Une bombe explose devant les bureaux du syndicat brésilien des métallurgistes et un dirigeant syndical est menacé de mort

Brésil. Mardi 5 juin à 22 heures 50, une bombe artisanale a été lancée contre les bureaux du syndicat Taubaté des métallurgistes au Brésil. La bombe a explosé contre le mur du bâtiment et n’a fait heureusement aucune victime. Néanmoins, après cet acte terroriste, le président du syndicat Valmir Marques da Silva, surnommé Biro Biro, qui dirige aussi la fédération des métallurgistes de Sao Paulo, a reçu mercredi vers 11 heures du matin un appel téléphonique anonyme qui le menaçait de mort. C’est la standardiste du syndicat qui a répondu à l’appel. L’interlocuteur n’a pas voulu s’identifier, mais il a dit que la bombe n’était qu’un avertissement, et que Biro Biro et sa famille seront la prochaine cible. La Confédération nationale des métallurgistes, affiliée à la centrale syndicale CUT, a publié un communiqué de presse dans lequel elle”rejette tous les actes de violence, notamment les attaques terroristes comme celle-ci, qui rappellent le temps où la dictature a semé la terreur et causé la mort de milliers de travailleurs brésiliens”. La Confédération a ajouté qu’elle “exprime sa solidarité et son soutien total à ses collègues de Taubaté.” Source: Confédération nationale des métallurgistes (CNM)

Les travailleurs indonésiens se battent pour toucher leurs salaires

INDONÉSIE: 1.300 travailleurs membres de l’affilié de la FIOM, Federasi Serikat Pekerja Metal Indonesia (FSPMI), se battent pour que PT Livatech verse les quatre mois de salaires pas encore réglés ainsi que les indemnités de licenciement, comme le stipule la législation indonésienne du travail. M. Goh Sing Hing, propriétaire de PT Livatech, a fermé son usine à Batam, Indonésie. Il est parti en Malaisie et refuse de régler les arriérés des salaires de son personnel. Dans une lettre, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) lance un appel au Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono et au Premier ministre malaisien M. Abdulah Badawi, pour leur demander instamment d’user de leur influence considérable pour trouver une solution à cette question. “La FIOM est profondément concernée par le bien-être des travailleurs et de leurs familles, et vous demande d’insister auprès de M. Goh Sing Hing pour obtenir un règlement de tous les arriérés, immédiatement et équitablement”, a déclaré Marcello Malentacchi aux chefs d’État. Le FSPMI a signalé à la FIOM que PT Livatech a eu recours à la police et à la force armée pour attaquer et intimider les travailleurs au lieu de chercher à régler ses dettes. Et ce, en conflit direct avec une décision de la cour indonésienne du Travail de verser aux travailleurs les quatre mois de salaire et les indemnités. Le FSPMI prévoit de poursuivre la lutte en organisant des manifestations, ce mois-ci, devant le palais présidentiel à Jakarta.

Réunion du Comité exécutif de la FIOM

MONDE: La réunion du Comité exécutif de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie qui s'est tenue à Séville les 10 et 11mai a donné lieu à un débat animé sur l'avenir du mouvement syndical international.

En dépit de l'impossibilité d'aboutir à une conclusion, un accord s'est établi sur la recherche d'une coopération plus étroite avec les autres fédérations syndicales internationales. La FIOM doit chercher à obtenir un renforcement du mouvement syndical international et rester fidèle aux intérêts des métallurgistes.

Le Comité a pris connaissance d'un rapport sur les travaux réalisés par la FIOM dans la région Afrique où nous attribuons des ressources à certains pays qui détiennent une ‘masse critique' de main-d'œuvre et des possibilités à long terme de syndicalisation, notamment dans l'industrie de transformation. Stephen Nhlapo, représentant régional de la FIOM pour l'Afrique, a parlé également des problèmes auxquels les syndicats africains sont confrontés quand ils deviennent dépendants du financement d'organisations du Nord.

