Poursuite du lock-out à l'usine d'emballages Mayr-Meinhof

ROYAUME-UNI : Unite a monté une campagne contre la firme viennoise de papier, carton et emballage essentiellement parce qu’au cours de la négociation, Mayr-Meinhof est revenue sur ses engagements et a sensiblement revu à la baisse les conditions et réduit les indemnités de licenciement fixées de commun accord dans de précédentes consultations.

Pendant les négociations qui se sont tenues le 29 février puis le 3 mars, la direction avait proposé un fonds social pour combler l’écart entre les sommes versées lors des licenciements de 2008 et de 2010, mais avec des montants inférieurs. Mais ce fonds social aurait été laissé à sa discrétion, en fonction de critères subjectifs fixés unilatéralement par l’entreprise, ce qui est caractéristique de la position adoptée par Mayr-Meinhof tout au long de ces négociations de 2012.

Le 10 février, les travailleurs de Bootle, dans le Merseyside, ont entamé en toute légalité des grèves tournantes de six heures pour protester contre l’intransigeance de Mayr-Meinhof, les arrêts de travail se succédant de 6 heures à midi et de midi à 18 heures. Le 18 février, la direction a procédé à un lock-out et entamé des préparatifs en vue de sortir les machines et la production de l’usine.

Les travailleurs ont alors pénétré dans l’usine et occupé les locaux afin d’empêcher le déménagement. Malgré plusieurs séances de négociation qui se sont tenues depuis, Mayr-Meinhof refuse systématiquement tout compromis réaliste proposé par Unite et le lock-out se poursuit.

Le syndicat a porté le conflit à la connaissance des travailleurs de la Division emballages de Mayr-Meinhof en Allemagne et l’ICEM a lancé un appel à une Action de solidarité auquel vous pouvez répondre en cliquant ici. Les syndicalistes de la Division carton de l’entreprise, que représente notre affilié autrichien Pro-Ge, ont attiré l’attention sur l’antisyndicalisme manifesté par la direction britannique dans les huit usines de papier que Mayr-Meinhof compte en Europe et Pro-Ge a également protesté avec véhémence auprès du P-DG Wilhelm Hoermansedar.

Entretemps, Unite prépare un scrutin de grève à l’autre usine d’emballages de Mayr-Meinhof au Royaume-Uni, située à Deeside, dans le nord du Pays de Galles, parce que la direction propose maintenant des conditions de licenciement inférieures à ce qui avait été convenu précédemment. L’usine de Bootle produit des emballages alimentaires allant des sachets à thé à des sacs pour céréales de petit-déjeuner et pour aliments pour animaux domestiques, son plus gros client étant la firme Kellogg.

Pour les JO en 2012, Londres signe un accord avec la campagne Playfair 2012

MONDE: Le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Londres (LOCOG) a signé un accord avec la campagne Playfair 2012 qui marque une étape importante pour la protection des droits des travailleurs et travailleuses de ses chaînes d’approvisionnement, à la suite d’un rapport publié par Playfair sous le titre "Toying with Workers’ Rights" (Jouer avec les droits des travailleurs/euses).

Pour son rapport, Playfair a enquêté sur les conditions de travail dans deux usines en Chine qui fabriquent les mascottes olympiques, Wenlock et Manderville, et les badges London 2012. Les chercheurs qui travaillaient clandestinement dans l’usine ont pu détecter plusieurs infractions aux droits des travailleurs et travailleuses: salaires de misère, nombre excessif d’heures supplémentaires, travail des enfants, contrats inéquitables, absence de formation sur la santé et la sécurité, interdiction d’adhérer à un syndicat et preuves de fraudes sur les vérifications. Le rapport a déterminé plusieurs infractions exposées plus en détail ici.

