28 janvier, au cours de laquelle la situation avec le syndicat indépendant Sindicato de Trabajadores Unidos de Honda de México (STUHM) a fait l’objet d’une discussion.

Après avoir été couverts par un contrat de protection avec la CTM pendant plus de 25 ans, les travailleurs et travailleuses de Honda Mexico cherchent à bénéficier d’une véritable représentation et du droit à la négociation collective. En résistant au contrat de protection de la CTM, les travailleurs et travailleuses ont décidé de créer un syndicat indépendant, le STUHM, qui a été reconnu officiellement en septembre 2011.

Peu de temps après, plusieurs dirigeants du syndicat, dont le secrétaire général, Jose Luis Solario, ont été licenciés par l’entreprise. Les travailleurs licenciés cherchent à obtenir leur réintégration, et le processus est toujours en cours. À la fin de 2011, la direction de l’entreprise a écrit à tous les salariés pour dénoncer en termes clairs le syndicat indépendant.

Préoccupé de la situation au Mexique et après avoir discuté de la question avec le STUHM lors d’une réunion de la FIOM sur l’automobile en 2011, JAW a envoyé une délégation au Mexique pour poursuivre son investigation et tenter d’établir des relations basées une communication directe et une confiance mutuelle entre le syndicat indépendant et la direction de l’entreprise.

Pendant au moins 25 ans, Honda Mexico a eu un contrat de protection avec un "pseudo syndicat" CTM. Par le biais d’une plainte présentée à l’Organisation internationale du Travail (OIT), la FIOM cherche à redresser la situation en s’attaquant aux principes antidémocratiques des contrats de protection, actuellement soutenus par les autorités mexicaines. (Voir article précédent: http://www.imfmetal.org/index.cfm?c=18937)

Les entreprises menant des activités au Mexique concluent fréquemment ce que l’on appelle des "contrats de protection" qui n’offrent souvent que des salaires et des conditions minimums ou très légèrement supérieurs. Le plus souvent, les salariés n’ont pas connaissance de ces contrats et sont donc exclus du processus des négociations. En outre, des élections démocratiques pour la désignation des représentants syndicaux ont rarement lieu, ce qui laisse les travailleurs et travailleuses sans réelle représentation. Les employeurs se "protègent" eux-mêmes par des accords de ce type conclus avec la CTM contre les revendications et les intérêts de leurs salariés et par le recours généralisé à ce système de "syndicat de protection" ou de "contrat de protection".

Dans certaines entreprises au Mexique, les travailleurs et travailleuses résistent désormais à ce système antidémocratique et essaient d’organiser des syndicats indépendants. Ces tentatives sont réprimées dans presque toutes les entreprises avec le soutien de la CTM, par des menaces contre les salariés allant jusqu’au licenciement de dirigeants syndicaux.

La FIOM rejette fermement le système antidémocratique des "syndicats de protection" et soutient activement la formation de syndicats libres et démocratiques.

L'impact de l'emploi précaire examiné de près en Australie

AUSTRALIE: Une série de 23 audiences publiques qui se dérouleront dans toute l’Australie pour mesurer l’impact de l’emploi précaire sur la population australienne, commencera à Brisbane le 13 février, après que plus de 500 travailleurs et travailleuses, syndicats et groupes communautaires eurent déposé des témoignages auprès de la Commission d’enquête indépendante sur l’emploi précaire en Australie.

L’enquête indépendante a été commandée par le Conseil australien des syndicats (ACTU) pour examiner l’impact de l’emploi précaire sur le lieu de travail et dans la collectivité.  L’emploi précaire — occasionnel, contrats à durée déterminée ou à court terme, travail intérimaire et travail contractuel — a presque doublé au cours des vingt dernières années jusqu’à concerner aujourd’hui environ 40 pour cent de la main-d’œuvre en Australie.

La sécurité de l’emploi est l’une, sinon la plus importante question, qui touche actuellement la main-d’œuvre australienne, et nous avons vu récemment avec quelle facilité les gros employeurs suppriment des emplois et bouleversent la vie des gens", déclare le président de l’ACTU, Gend Kearney.

"Les travailleurs et travailleuses dont les conditions d’emploi sont précaires vivent constamment dans la crainte d’une réduction de la durée du travail ou de la disparition complète de leur emploi. Ces travailleurs et travailleuses n’ont aucune sécurité d’emploi et nous ont dit n’avoir pas de projets d’avenir. Il leur est difficile d’obtenir une hypothèque, ne prennent pas de congés, même pas pour aller voir leurs enfants faire du sport", affirme Mme Kearney.

