Grève au chantier naval de Tuzla

TURQUIE: Limter İş et les travailleurs de la construction navale sur le chantier naval de Tuzla font grève aujourd’hui 16 juin pour protester contre les accidents et les décès au travail. L’action a été décidée après la mort de İhsan Turan, 35 ans, qui travaillait sur le chantier naval Selahattin Aslan et avait été grièvement blessé, le 8 juin, par la chute d’un amortisseur. Les accidents mortels sur les chantiers sont en augmentation et ont causé 25 décès au cours des 11 derniers mois.

Selon le quotidien Turkish Daily News, Cem Dinç, chef du syndicat des travailleurs du port, du chantier naval, de la construction et de la réparation des navires (Limter IS), a déclaré: "Les travailleurs, pour la première fois, font grève pour ne pas mourir", en ajoutant: "Bien que le dimanche soit un jour de congé obligatoire, nous travaillons les samedis et les dimanches. Si les règlements étaient appliqués, İhsan Turan serait encore avec nous aujourd’hui."

Limter İş syndique la main-d’œuvre et mène des campagnes depuis de nombreuses années contre les taux élevés d’accidents et de décès sur les chantiers navals. Depuis le début de l’année, 70 travailleurs ont été arrêtés après avoir participé à une grève pour protester contre les terribles conditions de travail.

La FIOM a envoyé un message de solidarité au syndicat Limter İş et suivra de près les événements pour soutenir le syndicat.

GM menace de fermer des usines

AMÉRIQUE DU NORD: General Motors a annoncé lors de sa réunion annuelle le 3 juin la fermeture de quatre usines de fabrication de véhicules utilitaires employant 10.000 personnes en Amérique du Nord.

GM a déclaré qu’elle cesserait la production de véhicules utilitaires dans ses usines d’Oshawa, Canada, et de Toluca, Mexique, ainsi que dans les usines américaines à Moraine, Ohio, et Janesville, Wisconsin. L’annonce est intervenue à un moment de chute des ventes de camionnettes et de véhicules utilitaires sport (SUV), et GM a prévu de réduire d’un milliard USD ses coûts structurels d’ici à 2010.

Les syndicats CAW, UAW et IUE-CWA luttent contre la fermeture des usines et agissent pour protéger les travailleurs/euses et leurs familles dans les collectivités touchées. Les syndicats à l’extérieur de l’Amérique du Nord ont également envoyé des lettres de solidarité aux travailleurs touchés par la menace de fermetures.

La réponse à la restructuration de l’industrie automobile dans le monde est la principale question qui sera examinée par les syndicats représentant la main d’œuvre employée dans cette industrie dans le monde à la réunion du Conseil mondial de l’automobile de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie qui se tient la semaine prochaine à São Paulo.

Lutte des travailleurs pour la sécurité au travail sur les chantiers navals coréens

CORÉE DU SUD / SINGAPOUR: Le syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) signale que l’année dernière, les accidents du travail dans la construction navale ont coûté la vie à 15 personnes. Cinq des décès ont eu lieu cette année, le plus récent s’est passé le 22 mai dans un accident de chariot élévateur sur le chantier naval Daewoo.

À un moment où les employeurs dans le secteur de la construction navale coréenne réalisent des profits élevés dans une industrie en pleine expansion, la main-d’œuvre qui produit la richesse et alimente cette croissance industrielle est la victime de ces accidents mortels du travail en raison de l’attention insuffisante portée à la santé et à la sécurité sur les chantiers de construction navale.

Le syndicat affirme que cette situation est le résultat de la déréglementation des normes minimums de santé et de sécurité décidée par le gouvernement coréen et d’avoir cédé la responsabilité de l’inspection de la santé et de la sécurité sur le terrain lors de l’adoption du "système autonome de gestion de la sécurité dans le secteur de la construction navale". Le problème s’est trouvé aggravé par l’emploi de plus en plus courant d’une main-d’œuvre en sous-traitance, ce qui rend difficile pour le syndicat de donner une bonne formation de sécurité à cette main-d’œuvre.

Les participants à la réunion du groupe d’action de la FIOM sur la construction navale qui a eu lieu à Singapour en avril 2008 ont exprimé leurs préoccupations sérieuses sur la situation dans le domaine de la santé et de la sécurité sur les chantiers navals coréens.

