Les salariés sud-africains de l'automobile négocient des hausses de salaires et de prestations


AFRIQUE DU SUD: Le syndicat national regroupant les salariés de l’automobile "National Metalworkers of South Africa", a conclu le 17 août un accord avec sept constructeurs automobiles qui a permis d’éviter le déclenchement d’une grève dans l’industrie tout entière et d’obtenir des avantages importants pour les salariés.

L’accord concerne environ 15.000 salariés de l’automobile. Il porte sur les points suivants:

Selon le Secrétaire général de NUMSA, Silumko Nondwangu, les deux parties ont des négociateurs de grande valeur et il espère continuer à obtenir des gains supplémentaires pour les membres de NUMSA dans d’autres industries.

“C’est le deuxième accord signé cette année dans nos secteurs et qui fait date. Il a permis d’améliorer considérablement les conditions d’emploi et d’adopter une vue à long terme sur la croissance continue de nos secteurs,” affirme Nondwangu qui ajoute “NUMSA n’est pas prêt cette année à se contenter d’un règlement qui n’amélioreraient pas considérablement les conditions d’emploi. Quand nous disions au début de l’année que nous nous battrons pour obtenir une part de la manne des profits, nous ne plaisantions pas”.

Les salariés de Cochlear se battent pour leur représentation syndicale

AUSTRALIE: Cochlear Ltd., fabricant de réputation mondiale d’audiophones dernier cri, tire profit de la législation australienne antisyndicale sur les relations de travail pour refuser aux 260 salariés de son usine à Sydney le droit d’être représentés par leur syndicat, Australian Manufacturing Workers’ Union (AMWU).

L’AMWU a représenté les salariés de Cochlear pendant plus de dix ans et réussi à obtenir des salaires et des conditions de travail avantageux. Cette année, la direction de Cochlear a lancé une campagne de démantèlement syndical. Bien que les salariés aient voté à bulletins secrets lors de deux scrutins séparés en faveur de la négociation d’une convention collective par le syndicat, l’entreprise refuse de négocier. Récemment, la direction de Cochlear a décidé d’avoir recours aux dispositions injustes de la législation australienne applicables au lieu de travail pour forcer les salariés à accepter un accord non syndical, des conditions que les travailleurs/euses ont refusées à maintes reprises. Ces conditions de travail injustes entreront en vigueur le 6 novembre.

Dans le cadre de la campagne mondiale de soutien au droit des salariés de Cochlear à une représentation syndicale, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie à laquelle l’AMWU est affilié, et l’Internationale des services publics qui représente le personnel des cliniques chargées du placement des audiophones Cochlear, il est demandé instamment aux affiliés d’agir de la manière suivante:

L’AMWU a préparé une liste de tous les lieux chargés du placement des audiophones Cochlear. Il se trouve sur le site web de la FIOM à la page suivante: www.imfmetal.org/listenupcochlear On trouve également sur le site des tracts, des lettres de protestation et d’autres moyens d’exprimer sa solidarité.