L’accord signé entre le Congrès des syndicats (TUC) au nom de la campagne Playfair 2012, et le LOCOG, engage les organisateurs à prendre des mesures concrètes pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses. Ces mesures se basent sur des revendications pour la campagne Playfair 2012 qui portent sur les points suivants:

Les actions du LOCOG visant les initiatives à prendre pour mettre en pratique l’accord seront déterminantes pour obtenir une véritable amélioration des conditions des travailleurs et travailleuses dans les usines qui produisent des marchandises pour les JO de Londres en 2012.

La FIOM signe un accord-cadre international avec MAN

MONDE: Le 6 mars 2012, le Conseil de direction du groupe MAN SE, les représentants du Comité d’entreprise de MAN SE et la FIOM ont signé une déclaration commune sur les droits de la personne et les conditions de travail dans le groupe MAN. L’accord définit un modèle fiable de normes de travail minimums auquel les salariés de MAN sur tous les sites de l’entreprise dans le monde peuvent se référer, tout en jetant les bases éthiques pour les actions de l’entreprise et de son personnel.

À cette occasion, Jörg Schwitalla, directeur des ressources humaines de MAN SE a fait le commentaire suivant: “Pour réussir, une entreprise doit partager des valeurs et cultiver un respect mutuel. Cet accord nous offre un point d’ancrage pour développer une conduite socialement responsable dans la culture et la gestion de l’entreprise, tout en offrant à la main-d’œuvre le soutien nécessaire pour mener des actions”.

En confirmant ces paroles, Berthold Huber, président de IG Metall et président de la FIOM a déclaré : “L’accord présente un intérêt commun pour les valeurs sociales dans l’industrie et la nécessité d’une réglementation dans l’intérêt de la main-d’œuvre, non seulement en Allemagne, mais dans le reste du monde. Dans une économie mondialisée, les droits des salariés doivent être partout respectés. Nous nous engageons aujourd’hui dans une étape concrète visant ce but”.  

Jürgen Dorn, président du Comité d’entreprise du groupe MAN, a ajouté: “L’accord-cadre international permet à nos collègues et aux personnes représentant leurs intérêts dans le monde, d’encourager de nouvelles améliorations dans leurs conditions de travail. C’est seulement dans des conditions de travail idéales et une reconnaissance mutuelle que des réussites financières durables pourront être obtenues au bénéfice de la main-d’œuvre et de l’entreprise”.

La négociation de l’accord a débuté l’année dernière. Les deux parties estiment que la responsabilité sociale et la capacité de concurrence sont mutuellement dépendantes. L’accord se base sur les principes contenus dans les conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT), mais également sous un angle propre aux parties. La déclaration vise à refléter des cultures différentes et une diversité dans les concepts moreaux de société. Conformément à l’accord, la direction du groupe rendra compte annuellement de l’application des principes contenus dans l’accord et organisera un débat avec tous les parties concernées.

Le groupe MAN est l’une des principales entreprises d’ingénierie dans le transport, avec un chiffre d’affaires d’environ 16,5 milliards d’euros en 2011. MAN emploie environ 52.500 salariés dans le monde sur ses sites de production de camions, d’autobus et d’autocars, de moteurs diesels, de turbomachines et d’embrayages spéciaux.

Les travailleurs d'ArcelorMittal au Kazakhstan continuent de se battre pour de meilleurs salaires

KAZAKHSTAN: En octobre 2011, les mineurs et les métallurgistes d’ArcelorMittal Temirtau (Kazakhstan) avaient demandé une augmentation de 30 pour cent des salaires. Cinq mois plus tard, leur revendication n’a toujours pas été satisfaite. Le 25 février, les travailleurs et travailleuses ont organisé une conférence et décidé de manifester le 10 mars. Ils veulent également obtenir des modifications dans la législation au Kazakhstan, qui interdit les grèves dans les usines qui produisent en continu.

Selon la direction, la moyenne des salaires au premier semestre de 2011 était de 115.600 tenge (780 USD) au département de l’acier et de 128.700 tenge (870 USD) au département du charbon.

