Le géant de l'informatique va encore plus loin avec une nouvelle tendance à la délocalisation

MONDE: Les salariés que IBM met à pied à la suite d’une délocalisation peuvent désormais postuler des emplois dans le pays où le travail est désormais effectué, mais avec un salaire réduit et les conditions en vigueur dans le pays.

Selon des rapports publiés en ligne, le programme Project Match donne aux salariés mis à pied aux États-Unis et au Canada la possibilité de s’installer dans des pays comme l'Inde, le Brésil et la Chine pour travailler selon les clauses et les conditions en vigueur dans ces pays.

Les salariés ayant accepté l'offre devront travailler loin de leur pays d'origine avec des salaires beaucoup plus faibles et auront probablement du mal à économiser suffisamment d’argent pour revenir chez eux, selon Alliance @ IBM, le syndicat des salariés de IBM membre de l’affilié de la FIOM aux États-Unis, le CWA.

"Si cette tendance gagnait du terrain dans d’autres secteurs ou d’autres industries, elle compromettrait encore davantage la capacité des travailleurs/euses à maintenir les salaires et les conditions", a déclaré Robert Steiert, directeur de l’industrie des TIC et de l'aérospatiale de la FIOM.

"Les emplois devraient toujours être conservés dans le pays où ils ont été créés au lieu d'être sacrifiés pour permettre aux entreprises d’augmenter leurs bénéfices".

Project Match et d'autres questions relatives à la délocalisation seront examinées dans une réunion conjointe de la FIOM et de la fédération syndicale internationale UNI qui aura lieu plus tard dans l’année.

Cananea obtient le droit de licencier des mineurs

MEXIQUE: La société minière Cananea, qui appartient à Grupo Mexico, a annoncé qu’elle allait mettre fin aux contrats d’emploi de ses travailleurs, à la suite d’une décision prise par le Conseil fédéral de conciliation et d’arbitrage (JFCA) du ministère du Travail.

Mille deux cents travailleurs de la mine de Cananea sont en grève depuis 21 mois pour obtenir une amélioration des conditions de santé et de sécurité, et pour soutenir leur dirigeant syndical, Napoleón Gómez.

En mars, la société a annoncé qu’elle devait fermer la mine et licencier tous les travailleurs en raison des dommages subis par la machinerie durant la longue grève et de la décision prise par le JFCA.

Le 14 avril, les autorités déclaraient que la grève était légale. Toutefois, ce même jour quelques heures plus tard, le JFCA accédait à la demande de l’entreprise de licencier les travailleurs.

La décision du Conseil signifie que l’entreprise peut maintenant mettre fin aux contrats de travail et conclure un nouvel accord avec un autre syndicat.

Pour Sergio Beltrán Reyes, Secrétaire du Comité exécutif du Syndicat national des mineurs et des métallurgistes du Mexique (SNTMMSRM), cette décision est une "aberration compte tenu du fait que le Conseil a pris cette décision quelques heures après que la grève avait été déclarée légale. Cela ne devrait pas être permis. Comment peuvent-ils ignorer le droit de grève? Ils devraient être en réunion et négocier la fin de la grève, pour ensuite voir si les conditions dans la mine offrent une solution viable et rendent possible son fonctionnement".

Il devait ajouter que c’est une injustice de plus contre le syndicat et expliquer que le syndicat avait déposé une requête contre la décision du Conseil. Il a déclaré que le syndicat était prêt à faire face à toute tentative de l’entreprise d’expulser les travailleurs.

Les mineurs feront un bouclier de leurs corps pour empêcher l’entreprise ou le gouvernement de prendre possession de la mine.

"Nous allons défendre la mine, parce que c’est une source d’emplois pour les travailleurs mexicains, et nous ne laisserons pas les autorités nous prendre notre travail. Nous sommes prêts à affronter le gouvernement fédéral et les forces de police, et nous espérons que nous ne subirons aucune provocation qui pourrait conduire à plus de martyrs dans cette lutte", a déclaré le dirigeant syndical.

Manifestation massive des syndicats hongrois contre la crise financière

HONGRIE: Les travailleurs/euses entreprennent cette action le 18 avril en réponse aux graves effets de la crise financière mondiale en Hongrie.

Près de 6.400 personnes ont perdu leur emploi dans 57 entreprises au cours des derniers mois.

Les syndicats dont l’affilié de la FIOM, la Fédération hongroise des métallurgistes, protestent contre les mesures adoptées par le gouvernement minoritaire qui auront un impact négatif sur la fiscalité, les retraites et les régimes de protection sociale en Hongrie.