Grupo Mexico lié au meurtre d'un mineur

MEXIQUE: La communauté internationale du travail a décidé d’entreprendre une action contre le meurtre de Reinaldo Hernandez González, un mineur membre du Sindicato Nacional de Trabajadores Mineros, Metalúrgicos y Similares de la República Mexicana (SNTMMSRM) tué par des membres de la pègre employés par Grupo Mexico. Selon des rapports, le 11 août 2007 à 20 heures 30, environ 90 travailleurs licenciés sans raisons valables par Grupo Mexico tenaient une réunion près de la mine de cuivre La Caridad à Nacozari, Sonora, quand plusieurs autocars portant le logo de Grupo Mexico ont tendu un guet-apens aux travailleurs. Le SNTMMSRM signale dans un rapport que des individus venus dans des autocars de l’entreprise ont commencé à jeter des pierres sur le groupe de travailleurs, puis des coups de feu ont été tirés un instant plus tard. Les travailleurs ont alors tenté de s’enfuir dans des véhicules, mais ils ont été interceptés une fois de plus par les membres de la pègre au service de l’entreprise. Selon les rapports, c’est au cours de cette deuxième confrontation que des coups de feu ont été tirés une fois de plus. C’est alors que les travailleurs ont constaté que González avait été tué d’une balle au front. La presse locale a précisé que selon le syndicat, la police était absente durant les 2 heures qu’a duré la confrontation au cours de laquelle 20 travailleurs ont été blessés et González a été tué. Le SNTMMSRM signale aussi que 15 membres au moins du SNTMMSRM sont actuellement détenus par les autorités et que des rapports font état de tortures sur plusieurs détenus. Les travailleurs s’étaient réunis pour discuter de la mises en demeure récente du tribunal qui ordonne à Grupo Mexico de les réintégrer. Les 90 et quelques travailleurs ont perdu leur emploi en juin 2006 après 46 jours de grève pour exiger la reconnaissance du dirigeant du SNTMMSRM Napoleón Gómez Urrutia. Grupo Mexico a licencié tous les travailleurs et annulé leur convention collective. Peu de temps après, la plupart des travailleurs, à l’exception des 90 dirigeants des grévistes, ont été embauchés de nouveau avec des contrats mensuels, sans représentation syndicale, sans les avantages ou les protections du travail dont ils bénéficiaient auparavant. La FIOM a écrit immédiatement au Président mexicain Felipe Calderón et à l’Organisation internationale du Travail pour condamner le meurtre. Dans sa lettre au Président Calderón, le secrétaire général de la FIOM Marcello Malentacchi dit notamment: “La Communauté internationale du travail est choquée et indignée d’être le témoin d’une telle escalade de la violence et du harcèlement des membres du SNTMMSRM orchestrée par le gouvernement et Grupo Mexico”. Il ajoute: “Le gouvernement mexicain ne peut pas continuer d’ignorer de telles infractions flagrantes aux droits de la personne et ne peut pas non plus continuer de protéger et soutenir le rôle criminel de Grupo Mexico dans le meurtre de González”. La FIOM demande aux affiliés et aux syndicats du monde entier d’envoyer des lettres de protestation au Président Calderón et des lettres de soutien et de solidarité au SNTMMSRM. Adresser les lettres à: Felipe Calderón
Président du Mexique
Presidencia de La Republica
Residencia Oficial de Los Pinos
Puerta Central
Mexico, DF 11850
Télécopie: +52 55 55 22 34 26
Courriel: [email protected] Sindicato Nacional de Trabajadores Mineros, Metalúrgicos y Similares de la República Mexicana (SNTMMSRM)
Calle Dr José Maria Vertiz 668 Col Narvarte
03020 MEXICO D.F.
Télécopie: +52 55 5530 0036
Courriel: [email protected]

Grève dans les ateliers de montage de AvtoVAZ pour l'amélioration des salaires

RUSSIE: Trois cents salariés des ateliers de montage du géant de l’automobile Togliatti ont cessé le travail le 1er août. Leur principale revendication — une augmentation des salaires pour les porter à 25.000 roubles (1.000USD). Cette revendication de hausse salariale chez AvtoVAZ a déjà été présentée, il y a un certain temps, et le parti du président ” Russie unie” en avait fait la promesse dans sa campagne pour les élections régionales. Après la victoire électorale, la classe politique a oublié sa promesse, mais pas les salariés. AvtoVAZ est le plus grand constructeur automobile en Russie. Il emploie plus de 110.000 personnes et les décisions prises dans cette entreprise ont des conséquences sérieuses sur la ville de Togliatti qui a une population de 700.000. Les salaires mensuels dans l’usine qui vont de 7.000 à 10.000 roubles ($275- 393USD), sont faibles même d’après les normes russes généralement modestes. Il y a deux ans, l’usine a été acquise par une entreprise d’État, Rosoboronexport. Beaucoup de gens dans la ville espéraient que cette nationalisation apporterait des améliorations. Néanmoins, les choses sont différentes. Rosoboronexport prévoit d’attirer un investisseur stratégique. Cela pourrait être Magna, qui a déjà un accord de création d’une coentreprise avec AvtoVAZ. La direction actuelle de l’entreprise cherche de manière active à améliorer son “attrait” auprès des investisseurs étrangers — en se débarrassant de son infrastructure sociale, en refusant les rajustements salariaux, en réalisant les licenciements prévus et en essayant de se débarrasser des syndicalistes de l’usine. Une situation conduisant à la grève dans les ateliers de montage de AvtoVAZ s’est développée sporadiquement, et les travailleurs/euses ont élu un comité indépendant de grève. Il y a deux syndicats dans l’usine — AutoSelhozMash (automobile et machines agricoles – AFW) affilié à la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, et Edinstvo, qui a présenté une demande d’adhésion à la FIOM. AFW ne soutient pas la grève, car selon lui, des discussions avaient commencé avec l’employeur, et les protestations ouvrières ont un caractère politique. La direction a commencé à faire pression sur le comité de grève avec le soutien de la police et des services de sécurité de l’entreprise. Un des membres du comité, Anton Vechkunin, a été détenu pendant trois jours. Le comité de grève s’est tourné vers le président de Edinstvo, Petr Zolotarev, pour avoir de l’aide. Edinstvo a accordé le soutien juridique nécessaire pour la grève et son action a permis d’établir et de maintenir le dialogue avec la direction de l’entreprise.