En octobre-novembre 2011, un conflit du travail se poursuivait chez ArcelorMittal Temirtau. Les syndicats ont alors proposé un compromis: les salaires seraient augmentés en plusieurs étapes, avec une hausse générale de 30 pour cent obtenue en juillet 2012. Cette offre a immédiatement été rejetée par l’employeur.

Le syndicat des métallurgistes Jaktau et le syndicat des mineurs Korgau ont déposé à trois reprises une demande d’autorisation auprès des autorités locales pour organiser une manifestation, mais chaque fois, leur demande a été rejetée.

À la suite de la proposition de Serik Akhmetov, maire (akim) de la zone de Karagandy, les négociations ont été reportées au 15 janvier 2012, en raison de la célébration du vingtième anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan, et également pour des élections extraordinaires aux organes représentatifs locaux.

Le 25 janvier, la direction a annoncé un réajustement salarial de 3,7 pour cent, égal seulement à 50 pour cent du niveau de l’inflation au Kazakhstan. Les syndicats ont présenté une nouvelle offre à la fin de janvier portant sur un réajustement complet (7,4 pour cent), une hausse de 10 pour cent des salaires et la signature d’un accord pour obtenir une augmentation de 30 pour cent des salaires en 2012.

Un autre compromis a été proposé à la conférence des travailleurs et travailleuses: un réajustement complet, une hausse salariale de 10 pour cent et la poursuite des négociations.

Les personnes qui ont pris la parole à la conférence ont signalé que les résultats de la production en 2011 étaient positifs, avec une production de tôle en augmentation de 7,7 pour cent.

Les délégué(e)s ont décidé d’entreprendre une action le 10 mars en présentant deux revendications urgentes: l’augmentation des salaires chez ArcelorMittal pour les métallurgistes et les mineurs, et l’introduction de modifications dans la législation du Kazakhstan qui interdit les grèves dans les usines qui produisent en continu.

“Nous avons le droit de revendiquer une hausse des salaires. Il est de fait que c’est nous, les sidérurgistes, les hauts-fournistes, les mineurs et les personnes chargées de la maintenance des puits, qui assurons la hausse continuelle de la production et des bénéfices, alors que nous travaillons avec des effectifs réduits, en heures supplémentaires et pendant les week-ends”, indique-t-on dans la résolution adoptée le 25 février par les délégué(e)s à la conférence.
ArcelorMittal Temirtau fait partie de la multinationale ArcelorMittal.

C’est la plus grande entreprise au Kazakhstan qui réunit une usine métallurgique à Temirtau, huit puits de mine dans la zone de Karagandy et quatre mines de minerai de fer dans les zones de Karagandy, Akmola et Kostanay. L’entreprise emploie plus de 42.000 salariés.

Les syndicats de 35 pays veulent obtenir une amélioration des droits au Mexique

MONDE/MEXIQUE: Des syndicats du monde entier ont envoyé des lettres, rencontré des représentants du gouvernement mexicain et organisé des réunions à des ambassades et des consulats du Mexique dans le monde, pour défendre la liberté syndicale et les droits syndicaux au Mexique. Les journées mondiales d’action ont eu lieu du 19 au 25 février, dans le cadre d’une campagne menée conjointement par la FIOM, l’ICEM, l’UNI, la FIOT et la CSI.

Plus de 40 syndicats de 35 pays ont pris part à cette action.

Des manifestations ont eu lieu à des ambassades et des consulats du Mexique à Séoul, Genève, Londres, Pretoria et dans des grandes villes aux États-Unis, notamment à Washington DC et Chicago. Au Japon, une action et une réunion conjointes à l’ambassade du Mexique sont prévues en mars.

Les syndicats ont demandé au gouvernement mexicain d’appliquer les recommandations du Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail, transmises en mars 2011, de mettre fin aux attaques contre les syndicats indépendants et de respecter les droits syndicaux reconnus au plan international.

