Grève de 24 heures chez Caterpillar Gosselies en Belgique

BELGIQUE:  les ouvriers de l’entreprise Caterpillar à Gosselies en Belgique se sont mis en grève vendredi 17 février pour 24 heures pour protester contre une menace de délocalisation d’une chaine de production où est fabriquée une pièce spécifique qui équipe les bras des excavatrices montées à Gosselies.  Un atelier de découpage de tôles serait aussi menacé.  Les affiliés de la FIOM représentés dans l’entreprise font état d’une étude demandée par direction envisageant un tel scénario. Quelques 80 travailleurs en emploi direct sur le site seraient concernés par cette délocalisation éventuellement vers la Pologne.

La direction soutient qu’aucune décision n’a été prise à ce stade mais les syndicats estiment que l’étude de compétitivité, dont les résultats ne sont pas encore officiels, pourrait amener la direction à concrétiser le projet de délocalisation.  Ils ont lancé un avertissement à la direction en disant qu’ils s’opposaient à un tel projet et que si une partie de la production devait être délocalisée, ils exigeraient le maintien du volume d’emplois sur le site.

L’usine Caterpillar à Gosselies emploie quelque 4,300 travailleurs et est l’un des plus importants sites du Groupe dans le monde.

Danemark : Une convention axée essentiellement sur la sécurité d'emploi dans l'industrie

DANEMARK : Les syndicats, emmenés par les huit composant Co-Industri, dont 3F, Dansk Metal et HK/Privat, et en accord avec la Confédération danoise des syndicats LO, avaient des revendications modérées en matière salariale, préférant donner la priorité à des conditions de protection de l’emploi inégalées, en matière de formation et d’ancienneté notamment, et  une réduction du temps de travail avec salaire intégral pour les vieux comme pour les jeunes travailleurs.

Cet accord social fait maintenant office de précédent pour les conditions qui seront appliquées dans d’autres secteurs d’industrie. D’application entre le 1er mars 2010 et le 1er mars 2014, la convention nationale de l’industrie fixait des marges minimales en matière de salaires, mais les hausses salariales précises vont maintenant devoir être négociées à l’échelon local dans les conventions d’entreprise.  

L’accord-cadre prévoit une formation avec salaire intégral en cas de ralentissement de l’activité et de réduction du temps de travail. Il permet aussi aux travailleurs âgés de réduire leur temps de travail dans les cinq années précédant leur départ à la retraite en maintenant leur niveau de rémunération par une combinaison du salaire et de prestations de pension partielle. Les travailleurs auront aussi la possibilité d’effectuer des prélèvements sur leurs plans de pension actuels à titre de complément salarial.

Un élément fondamental de ce nouvel accord est qu’un supplément de 0,05 € par heure travaillée sera versé au Fonds national pour la formation industrielle.

Les possibilités de formation offertes aux travailleurs passent, dans certains cas, de deux à six semaines et les travailleurs réintégrés dans les neuf mois suivant leur licenciement conservent intégralement leur ancienneté, alors que le délai était auparavant de six mois. De même, le travailleur a droit au congé de maladie payé dès six mois d’activité, contre neuf mois précédemment.

Le nouvel accord est aussi plus favorable pour les bas revenus auxquels il accorde de meilleures indemnités en cas de licenciement. Le régime du congé parental est assoupli et les syndicats ont obtenu une meilleure prise en compte dans le calcul de la pension du travail de week-end et de jours fériés et des heures supplémentaires.

La hausse du salaire minimum recommandée est de 0,18 € par heure applicable au 1er mars, puis une fois encore au 1er mars 2013. Une hausse de 1,4% peut être appliquée chaque année en cas de travail pénible, tandis que les apprentis, les stagiaires et les personnes en formation obtiendront chaque année une hausse de 2,25% de leur salaire.

La négociation, qui avait démarré début janvier, a failli déboucher sur un conflit lorsque HK/Privat, le syndicat du personnel employé et du commerce, a voulu supprimer le seuil de 50% des salariés requis pour la prise d’effet d’une convention collective. Le compromis qui a été trouvé permet aux employeurs de signer des conventions sans que soit atteint ce seuil de 50% tandis que la couverture de HK/Privat a été étendue pour englober le personnel administratif en formation et les étudiants en stage.   