L’enquête s’est trouvée submergée de plus de 500 témoignages, notamment par ceux d’environ 450 travailleurs et travailleuses soucieux de raconter leur histoire et de donner des renseignements de première main sur la manière dont l’emploi précaire a des conséquences sur la vie, au plan personnel comme au plan professionnel.

Le affiliés de la FIOM, de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses, et de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir, ont tous envoyé des témoignages pour l’enquête.
Les témoignages peuvent être téléchargés et le contenu intégral des audiences est diffusé sur: www.securejobs.org.au

La sous-traitance jugée inconstitutionnelle par un tribunal indonésien

INDONÉSIE: Dans une décision historique en date du 17 janvier, la Cour constitutionnelle d’Indonésie a jugé que la sous-traitance est inconstitutionnelle et va à l’encontre des droits des travailleurs et travailleuses inscrits dans la Constitution indonésienne.

Le Jakarta Post signale que des millions de travailleurs et travailleuses sous contrat vont retrouver leurs droits, notamment un salaire mensuel, des allocations, des indemnités de licenciement et des prestations de sécurité sociale, à la suite de la décision du tribunal qui annule les jugements relatifs au personnel temporaire et à la sous-traitance énoncés dans la loi sur le travail de 2003.

La décision a été prise dans une affaire concernant un releveur de compteur électrique qui a déposé une requête après avoir perdu son emploi permanent qui a été repris par du personnel employé en sous-traitance, et ce, en infraction à la Constitution.

Prenant la parole en janvier à une réunion préliminaire au Congrès du Kongres Serikat Pekerja Indonesia (KSPI), le représentant régional de la FIOM, Arunasalam, a exhorté les syndicats à donner suite à cette décision importante de la Cour suprême d’Indonésie. Il a demandé aux délégué(e)s d’étudier la décision pour chercher à améliorer la législation du travail. Il a également fait remarquer que l’emploi précaire est un "cancer" dont souffre la société et une entrave au développement socio-économique de la classe ouvrière, et qu’il compromet le développement syndical.

Pendant ce temps, dans la ville industrielle  de Bekasi, des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses ont bloqué, le 20 janvier, la principale voie de communication pendant une huitaine d’heures, paralysant ainsi l’activité économique et industrielle dans la région. La protestation massive a eu lieu après la décision du tribunal administratif de Bandung, Java occidental, rendue en faveur de l’association patronale indonésienne (APINDO), qui ordonnait au gouvernement provincial d’annuler sa décision portant sur une augmentation de 16 pour cent du salaire minimum en 2012, soit 1.491.886 Rp (168 USD) pour les travailleurs et travailleuses sans spécialité, 1.715.645 Rp et 1.849.913 Rp respectivement pour les travailleurs et travailleuses de l’industrie appartenant aux catégories 1 et 11.

Cette manifestation a forcé APINDO à revenir sur sa demande au cours des négociations avec les syndicats sous la médiation du ministère de la Main-d’œuvre et  de la Transmigration. Par la suite, le gouverneur de Java occidental a signé un décret portant révision du salaire minimum pour la zone administrative de Bekasi, comme cela avait été initialement décidé.

Said Iqbal, président de l’affilé de la FIOM, le FSPMI, a déclaré que les travailleurs et travailleuses on gagné la bataille en raison de leur force. Il a souligné que la lutte courageuse menée dans l’union et la concertation a amené les employeurs à accepter l’augmentation du salaire minimum.

Des manifestations identiques sont organisées à Tanggerang qui est une autre grande ville industrielle. L’augmentation du coût de la vie et la baisse du pouvoir d’achat obligent les travailleurs/euses et les syndicats à lutter pour obtenir des salaires plus élevés, ce qui a poussé le président indonésien à demander aux employeurs de verser des salaires plus élevés pour compenser l’augmentation du coût de la vie.

Fermeture annoncée de NedCar aux Pays-Bas

PAYS-BAS:  Mitsubishi Motor Corporation a annoncé le 6 février la fermeture de NedCar pour la fin de 2012, la seule usine de l’entreprise en Europe occidentale située dans le Limbourg, dans la partie sud-est des Pays-Bas. Selon l’affilié néerlandais de la FIOM, FNV-Bondgenoten, auquel est syndiqué la moitié des 1.500 salariés de NedCar, la fermeture de l’usine, le plus gros employeur de la région, aura des conséquences dramatiques pour le Limbourg et pour l’industrie de transformation néerlandaise.