Le Comité exécutif de la FIOM a réaffirmé avec fermeté son soutien à Napoleon Gomez, secrétaire général du syndicat mexicain des mineurs. Le 16 avril, le gouvernement mexicain a une fois de plus reconnu Gomez comme le dirigeant élu du syndicat. Néanmoins, Gomez reste en exil car plusieurs affaires judiciaires dirigées contre lui sont toujours en attente d'une solution.

Le Comité exécutif a accueilli deux nouveaux affiliés comme membres de la FIOM. Il s'agit des organisations syndicales suivantes:

Manifestations au Brésil contre l'emploi précaire

BRÉSIL: Le 23 mai, des dizaines de milliers de travailleurs/euses de la région industrielle ABC près de São Paulo et de plusieurs autres États ont participé à une mobilisation de masse pour soutenir la décision Président Lula d’opposer son veto à une loi qui — promulguée — aurait comme conséquence de retirer les avantages sociaux aux travailleurs/euses occupant des emplois précaires. Vendredi 16 mars, le Président Lula a signé un projet de loi qui le rend exécutoire et crée la “Super-Receita”, un service public qui combine les unités de perception des impôts au niveau fédéral avec les services de recouvrement des cotisations de sécurité sociale. Néanmoins, Lula a opposé son veto à un amendement controversé “Amendement 3” qui avait été approuvé par le Congrès à une très grande majorité. Cet amendement aurait interdit aux percepteurs des impôts de décider si un professionnel “indépendant” devait être considéré comme “entreprise” ou comme un simple contribuable, ce qui aurait limité dans les faits la possibilité pour les travailleurs/euses occupant un emploi précaire de bénéficier des avantages sociaux. Depuis l’apposition de son veto, Lula subit une pression intense de la part de groupes d’employeurs, notamment à São Paulo de la FIESP (Fédération de l’industrie de l’État de São Paulo) et de la branche locale de l’OAB (Confédération brésilienne des juristes). Pour contrecarrer ces pressions et soutenir les travailleurs/euses occupant des emplois précaires, les centrales syndicales nationales CUT et Força Sindical, ainsi que des mouvements sociaux au Brésil ont organisé des mobilisations de masse, le 23 mai, avec les travailleurs/euses de la région ABC qui ont protesté devant les bureaux de la FIESP sur l’avenue Paulista à São Paulo, au cœur du centre financier brésilien. De grands défilés et des protestations ont aussi eu lieu à São Paulo, Rio de Janeiro, Paraíba, Rio Grande do Sul, Paraná, Santa Catarina et Brasília-DC. Cette action était organisée par les centrales syndicales nationales CUT et Força Sindical avec le soutien de mouvements sociaux qui partagent une plate-forme commune sur la législation du travail, la réforme agraire, l’amélioration de l’habitat et la lutte contre la criminalisation des mouvements sociaux. Une action revendicative du même ordre avait déjà eu lieu le 10 avril. L’emploi précaire sera le sujet central des discussions à la réunion du Comité central de la FIOM qui se tiendra à Salvador, Bahia, Brésil, les 28 et 29 novembre prochain.

L'OCDE examine la consolidation dans l'acier

TURQUIE: Le Comité de l’acier de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) s’est réuni le 17 et le 18 mai pour examiner les dernières tendances dans l’industrie de l’acier et la probabilité d’une consolidation dans l’avenir. Les délégué(e)s ont pris note du développement de l’industrie de l’acier dans le monde et de la manière dont elle profite de l’augmentation de la demande des pays asiatiques, en particulier de l’Inde et de la Chine, qui a provoqué un accroissement spectaculaire de la demande d’acier dans le monde. À ce jour, l’industrie de l’acier est encore assez fragmentée avec 15 très grandes aciéries qui produisent ensemble 33 pour cent de l’acier dans le monde, taux à comparer par exemple à l’industrie automobile où les 15 plus grands constructeurs ont produit 87 pour cent du marché mondial en 2005. Le processus de restructuration et de rationalisation dans l’industrie de l’acier a été pratiquement constant au cours des dernières décennies, et pourtant près de la moitié de l’industrie reste aux mains du secteur public. Rob Johnston, Directeur du département de l’acier de la FIOM, a déclaré aux délégués présents à la réunion de l’OCDE que “la transition du secteur public à la propriété privée est difficile, et que les travailleurs en subissent souvent les conséquences. L’industrie a aussi réalisé des gains énormes de productivité en raison des restructurations, mais souvent la répartition de ces gains est très inégale”. Tom Conway, Vice-Président de l’USW, a déclaré aux délégués que, “bien que beaucoup de gens dans cette salle parlent de l’acier — pas un n’en a physiquement produit, et ce sont les sidérurgistes eux-mêmes qui devraient avoir voix au chapitre quand on parle de l’avenir de l’industrie”. Le texte de la position de la FIOM et les recommandations de l’OCDE concernant l’industrie de l’acier se trouvent sur le site web de la FIOM.