Cette convention est extrêmement bien accueillie au Danemark et considérée comme la pierre angulaire qui permettra de recréer les 80.000 emplois industriels et manufacturiers que le pays a perdus depuis l’éclatement de la crise financière.

Les syndicats espagnols rejettent une nouvelle loi sur le travail

ESPAGNE: Le 19 février, en réponse à une nouvelle loi sur le travail, qui au dire du nouveau gouvernement conservateur espagnol est nécessaire pour réduire le taux de chômage actuel de 22,85 pour cent, la Confederación Sindical de Comisiones Obreras (CCOO) et Unión General de Trabajadores (UGT) ont pris la tête des manifestations dans 57 villes qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes.

Les syndicats mettent en garde sur le fait que la loi sur le travail nouvellement adoptée est injuste pour les travailleurs et travailleuses, contre-productive pour l’économie et inefficace pour la création d’emplois. Elle porte atteinte aux syndicats en facilitant le licenciement de salariés par les entreprises et la sortie des conventions collectives. Selon le secrétaire général de CCOO, Ignacio Fernández Toxo, "ces évènements sont un avertissement donné au gouvernement pour qu’il entame un processus de négociations avec les syndicats et les employeurs, de manière à empêcher la détérioration progressive du climat social dans notre pays".

Le secrétaire général de l’UGT, Cándido Méndez, a affirmé que les manifestations organisées aujourd’hui par les syndicats ont pour but d’offrir "un large canal démocratique à nos citoyens et citoyennes, et notamment aux travailleurs et travailleuses de notre pays, pour exprimer leur mécontentement et leur rejet de la réforme du travail imposée par le gouvernement du Parti populaire".  

Cette réforme porte un coup à la législation espagnole du travail, et CCOO tout comme l’UGT continueront de répondre par une mobilisation croissante et soutenue. La prochaine action aura lieu  le 29 février dans le cadre de la journée européenne d’action organisée par la Confédération européenne des syndicats.

IG Metall exige de meilleures conditions pour les travailleurs précaires

ALLEMAGNE: L’amélioration des salaires et des conditions pour les travailleurs et travailleuses temporaires et intérimaires est l’une des priorités centrales de l’affilié allemand de la FIOM, IG Metall, dans ses prochaines négociations collectives dans l’emploi temporaire et les secteurs de la métallurgie et de l’ingénierie électrique.

Dans la négociation collective pour les industries de la métallurgie et de l’ingénierie électrique qui débutera le 6 mars, IG Metall va revendiquer une hausse salariale de 6,5 pour cent pour les salariés de ce secteur, l’engagement d’obtenir un contrat permanent pour les jeunes qui terminent leur apprentissage, et davantage de participation aux décisions pour les membres du comité d’entreprise sur l’utilisation de l’emploi temporaire. L’objectif est de limiter l’emploi de main-d’œuvre temporaire et intérimaire dans ce secteur.

En outre, dans la négociation commencée le 22 février sur l’emploi temporaire, le syndicat demande des "primes sectorielles" pour les intérimaires embauchés dans l’industrie métallurgique, afin de leur assurer les mêmes salaires que les salariés permanents faisant le même travail. IG-Metall qui a gagné 38.000 nouveaux membres dans le personnel temporaire indique pour la première fois qu’il demandera à ces membres de faire grève si nécessaire pour défendre leurs revendications.

Le Comité exécutif de IG Metall se réunira le 24 février pour se prononcer sur les revendications définitives. La convention collective actuellement en vigueur sur les salaires arrive à expiration le 31 mars 2012.

Pour plus de détails (en allemand seulement) voir:
http://www.igmetall.de/cps/rde/xchg/SID-9D978853-90CB9DC7/internet/style.xsl/9281-9418.htm.

Réponse des syndicats aux résultats bénéficiaires de GM

MONDE: Dans une déclaration publiée aujourd’hui, 16 février 2012, le syndicat United Auto Workers (UAW) a annoncé de bonnes nouvelles pour les salariés de GM aux États-Unis. Ils recevront 7.000 USD d’intéressement aux bénéfices sur la base des résultats bénéficiaires de 2011. L’UAW a salué la politique de l’entreprise, qui a investi plus de 3,6 milliards d’USD aux États-Unis et a créé ou maintenu plus de 9.500 emplois.