Le porte-parole de FNV-Bondgenoten, Henk van Rees, a déclaré: "L’arrêt de NedCar est impitoyablement dur pour une région déjà en proie à un chômage structurel élevé. Je me sens très concerné par le fait que des travailleurs déjà âgés dans la plupart des cas n’ont aucune chance de trouver un emploi sur le marché du travail au Limbourg alors qu’il y a déjà tant de gens au chômage".

En 2010, l’entreprise avait intéressé les syndicats et le gouvernement en leur proposant de participer aux études et aux projets qui permettraient de convertir NedCar pour en faire une usine de montage automobile concurrentielle. Malheureusement, après des discussions longues et intenses, l’entreprise a ignoré toutes les propositions du syndicat et décidé de fermer.

La sous-production est la raison invoquée pour la fermeture. L’année dernière, le volume de production  a atteint 47.000 véhicules pour une capacité annuelle de 100.000 véhicules avec une seule équipe. L’usine produit la Colt à faible encombrement et la Outlander véhicule utilitaire sport (VUS). La production représente 4,3 pour cent de la production globale de l’entreprise.

Le syndicat se prépare à se battre. Une grève a été annoncée pour le 10 février chez NedCar. Dans le même temps, le syndicat demande au gouvernement et aux responsables politiques des Pays-Bas d’adopter une position plus claire au sujet de NedCar. Anja Jongbloed, membre du conseil exécutif de FNV a déclaré: "Nous voulons de toute urgence avoir une réunion avec le ministre Verhagen (ministre néerlandais des Affaires économiques) pour examiner les résultats de ce développement dramatique et pour savoir ce qui pourrait être fait pour conserver le plus possible d’emplois chez NedCar et au Limbourg”.

Rio Tinto: les syndicats condamnent le lock-out au Québec

CANADA: Le Comité d’entreprise européen  de Rio Tinto a condamné le producteur mondial de minéraux et de métaux pour son lock-out injustifié de 780 membres canadiens du syndicat des métallos d’Alma, un affilié de United Steelworkers (USW) à Alma, Québec.

Dans une lettre envoyée le 2 février au directeur général de Rio Tinto, Tom Albanese, le Comité d’entreprise européen de Rio Tinto lui demande d’insister auprès des directeurs locaux de Rio Tinto Alcan pour qu’ils "négocient de bonne foi" pour mettre fin au lock-out de 780 travailleurs à Alma, qui a commencé le 30 décembre.

Rio Tinto fait preuve d’"une absence de vision qui ne peut conduire qu’à la destruction du tissu social de la collectivité" a écrit la secrétaire du Comité d’entreprise européen, Véronique Roche, qui donne cet avertissement: "Notre organisation européenne sera aux côtés de l’USW pour chaque effort entrepris en Europe et ailleurs, et participera au combat mené par l’USW pour repousser de telles attaques anti-sociales".

L’intervention du Comité d’entreprise européen de Rio fait partie d’une campagne internationale de solidarité de l’USW, de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses, et de la FIOM pour soutenir les travailleurs de la fonderie d’aluminium de Rio Tinto Alcan à Alma. Il y a onze jours, les affiliés de l’ICEM et de la FIOM dans le monde ont commencé à envoyer des lettres de protestation au président de Rio Tinto et au directeur général Tom Albanese, ce qui a amené l’entreprise à éteindre ses télécopieurs.

Une protestation massive de syndicalistes canadiens et mondiaux aura lieu à Alma le 31 mars. Elle se déroulera au lendemain de la réunion du Comité de la région Amérique du Nord de l’ICEM qui se tiendra dans la région, et sera une manifestation de soutien aux membres persécutés du syndicat des métallos d’Alma, section 9490 de l’USW.

La question principale derrière le lock-out concerne la volonté de Rio Tinto Alcan d’obtenir des droits illimités de sous-traitance, qui aboutirait finalement de faire baisser de moitié la base salariale dans la région de Saguenay-lac-Saint-Jean. Depuis le rachat d’Alcan par Rio Tinto en 2007 pour 39 milliards d’USD, la direction à Alma a remplacé chaque travailleur partant à la retraite, ou dans les autres cas de réduction d’effectifs, en ayant recours à des sous-traitants qui utilisent du personnel à bas salaire sans tous les avantages sociaux auquel il ont droit.