Journée européenne d'action pour les salariés de Delphi

EUROPE: Les salariés de Delphi ont protesté dans toute l'Europe le 21 mai contre l'annonce récente de la fermeture de l'usine de Cadix en Espagne.

Depuis le placement de Delphi USA sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11), et malgré l'assurance donnée par la direction européenne aux représentants du personnel européen que cette décision n'aura pas de répercussions sur Delphi en Europe, les salariés assistent maintenant à un démantèlement progressif de l'activité industrielle de l'entreprise dans l'UE.

Le 21 mai, les syndicats ont distribué des tracts aux salariés de Delphi pour les informer de la situation actuelle dans l'entreprise et sur le manque de consultation réelle du Comité européen des salariés de Delphi sur la question de la restructuration.

Les revendications des salariés présentées à la Journée européenne d'action et de solidarité sont les suivantes:

La Journée d'action était organisée par le groupe de coordination syndicale Delphi, et bénéficiait du soutien de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM) et du Comité européen des salariés de Delphi.

Pour tous renseignements complémentaires, reportez-vous au site de la FEM: www.emf-fem.org/affiliated_organisations/solidarity/solidarity_with_delphi_workers

Les affiliés de la FIOM réaffirment leur engagement pour les ACI

ALLEMAGNE: Les délégué(e)s à la Conférence mondiale sur les accords-cadres internationaux, tenue à Francfort, ont soutenu une discussion animée sur l’avenir des ACI et la direction à adopter. Les délégué(e)s ont souligné l’importance d’avoir recours aux ACI dans les campagnes de syndicalisation et la nécessité de mieux soutenir la solidarité internationale, la formation pour la mise en application des ACI et la coordination aux niveaux local, national et international. Cette conférence avait pour but d’analyser les ACI actuellement en vigueur et leur utilité pour l’amélioration des droits et des conditions de travail. Les recommandations qui ont fait l’objet de discussions à la conférence seront transmises au Comité exécutif où elles donneront lieu à un nouveau débat. Dans ses observations finales, Marcello Malentacchi, secrétaire général de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, a déclaré: “C’est l’espoir de la FIOM, et de chacun(e) d’entre nous, d’obtenir que les ACI soient reconnus et respectés dans le monde entier, qu’elle que soit la législation nationale du pays. Nous voudrions voir observées partout dans le monde les normes fondamentales du travail, et je crois que l’ACI est un outil qui permet de traduire ce vœu dans la réalité”. Les recommandations sur les ACI, telles qu’elles ont été adoptées par le Comité Exécutif se trouvent, sur le site web de la FIOM.

La FIOM s'engage à soutenir les mineurs mexicains

Au Mexique, la plus grande compagnie minière du pays, Grupo México, et le gouvernement fédéral, d’abord sous l’égide du président Vicente Fox et aujourd’hui sous celle du président Felipe Calderón, violent systématiquement et de manière répétitive le droit mexicain et les normes internationales afin d’écraser le Syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM).

En février 2006, le gouvernement a commencé par destituer illégalement le Secrétaire général de la fédération, Napoleón Gómez Urrutia, et désigner Elías Morales Hernández pour le remplacer. Ensuite, le gouvernement a détourné le système juridique mexicain et accusé Gómez de corruption et de détournement de fonds.