“Les membres de l’UAW chez GM ont commencé les négociations à l’automne dernier avec une stratégie visant à donner de bonnes chances de réussite à l’entreprise pour partager son succès. Et cette stratégie a payé”, a déclaré le vice-président de l’UAW Joe Ashton. Ouvrir ce lien pour prendre connaissance du texte intégral de la déclaration de l’UAW sur l’intéressement aux bénéfices GM 2011.

La situation n’est pas aussi brillante en Europe où GM possède la marque européenne Opel/Vauxhall qui a enregistré une perte de 700 millions d’USD en 2011. Toutefois, du fait que 300 millions d’USD concernent le coût de la restructuration des activités de GM en Europe, les résultats en 2011 se sont améliorés de 1,6 milliard par rapport à 2010, quand l’entreprise enregistrerait deux milliards d’USD de pertes.

Dans une déclaration conjointe de la FEM, du European Employee Forum et de Opel/Vauxhall, les syndicats européens ont dit: “Pour donner à Opel/Vauxhall une base solide pour les affaires, les représentants des salariés et la direction doivent travailler à des solutions communes sur la base des accords en vigueur — et également dans les périodes difficiles pour l’économie. Les accords assurent des engagements sur les produits et les compétences, et excluent les fermetures d’usines et les mises au chômage pour raisons économiques jusqu’à la fin de 2014”.

Ils ont également ajouté: “Sur la base des accords en vigueur, nous demandons que Opel/Vauxhall développe et privilégie un plan à long terme d’activités commerciales viables pour profiter de la croissance générale prévue sur le marché”. Le texte de la déclaration se trouve sur le site de la FEM: http://www.emf-fem.org/Press/Press-releases/Joint-statement-of-the-European-Metalworkers-Federation-the-European-Employee-Forum-and-the-European-trade-unions-on-the-Opel-Vauxhall-business-result-2011.

En Amérique du Sud, GM a enregistré des pertes de 122 millions d’USD  en 2011 par rapport à 818 millions d’USD de bénéfices en 2010.

Rio Tinto désapprouvée par un tribunal australien

AUSTRALIE: Ce refus est une victoire pour le syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l’énergie (CFMEU), qui ne s’était pas résigné et avait porté l’affaire plus loin, et une victoire pour le droit légitime à la négociation collective. C’est également un reproche adressé à Rio Tinto pour avoir fait tant d’efforts pour ne pas appliquer les modifications apportées en 2009 à la législation du travail en Australie.

La décision constitue une invitation aux mineurs chargés d’extraire du minerai de fer — et à d’autres — dans la riche région de Pilbara en Australie de l’Ouest, pour adhérer à un syndicat afin de négocier de véritables accords pour la main-d’œuvre employée par l’entreprise. La décision de la Haute Cour annulera aussi les décisions prises par d’autres entreprises minières, comme BHP Billiton, qui a également converti ses contrats de travail individuels en accords de main-d’œuvre non syndiquée, destinés à mettre les syndicats hors de portée des travailleurs, et les travailleurs sans voix syndicale.

Dans le cas concernant Rio Tinto, dix nouvelles recrues dans sa filiale Pilbara Iron Company Pty. Ltd. ont permis un accord fictif d’une durée de cinq ans pour les salariés de Pilbara Iron, destiné à inclure toutes les autres nouvelles embauches. Le stratagème visait à annuler les changements législatifs entrés en vigueur en juillet 2009 à la date effective de la promulgation de la loi australienne sur le travail équitable.

Une vingtaine de ces accords collectifs trompeurs auraient été mis en place pour éviter la loi sur le travail équitable, et l’échec juridique de Rio Tinto la semaine dernière devrait frapper les accords encore en vigueur pour les rendre caducs.

Plus de détails sur le site de l’ICEM sur le lien suivant:
http://www.icem.org/en/5-Mining-DGOJP/4889-Australian-High-Court-Denies-Rio-Tinto-s-Appeal-to-Evade-Union-Contracts.