Le groupe d’action de la FIOM sur la construction navale a décidé de se servir de l’occasion donnée par le XVIIIe Congrès mondial de l’OIT sur la sécurité et la santé au travail, qui a lieu cette année du 29 juin au 2 juillet en Corée, pour chercher à organiser une rencontre entre le gouvernement, les employeurs de la construction navale et des représentants de l’OIT pour discuter de cette question, inverser la tendance actuelle et renforcer les systèmes de réglementation de santé et de sécurité afin de défendre efficacement le droit à la vie et à la santé des personnes employées sur les chantiers navals en Corée.

Sortie du dernier numéro de Metal World

MONDE: Les salariés et les syndicats ont été choqués au début de l’année quand la direction de Nokia a annoncé sa décision de fermer son usine à Bochum, Allemagne, d’ici la fin juin 2008. L’article de Metal World, Nokia: "Solidarity doesn’t work by pushing a button" (la solidarité ne consiste pas à appuyer sur un bouton), rend compte des évènements qui se sont déroulés dans l’usine, de leur impact sur les salariés et de la réponse des syndicats à cette fermeture.

Un autre article de Metal World contient une analyse en profondeur de la manière dont les syndicats se sont unis pour obtenir une modification de la législation australienne du travail, et décrit la stratégie qui a conduit au succès de la campagne syndicale Your Rights at Work (Vos droits dans le travail), dont le rôle a été déterminant pour obtenir un changement de gouvernement à la fin de l’année dernière.

Dans le prolongement de la Nuit du court métrage sur le travail, organisée le Premier Mai à Genève par la FIOM et le mouvement syndical international, la cinéaste militante Anne Lewis parle de l’art de conter une histoire et recommande aux syndicats de développer des partenariats avec des cinéastes pour réaliser des films encore plus efficaces sur le travail.

Metal World contient également toutes les dernières nouvelles et des photos de la FIOM et de ses affiliés dans le monde.

Le magazine peut être téléchargé en pdf sur le site web de la FIOM en anglais (des éditions en russe et en japonais suivront) ou obtenu en version imprimée en envoyant une demande d’abonnement à: [email protected].

Fin de la grève chez American Axle

ÉTATS-UNIS: Les membres de United Auto Workers (UAW) sur cinq sites de fabrication de l’entreprise American Axle dans le Michigan et New York ont voté, le 22 mai, par une majorité de 78 pour cent, en faveur de la ratification d’un nouvel accord collectif quadriennal, mettant fin à une grève de trois mois. L’accord couvre 3.650 salariés.

Selon la presse, l’accord implique des rachats avec réduction des salaires, un gel du régime de retraite et la fermeture de trois usines, entraînant des réductions de coûts structurels d’environ 300 millions USD par an.

"Nos membres ont dû prendre des décisions difficiles pour eux-mêmes et leurs familles", a déclaré le Président de UAW Ron Gettlefinger.

L’accord a été réalisé à un moment de baisse des ventes de camionnettes et de véhicules utilitaires sport (SUV). Néanmoins, le directeur général de American Axle, Richard Dauch, a reçu l’an dernier 10,2 millions USD d’indemnités.

Fournisseur de pièces d’automobiles basé à Detroit, American Axle a été créé en 1994 à l’époque où General Motors s’est défait de cinq usines aux États-Unis. L’an dernier, le fournisseur de pièces a déclaré 37 millions USD de bénéfices.

ArcelorMittal et des syndicats signent un accord mondial innovant sur la santé et la sécurité

LUXEMBOURG: Cet accord, unique en son genre dans l’industrie sidérurgique, reconnaît le rôle capital que jouent les syndicats dans l’amélioration de la santé et de la sécurité. Il établit des normes minimales dans chaque site opérationnel de la société afin d’atteindre des performances de classe mondiale. Ces normes comprennent notamment l’engagement de créer des comités direction-syndicats pour les questions de santé et de sécurité, ainsi que des programmes de formation et d’éducation qui se proposent d’avoir un impact significatif sur l’ensemble des questions de santé et de sécurité dans la société.

Cet accord prévoit aussi la création d’un Comité Mondial Santé Sécurité direction-syndicats qui sélectionnera des usines afin de les aider à continuer d’améliorer leurs performances santé et sécurité.

L’accord a été signé le 3 juin par ArcelorMittal, Fédération Européenne des Métallurgistes, United Steelworkers et la Fédération Internationale des Métallurgistes.

