Nouvelle attaque contre l'autonomie syndicale au Mexique

MEXIQUE: Le Syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM) dénonce une nouvelle attaque du ministre du Travail contre l’autonomie syndicale, lequel refuse de reconnaître juridiquement Napoleón Gómez en tant que secrétaire général du syndicat. Le ministre prétend que Gomez est en fuite, et que de ce fait, ses droits sont suspendus.

Bien que le ministre du Travail, Javier Lozano, ait reconnu la validité de tous les accords conclus par la Convention générale ordinaire du syndicat, le syndicat déclare que "l’exception est la réélection de Gómez Urrutia et de son adjoint, Mario García Ortiz, et qu’il s’agit de toute évidence d’une attaque contre l’autonomie syndicale, selon l’article 123 de la Constitution, la Convention 87 de l’Organisation internationale du Travail et la loi fédérale sur le travail".

Javier Lozano fait valoir que le refus de la reconnaissance juridique de Napoleón Gómez est dû au fait que le dirigeant est en fuite et que tous ses droits sont donc suspendus. Il fait également valoir que le dirigeant est responsable d’une mauvaise gestion, qu’il n’est pas un mineur et qu’il ne peut pas occuper les fonctions s’il n’est pas présent dans le pays.

En réponse aux arguments de Lozano, le syndicat affirme qu’aucune autorité administrative n’est habilitée à interpréter les statuts syndicaux. "Les propos désinvoltes du ministre ne reposent sur aucune décision de justice sérieuse. Il ne devrait pas préjuger de la conduite du dirigeant syndical et devrait respecter le principe de la présomption d’innocence qui s’applique à tous les citoyens mexicains", rappelle le syndicat dans une déclaration.

Le syndicat dit ne pas accepter les propos du ministre du Travail quand il fait passer Gómez Urrutia pour un fugitif: "Napoleón Gómez Urrutia n’est pas une fuite, il effectuait une mission syndicale à l’étranger quand il a appris que des mandats d’arrêt avaient été lancés contre lui." Le syndicat a déclaré que son voyage au Canada était tout à fait légitime et que les autorités canadiennes lui avaient accordé un droit de séjour pour des raisons humanitaires, ce qui suggère implicitement qu’elles aient tenu compte du harcèlement sur des bases illégales dont il était la victime. En réponse à cette nouvelle menace contre le syndicat et la liberté syndicale, le syndicat a décidé d’accuser formellement le ministre du travail auprès du ministère public, au motif que son comportement constitue un abus de pouvoir. Le syndicat interjettera également appel auprès de ce qu’il considère comme les autorités réellement compétentes en vue d’obtenir la reconnaissance illégalement refusée à son dirigeant.

Les syndicats manifestent pour l'amélioration des conditions de travail

BOSNIE-HERZÉGOVINE: Plus de 8.500 personnes ont manifesté le 25 juin devant le siège du gouvernement fédéral à Sarajevo pour exiger l’amélioration des salaires. Les manifestants demandaient au gouvernement de:
La manifestation qui était organisée par l’Union des syndicats indépendants de Bosnie-Herzégovine bénéficiait de l’appui du syndicat des métallurgistes affilié à la FIOM (TUM).

Les syndicats signalent qu’à la suite de la manifestation, le Premier ministre du gouvernement fédéral de Bosnie-Herzégovine, Nedzad Brankovic, a déclaré qu’il démissionnerait de son poste s’il n’était pas en mesure de satisfaire les revendications d’ici à septembre 2008.

La FIOM a envoyé une lettre de solidarité au TUM dans laquelle elle soutient ses revendications

12e Conseil mondial de l'automobile de la FIOM à São Paulo

SÃO PAULO: Près de 200 délégué(e)s de 27 pays ont participé les 16-18 juin 2008 au 12e Conseil mondial de l’automobile de la FIOM pour examiner les principaux défis présentés par le processus de restructuration industrielle de toutes les entreprises du secteur de l'automobile. "Solidarité et développement durable — Réagir face à la restructuration de l'industrie automobile dans le monde", tel était le thème des débats au conseil où les délégué(e)s ont traité à la fois du renforcement en s'appuyant sur les réponses existantes, et de la présentation de stratégies novatrices.

Ron Gettelfinger, président de l'UAW et du Département de l’automobile de la FIOM, a déclaré dans son discours d’ouverture que "nous réussirons ou nous échouerons ensemble dans la réponse à la restructuration mondiale du secteur de l'automobile, en établissant une force syndicale sur le lieu de travail, dans nos structures politiques nationales respectives, et en exerçant notre influence sur le commerce international, les accords de développement et les politiques". Il a également tenu à souligner que "nous devons développer une piste pour établir une force syndicale auprès des principaux producteurs mondiaux d'automobiles et des fournisseurs."