Le syndicat des métallos d’Alma a tenté de fixer dans les négociations collectives, un niveau plancher pour l’emploi de salariés à temps plein embauchés directement. Alcan a refusé et a immédiatement lock-outé les travailleurs syndiqués à l’expiration de l’accord de cinq ans précédent.

Pour tout renseignement complémentaire:

USW ANGLAIS: http://www.usw.ca/workplace/campaigns/campaigns/rio

USW FRANÇAIS: http://www.usw.ca/travail/campagnes/campagnes/rio

ICEM: http://www.icem.org//files/PDF/lettre%20TOM%20ALBANESE%20ALMA%20FEV%202012%20engx.pdf.

Pour entreprendre une action: http://www.imfmetal.org/index.cfm?c=28626&l=2.

Les syndicats européens de l'industrie et de la fabrication s'unissent

EUROPE: Représentant huit millions de travailleurs et travailleuses en Europe, les dirigeants des syndicats nationaux affiliés à la Fédération européenne des syndicats des mines, de la chimie et de l’énergie (EMCEF), la Fédération européenne des métallurgistes (FEM) et la Fédération syndicale européenne – Textile, Habillement et Cuir (FSE-THC) ont signalé leur intention de joindre leurs forces par une fusion des trois fédérations, qui aura lieu le 16 mai 2012 en Belgique.

Le 31 janvier 2012, la première réunion conjointe des organes exécutifs des trois organisations fondatrices a approuvé un programme de politique, les nouveaux Statuts et désigné des candidat(e)s aux postes de direction politique de la nouvelle organisation.  La candidature de Michael Vassiliadis, président de IGBCE en Allemagne, a été proposée pour assurer la présidence. Ulrich Eckelmann, secrétaire général de la FEM est proposé comme secrétaire général. Les vice-présidents proposés sont Anders Ferbe de IF Metall, Suède, Renzo Ambrosetti de UNIA, Suisse, et Valeria Fedeli de CGIL FILCTEM, Italie. Les candidatures de Sylvain Lefebvre, EMCEF, Bart Samyn, FEM, et Luc Triangle, FSE-THC, sont proposées pour les postes de secrétaires généraux adjoints.

La nouvelle fédération comportera quatre comités: le comité de négociation collective et de politique sociale, le comité de politique d’entreprise, le comité de politique industrielle, et le comité de politique et de dialogue sociaux. Elle sera composée de huit régions: Sud, Benelux, Centre, Sud-Est, Est, Britannique, Nordique/Baltique, et Sud-Ouest.

Le comité exécutif conjoint a déclaré que la nouvelle fédération va s’efforcer d’être une force de combat pour un cadre économique dynamique qui permettra à l’industrie de prospérer et d’être l’élément moteur de la création d’emplois et de la croissance durable en Europe.
La nouvelle fédération n’a pas encore décidé formellement de son nom; elle s’appelle provisoirement la Fédération européenne des travailleurs industriels (Européen Industrial Workers’ Federation — EIWF).

Mobilisation des affiliés en faveur de la liberté syndicale au Mexique

MONDE: Les syndicalistes du monde entier vont se mobiliser durant la semaine du 19 au 25 février, pour demander au gouvernement mexicain de cesser ses attaques contre les travailleurs et travailleuses, et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour permettre aux travailleurs et travailleuses d’adhérer aux syndicats démocratiques et indépendants de leur choix.

L’année dernière, plus de 50.000 syndicalistes, étudiant(e)s et militant(e)s des droits humains ont pris part, dans une quarantaine de pays, aux Journées mondiales d’action, dont le lancement a eu lieu simultanément, le 14 février, au Mexique et en Australie. Pendant six jours, les syndicalistes se sont rassemblés pour une démonstration de solidarité sans précédent. Des milliers de lettres ont été envoyées au gouvernement mexicain, plus de 50 réunions ont eu lieu dans le monde dans des ambassades du Mexique, et les manifestations massives qui se sont déroulées tout au long de la semaine, tant au Mexique que dans d’autres pays, ont marqué la force et l’urgence de notre message: STOP aux attaques contre les travailleurs et travailleuses, nous exigeons des droits syndicaux au Mexique, MAINTENANT!