Lakshmi Mittal, Président et CEO d’ArcelorMittal, a déclaré : « Cet accord se fondera sur le travail que nous avons déjà réalisé dans la société à ce jour. La santé et la sécurité sont nos priorités absolues et en signant cet accord, nous espérons établir un nouveau modèle pour l’industrie. L’innovation et notre propension à prendre des décisions audacieuses sont au coeur de notre réussite. Nous sommes heureux de nous rapprocher de nos partenaires syndicaux pour appliquer cette même philosophie à notre approche de la santé et de la sécurité».

Peter Scherrer, Secrétaire Général de la Fédération Européenne des Métallurgistes, a expliqué : « Nous nous réjouissons de transformer cet accord en bien plus qu’un simple bout de papier : en une réalité. Le dialogue social et le respect mutuel sont le fondement de toute initiative réussie et cet accord inclut ces principes».

Leo Gerard, Président international de United Steelworkers, a ajouté: « La signature de cet accord doit montrer aux autres sociétés du secteur que les syndicats sont la solution aux problèmes de santé et de sécurité, et non pas leur cause. La santé et la sécurité sont la principale préoccupation des travailleurs. C’est une grande satisfaction pour nous d’avoir pu appliquer cette approche au sein de la première société sidérurgique mondiale».

Marcello Malentacchi, Secrétaire Général de la Fédération Internationale des Métallurgistes, a dit en conclusion : « Par la signature de cet accord nous démontrons notre engagement en vue d’un impact significatif sur les normes actuelles en matière de santé et de sécurité dans la société.

La réussite ou l’échec de cet accord dépendront de notre engagement commun en vue d’atteindre notre objectif que chaque travailleur, quel que soit son poste au sein de la société, puisse retourner à la maison sain et sauf après sa journée de travail».

Les affiliés se préparent à agir contre l'emploi précaire

JAPON: Les préparatifs en vue d’une mobilisation mondiale des affiliés contre l’emploi précaire en septembre et octobre étaient au centre des travaux de la réunion du Comité exécutif de la FIOM, qui s’est tenue à Kyoto, Japon, les 20 et 30 mai.

Les participant(e)s à la réunion ont rendu compte des différentes actions en cours de préparation dans les différents pays et régions du monde pour la semaine mondiale d’action contre l’emploi précaire qui aura lieu du 30 septembre au 7 octobre.

Les participant(e)s ont été accueilli(e)s par Nobuaki Koga, secrétaire général de la Confédération japonaise de syndicats (Rengo), qui a parlé de l’augmentation massive du nombre de personnes occupant des emplois précaires au Japon qui conduit à un élargissement du fossé qui sépare les salariés en matière de conditions de travail. La croissance économique et les droits des salariés en Asie ont été de nouveau soulignés dans l’exposé présenté par le professeur Ken’ichi Yasumuro.

Le Comité exécutif a également adopté un document de travail sur les fédérations syndicales internationales et l’avenir du mouvement syndical international, qui définit la vision à long terme de la FIOM pour le renforcement du mouvement syndical international.

Berberi Tahar, secrétaire général de la FGME-UGTT en Tunisie a été accepté comme nouveau membre du Comité exécutif.

La solidarité internationale avec les mineurs mexicains continue

MONDE: Ces deux derniers mois, des affiliés de la FIOM en Europe et sur le continent américain ont entrepris une série d’actions visant à soutenir la lutte du syndicat mexicain des mineurs pour l’indépendance syndicale.

Au Mexique, la plus grande entreprise d’exploitation minière du pays, Grupo México, et le gouvernement mexicain, d’abord sous le Président Fox et maintenant sous le Président Calderón, ont enfreint systématiquement et à maintes reprises la législation mexicaine et les normes internationales pour tenter d’écraser le syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM).

La FIOM et ses affiliés demandent au gouvernement mexicain:

Dans le cadre de ses actions de solidarité pour soutenir le syndicat, la FIOM a publié le 23 avril 2008 "Une attaque contre l’un d’entre nous est l’affaire de tous: Les mineurs et les métallurgistes mexicains défendent l’autonomie de leur syndicat", un livre blanc et un documentaire de 18 minutes sur DVD concernant les abus contre les droits de la personne et les droits syndicaux au Mexique. Depuis la publication de ces documents, des syndicats du monde entier ont pris une série de mesures pour continuer de manifester leur appui au syndicat mexicain des mineurs.