Lorsque les enquêtes sur ces actes ont révélé que le gouvernement avait eu recours à de faux documents, qu’il avait dissimulé des preuves et contraint des fonctionnaires à délivrer des mandats d’arrêt non justifiés contre le dirigeant syndical, le Grupo México et le gouvernement ont cherché à diviser le syndicat en reconnaissant officiellement, du jour au lendemain, un syndicat favorable à la compagnie et en organisant des "élections", qui obligeaient les travailleurs à y adhérer.

Dans l’intervalle, le Grupo México profite pleinement des services de l’armée et de la police fédérale pour briser les grèves, tuer des travailleurs et arrêter les dirigeants syndicaux, qui luttent pour obtenir le renforcement de la sécurité des conditions de travail dans les mines appartenant au Grupo México. Gómez a repris officiellement ses fonctions de Secrétaire général le 11 avril 2007, suite à une décision d’un tribunal fédéral, qui a jugé que le Secrétaire du travail avait outrepassé ses droits et n’avait pas respecter les procédures en vigueur lorsqu’il l’avait démis de ses fonctions à la tête du SNTMMSRM. Cependant Gómez est toujours en exil en raison d’accusations non fondées et de graves menaces contre sa sécurité et celle de sa famille.

Aujourd’hui, il semble que le Grupo México puisse assassiner, torturer, intimider et tromper les travailleurs en toute impunité, alors que les actions visant à défendre les libertés démocratiques et les droits des travailleurs sont considérées comme illégales. Le gouvernement recourt à la force et à la violence pour régler les conflits sociaux du pays tout en érigeant les activités syndicales en crime.

Le mouvement syndical international s’oppose vivement à ces persécutions politiques et enjoint le gouvernement mexicain à cesser ces attaques contre le SNTMMSRM. Le présent Livre Blanc contient, entre autres les recommandations de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et de ses affiliées, qui en appellent au gouvernement mexicain afin qu’il :


Injury to one: the story of Mexicain miners

La FIOM présente une plainte à l'OIT contre le Mexique

MEXIQUE: La FIOM a présenté une plainte à l’Organisation internationale du Travail contre le gouvernement mexicain pour protester contre la décision prise récemment par ce gouvernement de licencier illégalement le chef du syndicat mexicain des métallurgistes affilié à la FIOM.

Napoleon Gomez Urrutia, secrétaire général élu démocratiquement du syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMS), a été écarté de son poste, contraint et forcé, après s’être exprimé contre le gouvernement mexicain et une entreprise minière à la suite du tragique accident survenu dans la mine à Pasta de Conchos qui a provoqué la mort de 65 mineurs, dont un grand nombre de membres du SNTMMS.

Gomez, qui avait pris l’initiative d’une enquête indépendante sur l’explosion dans la mine, a été remplacé par un représentant désigné par le gouvernement.

Selon les conventions 87 et 98, les infractions aux droits par le gouvernement mexicain portent sur:

Les affiliés de la FIOM du monde entier doivent exprimer leur solidarité envers nos camarades du syndicat mexicain par des lettres, des campagnes, des pressions de l’opinion publique et des manifestations.

Pour envoyer une lettre de solidarité au nom des travailleurs/euses du SNTMMS, se reporter à Ingérance.

 

Rapport sur les travailleurs/euses non manuel(le)s

SUISSE: Un rapport du deuxième séminaire de la FIOM sur la syndicalisation chez les travailleurs/euses non manuel(le)s, organisé à Genève en novembre dernier, est maintenant disponible.

Environ 50 délégué(e)s des affiliés de la FIOM ont participé au séminaire, et le rapport contient les 13 exposés qui y ont été présentés. Plusieurs thèmes déterminants ont été soulevés dans les diverses contributions et dans les discussions qui ont suivies. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer les structures syndicales, le déroulement des carrières et la formation, la communication, la représentation individuelle par opposition à la représentation collective, et les méthodes permettant de rendre des services aux membres.

Le rapport intitulé "Recrutement des travailleurs non-manuels — suite", qui existe en anglais, en français et en allemand, peut être téléchargé sous la rubrique "Publications" sur le site web de la FIOM (ou en cliquant sur le lien dans la marge de droite).

Des copies papier peuvent être commandées à la FIOM à Genève.

Le premier rapport de la série, publié en janvier 2003, est aussi disponible sous la rubrique "Publications".