En rappelant ce qui s’est passé dans le secteur au cours des dernières années, le secrétaire général de la FIOM, Marcello Malentacchi, a souligné que "la force des syndicats affiliés à la FIOM pour réagir et finalement protéger les intérêts des salariés touchés et leurs familles a énormément d'importance. Pourtant, les défis continuels présentés par la restructuration signifient qu’il reste beaucoup à faire pour obtenir des résultats socialement acceptables et équitables pour tous les salariés et leurs collectivités".

Les travaux du Conseil mondial de l’automobile ont porté sur trois thèmes principaux:
Pour faire face aux défis présentés par l’emploi précaire, les délégué(e)s ont demandé d’entreprendre de toute urgence une série d’actions industrielles, juridiques / politiques, et internationales, telles que l'extension des conventions collectives en vigueur et la pleine adhésion syndicale aux personnes occupant un emploi précaire, et la négociation avec les employeurs principaux. Parmi d'autres recommandations, citons l'organisation de campagnes de recrutement ciblées, certaines dispositions des accords-cadres internationaux, et une mobilisation pour la Journée mondiale d'action le 7 octobre.

Les délégué(e)s assistant au Conseil ont souligné l'importance de la syndicalisation pour répondre aux défis présentés par la concurrence dans l'approvisionnement, qui peut inclure des campagnes au niveau d’une entreprise ou d’un grand nombre d’usines. Les recommandations du conseil concernent également le fait que nous entendons renforcer la coordination transfrontalière en matière de négociation collective et utiliser de manière accrue les réseaux pour soutenir ces activités

Les délégués ont souligné que les travaux relatifs à la protection de l’environnement devraient faire l’objet d’une syndicalisation afin d’obtenir des emplois stables avec de bons salaires et la sécurité au travail, et que le développement, la production et l'utilisation de nouvelles technologies novatrices permettant d’obtenir des véhicules et des carburants propres font partie intégrante de l'évolution dans l'industrie. Le développement durable dans le secteur signifie une protection de l'environnement, des avancées en matière de santé et de sécurité dans la vie et le travail avec une base solide pour l'emploi et l'approfondissement des compétences de base.

En conclusion, Marcello Malentacchi a souligné que "lorsque nous parlons d’emploi précaire, nous ne visons pas à réformer l’emploi précaire ou tout simplement à le réglementer. L'objectif final est l'élimination de l’emploi travail précaire sous toutes ses formes. Nous avons besoin d'emplois permanents, bien rémunérés, des emplois où la sécurité est assurée et sur lesquels nous pouvons construire notre avenir".

Après la clôture de la séance du 17 juin, les délégué(e)s ont participé à un meeting de solidarité avec les salariés de l'usine de moteurs Cummins à Guarulhos, pour exiger la fin des conditions d'emploi précaires et pour que les travailleurs/euses du monde entier puissent bénéficier de leurs droits, trouver des emplois de qualité et avoir une vie décente.

Tous les documents de la réunion, y compris les recommandations du 12e Conseil mondial de l’automobile de la FIOM, sont publiés sur le site web de la FIOM.

Les syndicats australiens poursuivent la lutte pour le droit à la négociation collective

AUSTRALIE: Les syndicats ont lancé deux nouvelles publicités à la télévision le 21 juin en Australie qui attirent l’attention sur la valeur de la négociation collective. Les publicités font suite à la campagne Vos droits dans le travail, qui a été un facteur déterminant pour le renversement du gouvernement australien l’année dernière aux élections fédérales. Elles cherchent à garantir que la législation du travail élaborée actuellement par le nouveau gouvernement prévoit:
Les publicités sont jouées par de vrais travailleurs/euses qui mettent l’accent sur la valeur de la négociation collective pour obtenir une amélioration des salaires et des conditions, ainsi que de meilleures normes qui profitent à l’ensemble de la collectivité.

Grâce à la négociation collective, les travailleurs employés dans des industries dangereuses comme la construction ont obtenu de meilleures normes de sécurité, les enseignants ont réussi à obtenir une diminution du nombre d’élèves dans leurs classes, les infirmières ont amélioré le niveau de soins pour les patients grâce au ratio infirmière-patients, et beaucoup de travailleuses ont obtenu un congé de maternité payé.