Argentine:

En Argentine, les affiliés de la FIOM ont écrit au Congrès national pour dénoncer la situation au Mexique. Avec le soutien de plusieurs membres du Congrès, la question est maintenant à l’ordre du jour du Congrès pour examen.

Brésil:

Au Brésil, CNM-CUT a publié le livre blanc et le DVD de la FIOM sur son site web et dans des publications. En outre, le syndicat a envoyé des copies du livre blanc et des lettres aux membres du Parlement pour leur demander d’aborder la question avec l’ambassadeur du Mexique. Le syndicat a également envoyé des communiqués à la presse locale au sujet de ces actions.

FEM:

En Europe, la Fédération européenne des métallurgistes a demandé à Erika Mann, membre du Parlement européen, de soulever la question au Sommet de Lima. La lettre de la FEM est publiée sur le site web de la FIOM.

FIOM:

Sur le plan international, la FIOM a lancé le 23 avril 2008 "Une attaque contre l’un d’entre nous est l’affaire de tous: Les mineurs et les métallurgistes mexicains défendent l’autonomie de leur syndicat", un livre blanc et un documentaire de 18 minutes sur DVD concernant les abus aux droits de la personne et aux droits syndicaux au Mexique, en collaboration avec le syndicat mexicain des mineurs. La FIOM a présenté le DVD à la Nuit du court métrage sur le travail, organisée le Premier Mai à Genève, et a publié les documents sur son site internet et diffusé des copies à ses affiliés. En outre, la FIOM a écrit aux commissaires européens et à des membres du Parlement européen pour leur demander de soulever cette question au Sommet UE / ALC au Pérou. Les lettres sont publiées sur le site web de la FIOM.

Allemagne:

En Allemagne, IG Metall a écrit au ministre des Affaires étrangères et à des membres du ministère des Affaires étrangères pour demander que le gouvernement se penche sur la situation au Mexique et soulève la question avec le gouvernement mexicain.

Mexique:

Le syndicat mexicain des mineurs a tenu une conférence de presse le 23 avril pour appeler à mettre fin à la répression contre le syndicat des mineurs, en commémoration du deuxième anniversaire de l’assassinat de deux sidérurgistes en grève, abattus par les forces de sécurité mexicaines à Lazaro Cardenas, Mexique.

Espagne:

En Espagne, la Federation Minerometalúrgica de Comisiones Obreras (FMCO) a recueilli les signatures de travailleurs/euses pour une pétition demandant la remontée des corps des mineurs ensevelis lors de l’accident de Pasta de Conches.

Pérou:

Au Sommet des peuples organisé au Pérou du 13 au 16 mai, parallèlement au Ve sommet UE — ALC qui réunissait des chefs d’État et de gouvernement de l’ALC, la Confédération nationale des femmes mineurs du Pérou (CNMM) et le Syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM) ont montré la répression et le harcèlement dont sont victimes les mineurs mexicains. Le documentaire "Une attaque contre l’un d’entre nous est l’affaire de tous" a été présenté et des exemplaires du livre blanc de la FIOM ont été distribuées. Pour plus d’informations, cliquez ici.

Royaume-Uni:

Au Royaume-Uni, une Early Day Motion (motion renvoyée à un jour prochain) d’appui à Napoléon Gomez et au syndicat mexicain des mineurs a été présentée au Parlement avec le soutien de 38 députés. En outre, la Communauté a écrit au ministre des Affaires étrangères David Miliband, avec copie au Premier ministre Gordon Brown, pour appeler le gouvernement britannique à exprimer ses préoccupations sur la situation au Mexique auprès du gouvernement mexicain. Le texte de la Early Day Motion est publié sur le site web de la FIOM.

États-Unis et Canada:

Aux États-Unis, le syndicat United Steelworkers (USW) a organisé des réunions avec Hispanic Congressional Caucus (groupe hispanique du Congrès), rencontré les ambassadeurs du Mexique et envoyé des délégations au Mexique pour une conférence de presse tenue le 23 avril. Une délégation du USW a également assisté au Congrès du Syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique, et 12 femmes de membres du USW sont allées en mission à Cananea pour soutenir les grévistes.
Le 13 mai, USW a annoncé la création d’un site sur le web chargé de diffuser des informations sur les pratiques en vigueur de Grupo Mexico. La page web, qui se trouve sur http://www.therecordspeaksforitself.com/, contient des liens menant à des sites permettant au public d’apprendre comment Grupo Mexico se conduit envers son personnel, au plan national comme à l’étranger, de même que dans le domaine de l’environnement, et la manière dont il mène ses opérations.