La semaine d’évènements internationaux a débuté à Mexico par une veillée aux chandelles à la mémoire des mineurs tués à Pasta de Conchos le 19 février 2006. Une réunion de solidarité internationale a eu lieu le 21 février au Mexique. Des délégations ont eu de entretiens avec des représentants du gouvernement mexicain en Corée, au Royaume-Uni, en Suisse et en Norvège.

IndustriALL pour unifier les travailleurs de la chaîne mondiale d'approvisionnement

MONDE: Les syndicats des secteurs des mines, de l’énergie et de la fabrication industrielle dans le monde ont accepté d’unifier leurs effectifs au sein d’une nouvelle organisation syndicale mondiale pan-industrielle, appelée IndustriALL.

Réunis le 29 février au siège de l’Organisation internationale du Travail à Genève, plus de 200 dirigeant(e)s syndicaux/ales du monde entier ont évoqué les défis graves auxquels les travailleurs et travailleuses font face dans le climat politique et économique actuel. La volonté de détenir une plus grande force dans la chaîne mondiale d’approvisionnement est l’élément déterminant qui a mené à la création du nouveau syndicat mondial.

Le syndicat mondial pan-industriel — IndustriALL — représentera les travailleurs et travailleuses de nombreux secteurs, depuis l’extraction du pétrole et du gaz, les mines, la production et la distribution d’énergie électrique, jusqu’à la fabrication de métaux et de produits en métal, la construction navale, automobile et aérospatiale, l’ingénierie mécanique, l’électronique, les produits chimiques, le caoutchouc, les pâtes et papiers, les matériaux de construction, les textiles, les vêtements, le cuir et les chaussures, et les services environnementaux.

La nouvelle organisation réunira les affiliés de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) et de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC).

Les comités exécutifs de la FIOM, de l’ICEM et de la FITTHC ont examiné lors de leur réunion conjointe les avant-projets de Statuts et de Plan d’action de la nouvelle organisation, et ont approuvé le nouveau nom proposé — IndustriALL — et le logo.

La réunion conjointe a pris note des candidatures proposées pour la direction politique de la nouvelle organisation. La discussion a permis d’établir l’importance de désigner des femmes, tant à la direction politique que dans les structures représentatives du nouveau syndicat mondial, qui sera stipulée dans l’avant-projet des Statuts.

Le Congrès fondateur de la nouvelle organisation se réunira à Copenhague du 18 au 20 juin 2012. Les propositions concernant le nom, les Statuts et le Plan d’action feront l’objet de décisions au Congrès fondateur.

Les syndicats condamnent la violence chez Meister Sprimont en Belgique

BELGIQUE: Les syndicats belges ACV-CSC Metea et MWB-FGTB, aux côtés de l’organisation syndicale allemande IG Metall, condamnent fermement l’action violente antisyndicale qui a eu lieu le 26 février dans l’entreprise allemande Meister à Sprimont (Belgique).

Après une semaine d’action revendicative de la main-d’œuvre contre la décision de transférer la production en République tchèque, les salariés ont fait face à un raid terrifiant mené par des "agents de sécurité" allemands fortement armés pour déménager les équipements et le matériel de la filiale belge.

Par chance, les syndicats ont réussi à bloquer les camions et à obtenir l’intervention de la police. Les syndicats belges veulent clairement ne pas prendre part à ce type de "dialogue social" et condamnent fermement la violence à laquelle les travailleurs et travailleuses ont dû faire face. Alertés de la situation par les syndicats belges, IG Metall est intervenue immédiatement auprès de l’entreprise mère, Poppe + Potthof, pour exiger des sanctions contre les responsables, et a relayé l’information à la presse allemande.