Un nouveau rapport examine le secteur des TIC en Chine

MONDE: Un nouveau rapport, “Corporate Social Responsibility in China’s Information and Communications Technology – ICT” (Responsabilité sociale de l’entreprise dans les technologies de l’information et de la communication en Chine – TIC) vient d’être publié. Il présente une analyse détaillée des stratégies d’amélioration des conditions sociales et environnementales dans le secteur des TIC à Shenzhen, Chine. Publié par “Foreign Investment Advisory Service (FIAS)” et “Business for Social Responsibility (BSR)”, le rapport examine la manière dont les fournisseurs, la clientèle, les gouvernements et les ONG locales contribuent à l’hygiène sociale et environnementale générale dans le secteur des TIC. Il présente aussi des recommandations pour des améliorations. L’information est basée sur des réunions avec diverses agences gouvernementales à Shenzhen et Beijing, avec des agences du travail et de l’environnement, et également avec la Fédération pan-chinoise des syndicats (ACFTU). En outre, l’équipe chargée de la recherche pour le rapport a visité 15 fournisseurs et a eu des entretiens avec six autres fournisseurs après le retour de la mission. Le report se trouve en version anglaise et chinoise sur le site web de la FIOM où il peut être téléchargé : http://www.imfmetal.org/china

Ordre donné aux sidérurgistes bosniaques de reprendre le travail

BOSNIE: 3.300 sidérurgistes de la plus grande aciérie de Bosnie, Mittal Steel Zenica, qui s’étaient mis en grève le 1er août, ont reçu l’ordre de reprendre le travail deux jours plus tard sur décision du tribunal municipal qui juge que toutes les conditions légales n’ont pas été remplies avant le lancement de l’ordre de grève. Des membres du syndicat des métallurgistes (TUM) ont déclenché la plus grande grève en Bosnie depuis la guerre de 1992-95, à la suite de la rupture des pourparlers pour une convention collective qui avaient débuté en juin. Les revendications du personnel portent sur un relèvement du salaire minimum horaire qui est actuellement de 2 marka bosniaques à 2,50 marka (1,83 USD). Le syndicat demande aussi des primes de travail de nuit et en heures supplémentaires, conformément aux accords collectifs dans la région. Le tribunal a contesté l’argumentation de la direction selon laquelle la grève devait être déclarée “injustifiée”, ce qui donne la possibilité au syndicat de corriger les illégalités et de reprendre la grève. ” La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie soutient sans réserves les sidérurgistes de Mittal Steel Zenica dans leur lutte pour un salaire décent et une amélioration des conditions,” déclare Marcello Malentacchi, secrétaire général de la FIOM. “Il est clair que par leur dur travail et leurs compétences, les travailleurs ont rendu cette usine extrêmement productive et rentable, et pourtant l’entreprise refuse de partager les fruits du travail accompli.” L’usine Mittal Steel Zenica qui appartient au plus grand producteur d’acier du monde, Arcelor Mittal, possède une capacité de production annuelle de 800.000 tonnes de métal.

Ford annonce des réductions de postes en Australie

AUSTRALIE: Confirmant les pires craintes des travailleurs/euses et de leurs syndicats, Ford Australie a annoncé le 18 juillet son intention de cesser la production du moteur six cylindres dans son usine à Geelong en 2010. L’usine, l’une des installations Ford les plus anciennes, en service depuis 1925 à Geelong, produit un moteur six cylindres en ligne de conception locale, utilisé dans ses véhicules Falcon Ute et Territory. Selon l’affilié australien de la FIOM, Manufacturing Workers’ Union (AMWU), l’annonce de 600 pertes d’emplois n’aura pas seulement un impact sérieux sur les travailleurs/euses de Ford et leurs familles, mais provoquera aussi la disparition d’au moins 3.500 autres emplois dans les industries locales de pièces d’automobiles et de services. Parmi les raisons invoquées par l’entreprise pour justifier la fermeture de l’usine, il faut citer le faible volume des ventes, la hausse du dollar australien, l’introduction de normes plus strictes pour les émissions de gaz d’échappement et une baisse des tarifs douaniers pour les importations de voitures de 10 pour cent actuellement à 5 pour cent en 2010. “Le gouvernement fédéral devrait engager directement un dialogue au siège de Ford pour négocier un train de mesures destiné à sauver ces emplois, et à long terme il devrait se réveiller et commencer à soutenir l’industrie australienne de fabrication par une aide à la recherche/développement et une révision de nos accords tarifaires et de libre-échange”, déclare Dave Oliver, secrétaire national de l’AMWU.