À l’occasion du lancement des publicités, le secrétaire du Conseil australien des syndicats, Jeff Laurent, a dit: "Cette semaine, nous avons vu la publication des nouvelles normes nationales sur l’emploi par le gouvernement Rudd qui aideront à protéger les droits fondamentaux des travailleurs/euses. C’est une nouvelle étape qui est bonne, mais il reste encore beaucoup à faire pour se débarrasser du système des Choix dans le travail".

Les publicités peuvent être visionnées à l’adresse suivante: http://www.actu.asn.au/.

Un rapport spécial sur la campagne Vos droits dans le travail a été publié dans le dernier numéro de Metal World, le magazine de la FIOM publié à intervalles réguliers, et qui peut être consulté à l’adresse suivante: www.imfmetal.org/sr2-2008.

Des travailleurs meurent sur les chantiers navals aux Philippines

PHILIPPINES: Trois travailleurs sont morts ce mois-ci aux Philippines sur le chantier naval de Subic Bay dans deux incidents distincts.

L’agence de presse Central Luzon Desk indique que Mario Atrero, 52 ans, employé de Hanjin Construction Corp Ltd (HCCL), a été tué le 20 juin par un cadre en acier qui est tombé sur lui en raison des vents forts. Auparavant, Oliver Labay, 32 ans, était mort le 15 juin quand il s’était trouvé coincé par une cloison pesant une tonne destinée à un cargo.

En outre, Rafael Careg est décédé le 11 juin quand la camionnette où il se trouvait a été heurtée par la flèche d’un camion grue. Labay et Careg travaillaient tous d’eux sur le chantier naval de la société coréenne Hanjin Heavy Industries & Construction Philippines Inc (HHIC-Phil).

HHIC-Phil est engagé dans la construction de navires et HCCL dans la construction du chantier naval et autres structures sur le site. Les travaux de construction et les activités de construction navale ont lieu en même temps sur le site.

Subic Bay Metropolitan Authority (SBMA) termine une commande pour HCCL après le dernier accident mortel, et va cesser toutes les activités de construction sur le site. Lors d’une réunion du groupe d’action de la FIOM sur la construction navale, qui a eu lieu à Singapour en avril 2008, les participants ont exprimé de sérieuses préoccupations sur la situation en matière de santé et de sécurité sur les chantiers de construction navale.

Le Groupe d’action de la FIOM sur la construction navale a décidé de saisir l’occasion qui lui est donnée au XVIIIème Congrès mondial de l’OIT sur la santé et la sécurité au travail, qui a lieu cette année du 29 juin au 2 juillet en Corée, pour tenter de rencontrer des représentants des gouvernements, des employeurs de la construction navale et de l’OIT pour examiner la question, inverser le système actuel et renforcer les systèmes de réglementation de la santé et de la sécurité afin de défendre efficacement le droit à la vie et à la santé des travailleurs sur les chantiers navals.

L'OIT demande au gouvernement mexicain de résoudre son différend avec le syndicat des mineurs

MEXIQUE: Le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié le Rapport général 350, qui traite du litige dans l’exploitation minière au Mexique (affaire 2478) et présente neuf recommandations au gouvernement mexicain au sujet des actions dénoncées par le Syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM) et la FIOM.

La première recommandation regrette la reconnaissance "illégale" par le ministre du Travail et de la Protection sociale de Elías Morales et l’élimination de Napoleón Gómez Urrutia du poste de secrétaire général du syndicat, et précise que "l’action des services de la main-d’œuvre est incompatible avec l’article 3 de la Convention de l’OIT 87, qui établit le droit des travailleurs d’élire librement leurs représentants".

Le comité estime que le gouvernement mexicain n’a pas clarifié les "diverses irrégularités" commises par les services de la main-d’œuvre, sauf pour la falsification de la signature d’un membre du Comité de vigilance du syndicat. Le comité de l’OIT prie le gouvernement de "fournir les informations".

Le comité "déplore la durée excessive" des procédures judiciaires "en ce qui concerne divers aspects de l’affaire et le préjudice grave causé au syndicat requérant" et demande aux autorités de prendre des "mesures rapides pour garantir la justice en ce qui concerne l’exercice des droits syndicaux". Le comité demande instamment au gouvernement d’assurer la conclusion rapide des procédures judiciaires".

La quatrième recommandation du comité déplore profondément le décès du travailleur, Reynaldo González Hernández, exprime le vif espoir que les procédures pénales en cours seront achevées aussi rapidement que possible, et demande au gouvernement de communiquer le jugement rendu par le tribunal.