Le Premier ministre Gordon Bajnai a pris ses fonctions le 15 avril après la démission de son prédécesseur à la fin mars.

Les syndicats demandent au nouveau Premier ministre d’abroger le paquet fiscal proposé et de prendre en compte le bien-être des salariés et des retraités, et pas seulement des intérêts économiques.

La Fédération européenne des métallurgistes exprime également son soutien et sa solidarité totale aux travailleurs hongrois à la veille de la manifestation.

Changement climatique — Reprendre le pouvoir

AUSTRALIE: En s’appuyant sur la politique de l’acier en matière de changement climatique adoptée récemment (Tokyo 2008), le département de l’acier de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie a tenu sa deuxième réunion sur le changement climatique, 24-25 mars, qui précède la réunion de Copenhague en 2009.

Le protocole de Kyoto qui est l’accord le plus connu dans le monde sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre approche de la fin de sa période d’application, et à Copenhague, Danemark, les gouvernements vont essayer de réaliser un nouvel accord sur les réductions d’émissions entre 2012 et 2020.

Une approche internationale s’impose pour s’attaquer au changement climatique, et les syndicats de l’acier veulent obtenir une réponse internationale qui permette d’éviter des pratiques commerciales déloyales et d’obtenir des garanties de concurrence équitable. L’argument selon lequel le monde fait face à une grave menace de dégradation de l’environnement n’est plus véritablement contesté par personne.

À la réunion de la FIOM en Australie, les syndicats de l’acier de 5 régions ont eu des discussions avec des dirigeants d’entreprise, des ministres du gouvernement, des partenaires syndicaux, des groupes de réflexion et des ONG versées sur les questions environnementales, dans le but d’organiser des partenariats et d’élargir l’approche de la FIOM sur cette question cruciale. Des représentants de la Fédération pan-chinoise des syndicats (ACFTU) avaient été invités à la réunion, mais malheureusement cette offre a été rejetée.

Les résultats de la réunion ont été les suivants:

Les protestations contre la fermeture de l'usine de Kremikovtzi continuent

BULGARIE: La semaine dernière, les métallurgistes bulgares de l’aciérie de Kremikovtzi ont repris leurs manifestations massives pour attirer l’attention du gouvernement sur leur situation déplorable et forcer le gouvernement à trouver une solution pour l’avenir de l’usine.

Les affiliés de la FIOM, la Fédération de la métallurgie – CL Podkrepa et Metalicy, représentant les travailleurs de l’usine, accusent les autorités bulgares d’inaction, et exigent du gouvernement le paiement des arriérés de salaires (depuis novembre) aux travailleurs de Kremikovtzi, ainsi que des indemnités aux 2000 travailleurs qui vont perdre leur emploi d’ici la fin juin.

Le directeur administratif de l’usine de Kremikovtzi, Plamen Stoyanov, rejette les rumeurs selon lesquelles la société brésilienne CSN, le seul soumissionnaire, ne serait plus intéressée par l’acquisition de l’usine en faillite. Toutefois, les syndicats demandent au gouvernement d’accorder un soutien plus actif et un engagement dans la recherche d’un nouvel acquéreur pour l’usine.

L’entreprise d’État ayant le monopole du gaz, Bulgargaz, avait annoncé auparavant qu’elle cesserait l’approvisionnement en gaz de l’usine en raison des factures impayées. À la suite des manifestations des travailleurs, l’entreprise a déclaré qu’elle reportait d’une semaine la date de cessation de la fourniture de gaz.

La FIOM appuie pleinement les collègues bulgares. Dans une lettre adressée au ministre bulgare de l’Économie et de l’Énergie, la FIOM exige que le gouvernement "prenne toutes les mesures nécessaires pour éviter la fermeture de l’usine et assurer son fonctionnement normal pour le bénéfice des travailleurs concernés, de leurs familles et de tout le pays".

Les démolisseurs de navires en Inde sortent victorieux d'une grève

INDE: Le fait de travailler dans l’une des industries les plus dangereuses au monde est suffisamment difficile, mais face à des employeurs qui ne respectent pas les droits de la personne, la vie devient impossible. L’espoir et l’optimisme ne sont pas des choses naturellement associées à cette industrie, mais c’est ce que les travailleurs du chantier de démolition de navires Alang/Sosiya en Inde ont apporté aux travailleurs du monde entier après le succès de la grève menée récemment.

