MONDE: La réunion du Comité exécutif de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie qui s'est tenue à Séville les 10 et 11mai a donné lieu à un débat animé sur l'avenir du mouvement syndical international.
En dépit de l'impossibilité d'aboutir à une conclusion, un accord s'est établi sur la recherche d'une coopération plus étroite avec les autres fédérations syndicales internationales. La FIOM doit chercher à obtenir un renforcement du mouvement syndical international et rester fidèle aux intérêts des métallurgistes.
Le Comité a pris connaissance d'un rapport sur les travaux réalisés par la FIOM dans la région Afrique où nous attribuons des ressources à certains pays qui détiennent une ‘masse critique' de main-d'œuvre et des possibilités à long terme de syndicalisation, notamment dans l'industrie de transformation. Stephen Nhlapo, représentant régional de la FIOM pour l'Afrique, a parlé également des problèmes auxquels les syndicats africains sont confrontés quand ils deviennent dépendants du financement d'organisations du Nord.
Le Comité exécutif de la FIOM a réaffirmé avec fermeté son soutien à Napoleon Gomez, secrétaire général du syndicat mexicain des mineurs. Le 16 avril, le gouvernement mexicain a une fois de plus reconnu Gomez comme le dirigeant élu du syndicat. Néanmoins, Gomez reste en exil car plusieurs affaires judiciaires dirigées contre lui sont toujours en attente d'une solution.
Le Comité exécutif a accueilli deux nouveaux affiliés comme membres de la FIOM. Il s'agit des organisations syndicales suivantes:
EUROPE: Les salariés de Delphi ont protesté dans toute l'Europe le 21 mai contre l'annonce récente de la fermeture de l'usine de Cadix en Espagne.
Depuis le placement de Delphi USA sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11), et malgré l'assurance donnée par la direction européenne aux représentants du personnel européen que cette décision n'aura pas de répercussions sur Delphi en Europe, les salariés assistent maintenant à un démantèlement progressif de l'activité industrielle de l'entreprise dans l'UE.
Le 21 mai, les syndicats ont distribué des tracts aux salariés de Delphi pour les informer de la situation actuelle dans l'entreprise et sur le manque de consultation réelle du Comité européen des salariés de Delphi sur la question de la restructuration.
Les revendications des salariés présentées à la Journée européenne d'action et de solidarité sont les suivantes:
La Journée d'action était organisée par le groupe de coordination syndicale Delphi, et bénéficiait du soutien de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM) et du Comité européen des salariés de Delphi.
Pour tous renseignements complémentaires, reportez-vous au site de la FEM: www.emf-fem.org/affiliated_organisations/solidarity/solidarity_with_delphi_workers
Au Mexique, la plus grande compagnie minière du pays, Grupo México, et le gouvernement fédéral, d’abord sous l’égide du président Vicente Fox et aujourd’hui sous celle du président Felipe Calderón, violent systématiquement et de manière répétitive le droit mexicain et les normes internationales afin d’écraser le Syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM).
En février 2006, le gouvernement a commencé par destituer illégalement le Secrétaire général de la fédération, Napoleón Gómez Urrutia, et désigner Elías Morales Hernández pour le remplacer. Ensuite, le gouvernement a détourné le système juridique mexicain et accusé Gómez de corruption et de détournement de fonds.
Lorsque les enquêtes sur ces actes ont révélé que le gouvernement avait eu recours à de faux documents, qu’il avait dissimulé des preuves et contraint des fonctionnaires à délivrer des mandats d’arrêt non justifiés contre le dirigeant syndical, le Grupo México et le gouvernement ont cherché à diviser le syndicat en reconnaissant officiellement, du jour au lendemain, un syndicat favorable à la compagnie et en organisant des "élections", qui obligeaient les travailleurs à y adhérer.
Dans l’intervalle, le Grupo México profite pleinement des services de l’armée et de la police fédérale pour briser les grèves, tuer des travailleurs et arrêter les dirigeants syndicaux, qui luttent pour obtenir le renforcement de la sécurité des conditions de travail dans les mines appartenant au Grupo México. Gómez a repris officiellement ses fonctions de Secrétaire général le 11 avril 2007, suite à une décision d’un tribunal fédéral, qui a jugé que le Secrétaire du travail avait outrepassé ses droits et n’avait pas respecter les procédures en vigueur lorsqu’il l’avait démis de ses fonctions à la tête du SNTMMSRM. Cependant Gómez est toujours en exil en raison d’accusations non fondées et de graves menaces contre sa sécurité et celle de sa famille.
Aujourd’hui, il semble que le Grupo México puisse assassiner, torturer, intimider et tromper les travailleurs en toute impunité, alors que les actions visant à défendre les libertés démocratiques et les droits des travailleurs sont considérées comme illégales. Le gouvernement recourt à la force et à la violence pour régler les conflits sociaux du pays tout en érigeant les activités syndicales en crime.
Le mouvement syndical international s’oppose vivement à ces persécutions politiques et enjoint le gouvernement mexicain à cesser ces attaques contre le SNTMMSRM. Le présent Livre Blanc contient, entre autres les recommandations de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et de ses affiliées, qui en appellent au gouvernement mexicain afin qu’il :
Les affiliés de la FIOM du monde entier doivent exprimer leur solidarité envers nos camarades du syndicat mexicain par des lettres, des campagnes, des pressions de l’opinion publique et des manifestations.
Pour envoyer une lettre de solidarité au nom des travailleurs/euses du SNTMMS, se reporter à Ingérance.