La cinquième recommandation demande au gouvernement "d’indiquer si les syndicalistes arrêtés le 11 août 2007 ont été libérés" (il s’agit des travailleurs qui ont été attaqués le même jour et au même endroit où Hernández González a été tué à Nacozari, État de Sonora). Il invite également les autorités mexicaines à fournir des informations sur le différend concernant les droits de représentation pour les conventions collectives dans huit entreprises, où le SNTMMSRM a ces droits.

Ces droits sont contestés par d’autres syndicats. Le comité a également demandé des informations sur les "expulsions violentes de grévistes à l’entrée de la mine de Cananea, et d’une manière générale, sur l’intervention des forces de sécurité de l’État dans le conflit du travail en question".

La recommandation finale du Comité de la liberté syndicale invite "les parties concernées à poursuivre des négociations visant à résoudre le différend auquel se rapporte la présente affaire". Le comité demande également au gouvernement de répondre, sans délai, à des allégations concernant des menaces de mort, des enlèvements illégaux et des passages à tabac de membres du syndicat et de leurs familles, y compris "l’attaque contre les grévistes de Sicartsa par les forces de sécurité le 20 avril 2006, et l’enlèvement, le passage à tabac et les menaces de mort contre l’épouse de Mario García Ortiz, un membre du comité exécutif du syndicat plaignant".

Le Secrétaire général de la FIOM, Marcello Malentacchi, a participé à la réunion de l’OIT, le 12 juin 2008, où il a présenté la plainte du syndicat. Le syndicat des mineurs mexicains estime que ce rapport de l’OIT oblige "le gouvernement mexicain à se conformer aux résolutions et aux recommandations de l’OIT découlant de la condamnation qu’il a reçue, et donc de prendre des mesures pour mettre fin à ce différend avec les mineurs".

Le syndicat affirme également que le différend "a montré que le gouvernement était répressif, inefficace, arbitraire, despotique et incapable de mettre fin à ce grave problème dont il a hérité et qu’il n’a pas été en mesure de résoudre, alors que le conflit dure maintenant depuis 20 mois". Le rapport complet se trouve sur ce lien.

La nouvelle réglementation de l'UE sur la migration déclenche la colère des syndicats

EUROPE: Le Parlement européen a approuvé le 18 juin une nouvelle réglementation régressive sur le retour des migrants en situation irrégulière, accompagnée de dispositions sévères sur la détention et la réadmission.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a écrit aux membres du Parlement européen avant le vote pour leur exprimer sa vive préoccupation du fait que plusieurs dispositions sont contraires aux droits fondamentaux.

En particulier, des dispositions permettent la détention de personnes pour un maximum de 18 mois avant leur expulsion, 5 ans d’interdiction de réadmission sur le territoire et le retour forcé vers des pays autres que le pays d’origine. Ces dispositions sont considérées comme inacceptables par les syndicats et les groupes de défense de la justice sociale en Europe.

La CES fait valoir que "la lutte contre la migration irrégulière ne saurait être efficace sans canaux réguliers de migration, sans politiques claires contre l’exploitation des migrants en situation irrégulière, et sans leur fournir la possibilité de sortir de leur situation irrégulière".

"L’injustice des politiques de migration régressives, telles que celles qui viennent d’être adoptées par l’UE, va à l’encontre des principes fondamentaux des droits et de la dignité des personnes", affirme Marcello Malentacchi, secrétaire général de la FIOM.

Protestations syndicales contre les conditions de sécurité à Tuzla

TURQUIE: Plus de 5.000 personnes ont rejoint les 300 travailleurs des chantiers navals en grève depuis le 16 juin à Tuzla pour protester contre le taux élevé d’accidents du travail dont certains ont des conséquences mortelles.

An total, 99 travailleurs ont perdu la vie sur les chantiers navals de Tuzla depuis 1992. La sous-traitance et l’absence de conformité aux règles de sécurité sont considérées comme les principales causes de décès à Tuzla.

Les travailleurs et leurs partisans se sont réunis à 7 heures du matin en bloquant la rue principale pour défiler jusqu’aux chantiers navals de Tuzla. L’action était organisée par Limter İş, le syndicat représentant les salariés des chantiers navals, et bénéficiait du soutien de nombreuses autres organisations, y compris de membres du Parlement, de syndicats, d’artistes, d’universitaires et d’observateurs internationaux.