Les 23-24 mars plus de 20.000 démolisseurs de navires, sous la direction du syndicat nouvellement enregistré — Alang Sosiya Ship Recycling and General Workers Association –ont cessé le travail pour protester contre la tentative des employeurs et des entrepreneurs de réduire le salaire des travailleurs de 330 Rs ( 4,00 €) à 225 Rs (3,38 €) par jour.

Les employeurs du chantier naval ont profité de la récente crise économique mondiale pour essayer d’exploiter encore plus les travailleurs, indépendamment d’une augmentation de la charge de travail.

Pendant la grève, les employeurs ont tenté d’obtenir une ordonnance pour empêcher les responsables syndicaux de pénétrer dans les chantiers de démolition des navires dans le cadre d’une tentative plus large de démantèlement du syndicat. Toutefois, le camarade V.V.Rane, secrétaire général du nouveau syndicat, a réussi à maintenir la solidarité entre les travailleurs et forcé les employeurs et les entrepreneurs à céder aux revendications, offrant ainsi une grande victoire au nouveau syndicat.

Cette lutte appelle l’attention sur les tentatives de plus en plus fortes des employeurs pour empêcher la création d’un syndicat à Alang. La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie et ses affiliés sont au coude à coude avec les travailleurs à Alang pour que toute tentative à venir entraîne la réponse la plus forte possible.

Le dernier numéro de Metal World vient de sortir.

GENÈVE: À la veille du 32ème Congrès mondial de la FIOM à Göteborg, Suède, Metal World présente un rapport spécial consacré à l’histoire de la FIOM à la fin du XXème siècle et au début du XXIème. Le rapport couvre les vingt dernières années de 1989 à 2009, époque où le bloc soviétique s’est effondré et les nouveaux syndicats indépendants ont rejoint la FIOM, et où l’Afrique du Sud a démantelé le système honteux d’apartheid.

Lire le rapport complet en ligne ou le télécharger en version pdf sur le site web de la FIOM.

Les syndicats en Suède, pays où le taux de syndicalisation a toujours été très élevé, font face à de nouveaux défis avec une nouvelle génération de travailleurs/euses. Comment les syndicats peuvent-ils faire face à une situation où les gens adhèrent en moins grand nombre aux syndicats, et comment les syndicats vont-ils se renouveler pour être plus forts? Des syndicats suédois répondent à ces questions et à d’autres sur ‘le renouveau de la syndicalisation en Suède’.

Enfin, Metal World dresse un portrait du nouveau dirigeant du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA), Irvin Jim, élu en octobre 2008 Secrétaire général de NUMSA, qui parle des défis, nouveaux et anciens, auxquels son syndicat est confronté.

Les syndicats mondiaux proposent des stratégies de relance de l'économie

MONDE: À la veille de la réunion en avril du G20 à Londres, les fédérations syndicales internationales ont publié un numéro spécial "Remettre le monde au travail: stratégies des syndicats mondiaux pour la relance de l’économie".

La publication conjointe est le résultat de travaux réalisés par toutes les fédérations syndicales internationales en collaboration avec la Confédération syndicale internationale et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE.

Chaque organisation a contribué par sa vision sur les moyens permettant de sortir de la crise économique mondiale et d’apporter des changements au système mondial pour empêcher cette crise de se reproduire.

Dans la préface, Aidan White, directeur de la publication et secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes, écrit: "À ce moment critique, les syndicats se mobilisent. Ils ont développé une vision de l’économie mondiale qui va au-delà d’un bricolage de la réglementation et de la réparation des modèles brisés du libre-échange".

La publication présente une collection de visions des syndicats parlant au nom des travailleurs/euses employé(e)s dans différents secteurs de l’économie mondiale. Toutes ces visions partent de l’idée qu’il est nécessaire de revoir le système financier actuellement en place dans le monde de manière à offrir aux travailleurs/euses et à leurs familles une économie mondiale juste et durable fondée sur des valeurs humanitaires au service des générations futures et constituant une base solide pour le développement.

"La crise peut être résolue et un retour à la décence est possible, mais cela ne se produira pas à moins que nous ne donnions la parole à ceux et celles qui sont au travail", écrit Marcello Malentacchi, Secrétaire général de la FIOM, dans son article "Décence pour un changement".

"Pour cela, il faut s’assurer que le droit de se syndiquer et le droit de négocier sont les pierres angulaires d’une nouvelle structure économique et sociale qui va nous donner les moyens de veiller à ne plus jamais être pris en otage par le bagout de louches spécialistes du marché".