Une enquête policière est en cours et une action en justice sera intentée contre l’entreprise, qui n’avait pas demandé l’autorisation d’intervenir dans un autre pays. Toutefois, ce n’est pas seulement cette infraction à la loi, mais le mépris total d’entreprendre des consultations que les syndicats belges condamnent.

Des travailleurs meurent sur les chantiers navals turcs

TURQUIE:  Selon les informations transmises par Asli Odman, spécialiste des questions de personnel employé dans la construction navale en Turquie au syndicat turc du port, des quais, de la construction et de la réparation des navires (Limter-İş), la véritable raison des deux explosions consécutives reste incertaine, mais le syndicat soupçonne qu’elles ont été causées par le stockage incorrect de matériaux inflammables. Quatre travailleurs, Ümit Damgaci, Kadir Soy, Ali Okur et Engin Yildiz, ont été grièvement blessés. Le plus jeune, Kadir Soy, est étudiant dans une école professionnelle technique. Dix jours après l’accident, le 14 février, Ümit Damgaci décédait à l’hôpital des suites de la gravité de ses blessures. Les autres restent hospitalisés.
 
Limter-İş a fait une déclaration à la presse, le 16 février, devant le NUH Industrial Path dans la zone de construction navale de Tuzla, dans laquelle il a dit que les accidents mortels sur les chantiers navals turcs ne cesseront pas tant que le personnel des chantiers navals n’aura pas un travail décent et des conditions normales de sécurité dans un cadre législatif. Le syndicat a ajouté que la sécurité sur le lieu de travail est encore considérée, avant tout, comme un facteur de coût dans l’industrie, qui refuse d’embaucher directement son personnel sur les chantiers, et se repose sur un système de travailleurs précaires, en sous-traitance, employés dans des conditions d’emploi illégales avec un taux très élevé de rotation de personnel.
 
“Le système d’embauche de personnel facilement remplaçable sur les chantiers navals mènera inévitablement à d’autres accidents mortels et à des blessures graves, sans même mentionner les effets à long terme des maladies professionnelles dans le secteur. Les accidents surviennent et continueront d’avoir lieu dans les nouvelles zones de construction navale de l’Anatolie, à moins d’introduire en Turquie ‘le système de travail stable et offrant une sécurité’ requis par la loi”, peut-on lire dans la déclaration de Limter-İş.
 
Entre 2002 et 2012, 104 travailleurs au moins sont morts sur les chantiers navals turcs, situés le plus souvent dans la grande zone de construction navale de Tuzla, au sud-est d’Istanbul.

CAW soutient le renforcement de la main-d'œuvre qualifiée au Canada

CANADA:  Plus de 180 travailleurs et travailleuses venus de tout le Canada se sont rassemblés à la conférence sur l’emploi qualifié des Autoworkers canadien (CAW-TCA) pour parler des qualifications nécessaires dans l’avenir. Au cours de la conférence, les participant(e)s ont exprimé avec force la nécessité d’avoir une politique industrielle au Canada qui soutienne les emplois dans l’industrie manufacturière et encourage l’investissement dans les emplois qualifiés. Beaucoup de délégué(e)s ont attiré l’attention sur le fait que plus de 400.000 emplois ont été perdus dans l’industrie manufacturière canadienne au cours des cinq dernières années.

Actuellement, les travailleurs et travailleuses s’inquiètent du fait que les entreprises et les gouvernements cherchent à réduire plutôt qu’à renforcer la qualité et le nombre de places en apprentissage, ce qui ne peut mener qu’à des pénuries de compétences. Au cours de la conférence, les délégué(e)s ont adopté 16 résolutions visant à répondre à ces préoccupations. Les résolutions portent sur les questions du taux d’embauche dans l’apprentissage, de la formation dans les nouvelles technologies et les emplois qualifiés, sur l’Accord économique et commercial global Canada-UE.

La conférence a également servi à préparer une grande série de négociations collectives chez les trois grands constructeurs automobiles (Ford, GM, Chrysler) qui commencera plus tard dans l’année. Les délégué(e)s étaient déterminés à assurer l’avenir de l’industrie automobile au Canada.