Même si certains travailleurs des chantiers navals participaient à la manifestation, la plupart d’entre eux avaient été embarqués de chez eux dès 5 heures à bord de véhicules de service des employeurs. D’autres étaient transportés par voie maritime et n’avaient donc pas la possibilité de participer à la manifestation. Bien que la manifestation ait donné lieu à une forte présence policière, la police n’est pas intervenue dans la grève.

L’action a pris fin à 14 heures. Cem Dinç qui dirige le syndicat Limter İş a pris la parole au rassemblement en rappelant que: "nous avons lutté contre les irrégularités, les injustices et l’exploitation pendant 16 ans. Les employeurs disent que les travailleurs sont ignorants et peu consciencieux. Nous devons leur demander: Si nous sommes ignorants et peu consciencieux, comment construisons-nous ces navires? En fait, les employeurs des chantiers navals sont ignorants et peu consciencieux. En fait, les employeurs des chantiers navals ont besoin d’éducation".

Quatre jours plus tard, le 19 juin, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a rencontré des représentants de l’entreprise de construction navale, mais pas du syndicat, pour parler des décès aux chantiers navals de Tuzla. Après la réunion, le Premier ministre a annoncé un plan d’action urgent comportant notamment une formation en matière de santé et de sécurité, une augmentation du nombre d’inspecteurs de la sécurité, et des plans faisant de Tuzla une zone industrielle avec des règlements correspondants.

L'OIT adopte une déclaration sur la justice sociale

MONDE: Une déclaration destinée à faire date et visant à renforcer la capacité de l’Organisation internationale du Travail à faire face aux défis croissants de la mondialisation a été adoptée le 13 juin par la Conférence internationale du Travail.

La "Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable" a reçu le soutien des gouvernements, des travailleurs et des employeurs, et place la justice sociale au cœur de la mondialisation. La Déclaration prévoit une voie à suivre pour la mise en œuvre du programme de l’OIT sur le travail décent, d’où il ressort que les différentes composantes du travail décent sont indissociables et interdépendantes. La Déclaration demande impérativement à l’OIT et à tous les États membres d’œuvrer en faveur du travail décent et de reconnaître le rôle particulier de la liberté syndicale et de la négociation collective pour la réalisation de cet objectif.

En outre, la Déclaration précise que l’OIT a pour mandat d’examiner les politiques économiques, financières et commerciales, qui exercent toutes un impact sur l’emploi. L’OIT a de toute évidence pour rôle d’évaluer ces effets afin de placer l’emploi et le travail décent au cœur des politiques économiques.

Pour réaliser cet objectif, l’OIT doit exercer une action forte et efficace sur les activités et les politiques proposées par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce.

Le syndicaliste sud-africain, Ebrahim Patel, qui défendait la position des travailleurs dans les négociations, déclare: "C’est une excellente déclaration. Il s’agit d’une déclaration qui traite du présent et de l’avenir, d’aider à créer un monde dans lequel la justice sociale est au cœur de l’économie mondiale, et où le travail décent est l’outil qui permet d’aboutir à ce résultat". Patel dit aussi que "la déclaration met l’accent sur le fait que la liberté syndicale, la négociation collective et la relation de travail, en tant qu’éléments centraux, sont plus valides que jamais".

Le texte de la Déclaration se trouve sur le site web du BIT sur ce lien: http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_norm/—relconf/documents/meetingdocument/wcms_094042.pdf

Grève nationale en Italie pour la sécurité

ITALIE: Les métallurgistes feront en grève pendant une heure demain, 17 juin, dans toute l’Italie, en faveur d’une nouvelle loi sur la santé et la sécurité au travail. L’action fait suite à une série dramatique de décès quotidiens dans le travail en Italie, notamment la mort déjà signalée l’an dernier, en décembre, de sept travailleurs chez ThyssenKrupp à Turin.

Les syndicats font grève en réaction à la position de l’association patronale, Confindustria, qui refuse de reconnaître la responsabilité de l’employeur quand il s’agit de règles fondamentales de sécurité au travail, notamment avec les sous-traitants.

Trois affiliés de la FIOM, FIM-CISL, FIOM-CGIL et UILM-UIL, organiseront une action nationale le 17 juin, de 11 à 12heures.

Dans une déclaration conjointe à la presse, les syndicats appellent le gouvernement à prendre "immédiatement des mesures économiques de soutien pour la santé et la sécurité au travail", notamment par un investissement à l’Institut national INAIL, qui est responsable des investissements en matière de prévention et d’indemnisation pour les dommages subis.

"Nous faisons grève pour obtenir l’application de la nouvelle loi sur la santé et la sécurité au travail, dans sa totalité et avec le maximum de sévérité", déclarent les syndicats