Protestations à Prague contre des réformes sociales néfastes

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE: Des syndicalistes organisent un rassemblement devant le siège du Premier ministre à Prague, le 28 mai et les 2 et 9 juin, pour protester contre le programme de réformes néolibérales qui balaie la République tchèque. Des meetings porteront notamment sur la réforme du système de retraite qui prévoit de repousser l’âge de la retraite à 65 ans sans tenir compte des conditions de travail et des différences entre les catégories de travailleurs/euses. Des discussions traiteront aussi des effets néfastes des réformes actuelles et de la baisse des salaires réels dans l’éducation et le secteur public.

Les manifestations organisées par la centrale syndicale CMKOS et ses sections industrielles, notamment l’affilié de la FIOM, OS KOVO, font suite à un rassemblement identique de membres qui eut lieu le 21 mai pour protester contre la réforme proposée du système de soins médicaux et les effets irréversibles d’une privatisation.

Le Conseil exécutif du CMKOS a lancé pour le 24 juin un ordre de grève d’avertissement d’une heure dans toute la Confédération.

Les syndicats mettent en garde contre le fait que le gouvernement tchèque, en plein accord avec les politiques du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce, est en faveur d’une libéralisation totale, d’une déréglementation et en fin de compte d’une privatisation des services du secteur public, en privilégiant des règles du marché unique au détriment des droits sociaux et syndicaux.

Dans une déclaration appelant à soutenir son action, le Conseil exécutif du CMKOS affirme qu’"en plus d’être responsable de la baisse des salaires réels dans l’éducation, les services médicaux et l’ensemble du secteur public, le gouvernement envisage de s’attaquer au Code du travail et aux droits syndicaux"

La FIOM a envoyé à son affilié OS KOVO une lettre dans laquelle elle exprime sa solidarité.

L'accident survenu à la mine de Casapalca est clarifié (Pérou)

PÉROU: En février 2008, la Confédération nationale des femmes mineurs du Pérou (CNMM) a signalé à la FIOM un accident dont les deux victimes étaient des travailleurs sous contrat temporaire avec l’entreprise minière Casapalca Mining Company. L’accident paraissait grave, mais on ne savait rien sur l’état de santé et le lieu où se trouvaient les travailleurs.

Le CNMM a donc demandé au gouvernement péruvien de procéder à une enquête serrée sur l’accident, et de connaître les noms et l’état de santé des victimes, ainsi que les causes de l’accident et les responsabilités de l’entreprise.

L’enquête qui a duré deux mois a permis d’obtenir des résultats concrets. Casapalca S.A. a dû donner l’identité des travailleurs (Alfredo Casas Orihuela et Leonoj Ever Poma Huaroc) et les noms des entrepreneurs concernés (Minera Ramírez S.A.C. et Cía. Minera Londres S.A.). Il a été alors possible d’obtenir des détails sur l’identité et l’adresse des travailleurs, et d’exercer des pressions sur les entreprises pour qu’ils bénéficient de soins médicaux et des prestations d’assurance contre les accidents du travail.

À la fin du mois de mars, le médiateur est intervenu officiellement dans l’enquête, et des visites ont été effectuées aux domiciles des deux travailleurs. L’épouse d’Alfredo Casas dit que son mari est en cours de rééducation dans la ville de Huancayo, et que l’entrepreneur Minera Londres (le même propriétaire que pour Casapalca Mining Company) avait réglé toutes les prestations de maladie et une indemnisation, et promis de le reprendre dans l’entreprise à un nouveau poste (du fait que ses blessures sont moins graves).

L’épouse de Leonoj Ever Poma Huaroc dit que son mari suit une rééducation intensive pour se remettre de son traumatisme des extrémités inférieures et de l’avant-bras. Elle dit que l’entrepreneur, Minera Londres, couvre les frais de son séjour à Lima et avait réglé les prestations de maladie et une indemnisation.

Le CNMM croit que l’enquête a forcé Casapalca à reconnaître sa responsabilité pour l’accident. L’affaire a été examinée par le co-procureur provincial de Huarochirí où l’enquête a lieu, lequel tentera de déterminer les causes de l’accident et les responsabilités des entreprises concernées.

La mine de Casapalca est située dans les collines de Lima à plus de 3800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle exploite des gisements d’argent, de zinc, de plomb et de cuivre.