Peter Kennedy, secrétaire-trésorier de CAW, a déclaré aux délégué(e)s: "En examinant l’avenir, nous assistons à un changement majeur dans les effectifs de la main-d’œuvre qualifiée du fait qu’un grand nombre de nos membres possédant des compétences part à la retraite, ce qui donnera lieu à des pénuries de compétences. Ces pénuries marquent la nécessité d’avoir des possibilités dans le domaine de l’apprentissage, ce qui devrait forcer les gouvernements à faire les efforts nécessaires pour financer ces programmes".

Les emplois qualifiés constituent un élément crucial de l’économie canadienne, et le CAW-TCA à plus de 20 000 membres exerçant un emploi qualifié. Les membres sont employés aussi bien dans de grosses usines de montage que chez des centaines de fournisseurs de pièces, dans des usines de construction aérospatiale, mais aussi dans des ateliers d’outillage et de moulage, dans les mines, les ateliers de réparation de locomotives et d’automobiles, les chantiers navals, les soins de santé  et la vente au détail.

Rob Johnston, directeur exécutif de la FIOM, a informé les délégués: "Les emplois qualifiés sont à la base de toute réussite économique. Le CAW a établi le cadre d’une politique industrielle qui reconnaît ce fait. Mais le syndicat ne peut pas agir seul — le gouvernement et le patronat doivent également accepter leurs responsabilités".

Les délégué(e)s ont également pris connaissance d’études de cas sur des mécanismes de formation des compétences en Australie, au Royaume-Uni, au Japon, au Danemark et en Amérique du Nord. Les études de cas concernaient les fermetures d’usines, la formation des apprentis et l’établissement de compétences.

La FIOM exige la réintégration de syndicalistes chez Ricoh en Thaïlande

THAÏLANDE: Depuis trois ans que Ricoh a une usine en Thaïlande, les travailleurs et les travailleuses ont protesté régulièrement contre les bas salaires et les mauvaises conditions de travail. Après l’établissement d’un syndicat pour tenter d’engager des pourparlers avec l’entreprise de manière à faire aboutir les revendications, la direction de Ricoh en Thaïlande a répondu par le licenciement de 54 travailleurs et travailleuses qui militaient dans le syndicat sur un total de 724 salariés.

Parmi les infractions aux droits du travail chez Ricoh, nous pouvons citer:

La direction a décidé de licencier les membres du groupe chargé des négociations et les responsables et militant(e)s qui avaient signé une pétition, en donnant des justifications sans fondement aux licenciements de façon à cacher qu’il s’agissait d’une réaction de l’entreprise à des activités syndicales légitimes. Les personnes licenciées organisent maintenant des protestations devant l’usine. Les travailleurs et travailleuses qui ont gardé leur emploi subissent de fortes pressions de la direction pour ne pas adhérer au syndicat, et ont même été menacés de licenciement s’ils se joignaient aux protestations des personnes licenciées.

Le syndicat de Ricoh qui a été officiellement enregistré le 16 décembre 2011, est maintenant un affilié de la FIOM depuis qu’il a rejoint la confédération thaïlandaise des travailleurs des appareils électriques, de l’électronique, de l’automobile, et de la métallurgie (TEAM). TEAM a demandé à l’ambassadeur du Japon en Thaïlande d’intervenir dans cette affaire et de soutenir les travailleurs et travailleuses licenciés en portant l’affaire au Comité thaïlandais des relations de travail.

La FIOM demande à Ricoh de réintégrer immédiatement les 54 travailleurs et travailleuses et d’engager des négociations constructives avec le syndicat. La FIOM a également écrit au Pacte mondial pour attirer son attention sur les infractions de Ricoh aux principes qu’il a lui-même édictés. Ricoh est membre du Pacte mondial depuis 2002.