La publication en anglais est disponible sur le site web des syndicats mondiaux http://www.global-unions.org/spip.php?article253, les versions française et espagnole seront bientôt disponibles.

Le chef du syndicat mexicain des mineurs obtient une mise en opposition aux mandats d'arrêt

MEXIQUE: À Mexico, la cour fédérale de district a décidé d’invalider les mandats d’arrêt et les demandes d’extradition du gouvernement mexicain concernant Napoleon Gomez Urrutia, dirigeant d’un affilié de la FIOM, le Syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM).

Gomez vit en exil avec sa famille au Canada à la suite de menaces de mort.

Gomez, secrétaire général élu démocratiquement du SNTMMSRM, a été démis illégalement de ses fonctions en 2006.

Gomez s’était élevé contre le gouvernement mexicain et la société minière Grupo Mexico à la suite du tragique accident survenu à la mine de Pasta de Conchos qui avait causé la mort de 65 mineurs, dont de nombreux membres de SNTMMSRM.

Le gouvernement mexicain et Grupo Mexico continuent de se livrer à une campagne de harcèlement à l’encontre de Gomez, du syndicat des mineurs et de ses membres.

Grupo Mexico est lié à des voies de fait, à l’enlèvement et au meurtre de mineurs syndiqués et de leurs familles.

En 2006, la FIOM a présenté une plainte à l’Organisation internationale du Travail dans laquelle elle accuse le gouvernement mexicain d’avoir enfreint la Convention 87 et d’être intervenu illégalement dans les activités syndicales, d’avoir saisi des actifs syndicaux et procédé à des nominations à des postes de titulaires syndicaux élus.

Les affiliés de la FIOM du monde entier ont exprimé leur solidarité à nos camarades du syndicat mexicain par des campagnes d’envoi de lettres, par la pression du public et par des manifestations.

"Le harcèlement continuel à l’encontre de Napoléon Gomez sur le plan juridique comme sur le plan personnel, doit cesser", a déclaré Ken Neumann, Directeur national de United Steel Workers pour le Canada.

USW a aidé Gomez et son épouse à obtenir les documents leur permettant de rester au Canada.

Le procureur général du Mexique continue les poursuites contre Gomez en essayant de déplacer l’action en justice dans un autre district.

La FIOM et la FEM lancent une campagne en faveur des travailleurs turcs de Sinter Metal

TURQUIE: La FIOM et la Fédération européenne des métallurgistes demandent à Sinter Metal de cesser immédiatement les infractions aux droits des travailleurs et aux droits syndicaux dans la zone industrielle syndiquée de Dudullu en Turquie.

Dans une lettre commune à Sinter Metal, la FIOM et la FEM demandent à la direction de réintégrer immédiatement les travailleurs licenciés en raison de leur activité syndicale.

L’appel urgent à la solidarité est le dernier développement d’une lutte longue de trois mois.

L’entreprise fabrique des éléments qui entrent dans la construction de véhicules produits par plusieurs constructeurs automobiles dont Ford, Fiat, BMW et Daimler.

En décembre 2008, la direction de l’entreprise a utilisé de faux prétextes pour licencier 38 travailleurs menant des activités syndicales.

Quelques jours plus tard, l’employeur a refusé d’autoriser les autres travailleurs d’entrer dans l’usine, et a licencié 312 d’entre eux, après que l’entreprise eut appris qu’ils étaient syndiqués.

Le ministère turc du Travail a publié un rapport le 12 janvier 2009 confirmant l’affirmation du syndicat, à savoir que la raison du licenciement des 350 travailleurs n’est pas la crise économique comme tente de l’affirmer l’employeur, mais plutôt leur appartenance syndicale.

Les actions de la direction de Sinter Metal contreviennent aux conventions 98 et 87 de l’OIT.

La FIOM et la FEM demandent à la direction de Sinter Metal de prendre en considération immédiatement et de bonne foi les revendications des travailleurs, de réintégrer les travailleurs licenciés, de mettre fin aux infractions aux droits à la liberté syndicale et à la négociation collective, et d’entamer des négociations avec le syndicat pour aboutir à une solution juste et équitable.

La FIOM et la FEM demandent instamment à leurs affiliés de soutenir les revendications des travailleurs de Sinter Metal en envoyant des lettres de protestation à l’entreprise:

M. Olgun Tanberk, Directeur général
Sinter Metal Imalat Sanayi A.Ş
Yukarı Dudullu Organize Sanayi Bolgesi
1. Cad. No: 25
Turquie

Télécopie: + 90 216 364 00 32