Les syndicats examinent l'ALÉ Inde-UE

INDE: L’atelier, organisé le 10 février dans le cadre du sommet Inde-UE, a permis d’analyser les développements dans la politique commerciale de l’Inde et les négociations en cours sur l’ALÉ Inde-UE. Des préoccupations ont été exprimées sur le manque de transparence dans le processus de négociation et sur l’absence d’une véritable consultation avec les militant(e)s sociaux/ales, notamment les syndicats et les organisations de la société civile.

La possibilité de conséquences négatives pour l’ALÉ Inde-UE a été analysée en portant une attention toute particulière à l’emploi, la sécurité alimentaire, l’impact sur des secteurs prioritaires dans l’industrie et les services, tels que l’automobile, les PME et le commerce de détail. Des risques ont été soulignés sur la perte d’un espace politique et la suppression possible des tarifs douaniers à l’exportation sur les matières premières, ce qui limiterait la capacité du pays à fabriquer des produits à valeur ajoutée et de créer des emplois qualifiés.

La protection de la capacité de l’Inde à produire des médicaments génériques à un prix abordable sur le marché intérieur et les marchés d’autres pays en développement, s’ajoute aux priorités syndicales. Des préoccupations ont été également exprimées sur la limitation qui empêche de réaliser les objectifs de développement et de réduction de la pauvreté dans le cadre d’une libéralisation du secteur financier et d’une réduction importante de la capacité du pays à réglementer le secteur bancaire.

Les syndicats des pays européens qui partagent les mêmes préoccupations et le même engagement à travailler ensemble pour obtenir des améliorations importantes dans la direction des négociations en cours, ont dénoncé l’absence totale d’information et d’une véritable consultation.

Des contributions importantes ont été faites à l’atelier par des ONG actives dans les domaines de la  sécurité alimentaire, de l’investissement étranger direct (IÉD), des services financiers et des soins de santé. La contribution du représentant de l’organisation des constructeurs automobiles (Society of Indian Automobile Manufacturers — SIAM) a porté sur des perspectives et des préoccupations commerciales, et ont ouvert la voie à un dialogue utile actuellement en cours.

Tous les syndicats qui ont pris part à la réunion ont demandé au bureau de la FIOM pour l’Asie du Sud de continuer à promouvoir ces échanges entre syndicats dans différentes régions, et de coordonner l’action conjointe des affiliés indiens de la FIOM et d’autres FMI.

Histadrut obtient de meilleures conditions pour les travailleurs précaires

ISRAËL: Après quatre jours de grève nationale en solidarité avec les travailleurs et travailleuses précaires syndiqués par la fédération des syndicats d’Israël, Histadrut, des milliers de travailleurs et travailleuses temporaires seront employés directement et obtiendront de meilleurs salaires. Cette victoire améliorera la situation de milliers de salariés du secteur public dans l’ensemble du pays. Ce résultat améliorera également la situation des salariés dans d’autres secteurs. Le nombre total de personnes obtenant du travail par des agences d’emploi temporaire est d’environ 300 à 400.000.

Le conflit du travail a commencé en octobre 2011 quand Histadrut a exigé une réduction du nombre de contrats obtenus auprès d’agence de travail temporaire en Israël, par une transformation de ces contrats en contrats d’emploi direct. La première grève d’avertissement de quatre heures a eu lieu en novembre 2011.

Dernièrement, quand les négociations qui avaient repris avec le ministère des Finances ont abouti à une impasse le 8 février, Histadrut a annoncé une autre grève nationale. Les travailleurs et travailleuses appartenant à différents services du secteur public ont pris part à cette action massive dans tout le pays, notamment les cheminots, le personnel des agences de placement, de la bourse des valeurs, des aéroports et des ports de mer, et bien d’autres encore.

La grève a abouti à deux accords signés par Histadrut, par le bureau de coordination des organisations économiques (association patronale israélienne) et par le ministère des Finances, qui déterminent les principes des conditions d’emploi et l’amélioration des salaires pour les travailleurs et travailleuses employés par des agences de travail temporaire. L’une des approches conceptuelles des syndicats a été de rendre l’emploi fourni par des agences de travail temporaire économiquement non rentable, et de stimuler les employeurs pour qu’ils choisissent d’avoir des relations directes avec les salariés.