L’impact de nos actions a été ressenti dans le monde entier. Le 24 février, quelques semaines seulement après le lancement des Journées mondiales d’action, le prisonnier politique Juan Linares, membre du syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique, a été relâché après avoir été injustement incarcéré pendant plus de deux ans. Pour consolider nos actions menées en 2011, les syndicats indépendants du Mexique se sont rassemblés avec leurs partenaires syndicaux mondiaux dans un mouvement de force, pour contester la législation rétrograde du travail, le système scandaleux des "contrats de protection", et faire la lumière sur la corruption dans les entreprises et la politique.

Malgré l’augmentation rapide des actions et des protestations des syndicats au Mexique et au plan international, les travailleurs et travailleuses continuent d’être privés de leurs droits fondamentaux, les syndicats indépendants subissent des attaques violentes du système politique, et les entreprises continuent de tenir le haut du pavé.

Pour la semaine du 19 au 25 février 2012, il est une fois de plus demandé aux membres du mouvement syndical international d’entreprendre une action à la mémoire des mineurs qui ont trouvé la mort, le 10 février 2006, dans l’explosion à la mine de Pasta de Conchos.
LES ACTIONS SUIVANTES SONT À ENVISAGER:

Des affiches prêtes à l’impression et des modèles de lettres sont disponibles pour organiser des actions et des mobilisations. Des affiches de campagne sont disponibles en anglais, français, espagnol et russe. L’original se trouve sur un fichier graphique et peut être livré sur demande avec des logos ou une information complémentaire. Prendre contact dans ce cas avec: [email protected]. Des modèles de lettre sont disponibles en anglais, espagnol, français, russe et allemand.

Veuillez nous tenir informés de toutes les actions entreprises, et envoyez des photos, lettres et rapports à: [email protected].

PKC signe un contrat de protection avec un syndicat au Mexique

MEXIQUE: Arneses y Accesorios de Mexico, filiale mexicaine de l’entreprise PKC spécialisée dans les systèmes de câblage et les accessoires automobiles, a annoncé au personnel de ses usines avoir signé une convention collective avec l’organisation syndicale CTM. Les salariés avaient déclaré vouloir être représentés par le SNTMMSRM.

Le chef des ressources humaines de l’entreprise au Mexique et les directeurs des usines ont communiqué un message de Harri Suutari, président de l’entreprise, à toutes les chaînes de montage et à tous les services des usines.

Le message, qui a été enregistré en anglais et interprété oralement en espagnol pour les travailleurs et travailleuses (le message original en anglais n’a pas été communiqué, le texte qui suit est une traduction de la version espagnole), disait: “L’entreprise a été en mesure de travailler sans syndicat pendant de nombreuses années car il s’agit d’une entreprise aux portes grandes ouvertes, prête à écouter les travailleurs et travailleuses et à trouver une solution à leurs préoccupations et à leurs problèmes. Le fait que des groupes extérieurs à l’entreprise cherchent à déstabiliser la paix du travail, recruter du personnel et entrer dans l’entreprise, a récemment attiré notre attention. Dans ces circonstances, pour se protéger et protéger les emplois, l’entreprise a décidé de signer une convention collective avec la confédération mexicaine des travailleurs (Confederación de Trabajadores de México, CTM), dirigée par Tereso Medina, dans l’État de Coahuila, afin qu’aucun autre syndicat ne soit impliqué. Vous pouvez vous demander quel est le meilleur syndicat? Nous répondons qu’il s’agit de la CTM car elle représente le personnel de l’industrie des pièces automobiles.  Combien coûteront les cotisations syndicales? Elles ne coûteront rien car l’entreprise les prendra à sa charge, de sorte que le CTM n’a pas à pénétrer dans les usines et n’a rien à voir avec vous. Les choses vont continuer sans changement, et, par exemple, l’entreprise continuera de recruter du personnel nouveau. Quels en seront les avantages? La paix du travail et un emploi stable pour de nombreuses années ".

La FIOM rejette l’attitude antisyndicale de l’entreprise PKC et son intention d’imposer une organisation syndicale contre la volonté des salariés. La FIOM et d’autres organisations non-gouvernementales internationales qui combattent les contrats de protection au Mexique et soutiennent le combat mené par le syndicat des mineurs, condamnent les actes de l’entreprise.