KMWU met fin à une semaine de grèves

CORÉE DU SUD: Environ 22.000 membres du syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) ont déclenché des grèves tournantes de deux à six heures durant la période du 18 au 24 juillet pour exiger des améliorations en matière de salaire minimum, de négociation collective, de relations commerciales avec les sous-traitants et de sécurité de l’emploi. L’accord a été conclu le 25 juillet. Les avantages obtenus sont les suivants: Le KMWU se positionne pour les négociations industrielles générales, mais quatre constructeurs automobiles, Hyundai Motor, Kia Motors, GM Daewoo et SsangYong Motor, qui représentent environ 60 pour cent d’un effectif de 143.000 membres, ont refusé de prendre part aux discussions récentes par peur d’une “double négociation”.

Les propositions OMC NAMA sont mauvaises pour le développement

MONDE: Les syndicats sont opposés aux nouvelles propositions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les produits manufacturés qui ont été faites la semaine dernière, car le nouveau “coefficient” applicable aux pays en développement aurait un impact sérieux sur l’emploi et le développement durable. Dans une déclaration conjointe de 12 pays d’Amérique latine et d’organisations syndicales régionales dont le bureau régional de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), et dans une déclaration précédente de la Confédération syndicale internationale (CSI), les syndicats expriment leur opposition au nouveau texte qui leur est proposé. La proposition, présentée le 17 juillet par le président du Groupe sur l’accès au marché pour les produits non agricoles (NAMA), conduirait à une réduction moyenne des tarifs douaniers d’environ 60 pour cent pour les pays en développement, ce qui porterait le niveau tarifaire moyen à 12 pour cent, un niveau si bas qu’il compromettrait les perspectives de développement industriel dans de nombreux pays en développement. En outre, les flexibilités tarifaires proposées qui devraient permettre aux pays en développement de protéger et développer des secteurs spécifiques à forte intensité de main-d’œuvre, comme le textile et l’habillement, le cuir et la chaussure, le plastique, le papier, le caoutchouc, les métaux, l’automobile et l’ameublement, sont si minimes qu’elles n’assureraient qu’une protection de l’emploi très faible à une main-d’œuvre vulnérable, ce qui ne ferait que réduire encore les perspectives de développement. “La coupure entre les discussions sur les stratégies de développement et la création de travail décent dans les pays en développement d’une part et les propositions NAMA de l’autre est énorme et ne peut pas permettre d’obtenir un résultat favorable au développement dans les négociations de Doha,” déclarent les syndicats. La déclaration conjointe des syndicats latino-américains se trouve sur le site web de la FIOM à l’adresse suivante: http://www.ituc-csi.org/spip.php?article1322

UAW entame des négociations contractuelles

ÉTATS-UNIS: Le coup d’envoi des négociations collectives nationales entre United Auto Workers (UAW) et les ” Trois Grands” de l’automobile aux États-Unis, a été donné le 20 juillet à Detroit, Michigan. Les contrats de quatre ans actuellement en vigueur, qui concernent plus de 720.000 membres de l’UAW en activité ou retraités, prendront fin le 14 septembre 2007 à minuit. Le président de l’UAW Ron Gettelfinger et ses équipes de négociation ont eu une réunion avec Chrysler le 20 juillet et avec General Motors et Ford le 23 juillet. Des membres en activité ou retraités de l’UAW venus par cars entiers se sont rassemblés devant le Centre des ressources humaines UAW-GM pour marquer cette journée et montrer leur fierté syndicale. Lors d’une conférence de presse après la réunion avec Chrysler, Gettelfinger a déclaré aux journalistes, “Nous entreprenons ces négociations comme nous le faisons pour chaque négociation, ce qui veut dire que nous cherchons à défendre les intérêts de nos membres en activité et retraités,” en notant que “la sécurité de l’emploi est très importante pour nous, et l’industrie automobile américaine est très importante pour ce pays. C’est pourquoi, quand nous nous battons pour sauver des emplois, c’est dans l’intérêt de notre pays tout entier”.