Le texte intégral du communiqué de presse de Histadrut avec toutes les conditions obtenues se trouve sur ce lien.

Les propriétaires de la société Eternit condamnés à 16 ans de prison

ITALIE: Le 13 février, la Cour italienne de Turin a mis un point final à l’affaire concernant le groupe Eternit. Les propriétaires et directeurs du groupe, le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, 65 ans, et le baron belge Louis de Cartier de Marchienne, 91 ans, ont été reconnus coupables de désastre écologique entraînant la mort de milliers de travailleurs et travailleuses et de membres de la population de Casale Monferrato dans la province du Piémont en Italie, où se trouve une grande entreprise du groupe. Les accusés sont également condamnés à des amendes de plusieurs millions.

Le tribunal a accepté les conclusions du réquisitoire du procureur contre les magnats de l’amiante pour avoir causé délibérément un désastre environnemental en polluant et en dispersant les fibres meurtrières d’amiante, et refusé volontairement et à dessein d’appliquer les précautions nécessaires sur le lieu de travail. Des renseignements plus détaillés se trouvent dans un rapport précédent de la FIOM.

Les procureurs Raffaele Guariniello, Gianfranco Colace et Sara Panelli ont montré durant 62 audiences depuis 2009 comment les accusés, en dépit de leur bonne compréhension des conséquences mortelles de l’amiante sur les personnes et la nature, ont décidé de poursuivre l’activité des usines produisant du fibres-ciment Eternit, dans le seul but de réaliser du profit. Les parents d’environ trois mille personnes décédées et malades en raison d’une exposition à l’amiante de 1952 à 1986 dans les entreprises du groupe Eternit, ont accueilli le verdict de culpabilité par des larmes et des applaudissements.

Cherchant à obtenir depuis de nombreuses années l’interdiction mondiale de l’amiante en partenariat avec le mouvement syndical mondial, notamment avec l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (http://www.bwint.org/default.asp?Index=3926&Language=EN), la FIOM et l’ICEM ont accueilli la décision du tribunal de Turin avec l’espoir qu’elle donnera clairement un avertissement à tous les producteurs, exportateurs et importateurs de la substance meurtrière pour mettre mis fin immédiatement à toute production et utilisation de l’amiante dans le monde.

Les travailleurs de Kumtor en grève illimitée au Kirghizistan

KIRGHIZISTAN: Les travailleurs de la mine d’or de Kumtor se sont mis en grève illimitée le 7 février après une grève d’avertissement d’une heure qui a eu lieu le 28 janvier. Ils demandent un dédommagement pour l’augmentation des cotisations à la caisse d’assurance gouvernementale, ainsi qu’une indemnisation pour la famille du travailleur décédé à la suite d’un accident sur le lieu de travail.

Le syndicat des mineurs et des métallurgistes du Kirghizistan (MMTUK), affilé à la FIOM, affirme que l’employeur n’a pas versé depuis plusieurs années une cotisation patronale intégrale à la caisse d’assurance gouvernementale. Quand le gouvernement a contraint l’entreprise à le faire, elle a commencé à soustraire les cotisations des salaires des travailleurs.

Les grévistes demandent également une indemnisation pour la famille d’Asanbek Orozaliev, qui est mort à la suite d’un accident du travail. L’entreprise n’a pas versé d’indemnisation, même après la décision du tribunal.

Malgré la grève d’avertissement, l’employeur a rejeté les revendications des mineurs. Ils se sont mis en grève illimitée comme ils l’avaient décidé en cas de rejet de leurs revendications.

Le représentant régional de la FIOM, Vadim Borisov, a informé les affiliés des pays de la CÉI de la grève. Les syndicats de mineurs du Kazakhstan et d’Ukraine ont envoyé des lettres de solidarité.

Le secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, a envoyé également une lettre de protestation  à Robert Wander, président de Kumtor Operating Company. L’entreprise est actuellement détenue par la société canadienne Centerra Gold.

“Le syndicat va continuer à se battre pour faire aboutir les revendications des travailleurs de Kumtor”, a déclaré Eldar Tadzhibaev, président du MMTUK.