2.2 Chômage et insécurité de l'emploi

Selon les estimations de l’OIT, la crise financière actuelle pourrait conduire à la suppression de quelque 20 millions d’emplois dans le monde et selon une estimation prudente, le nombre de travailleurs/euses pauvres vivant avec moins de 1 dollar par jour pourrait atteindre près de 40 millions, et celui des personnes vivant avec moins de deux dollars par jour jusqu’à 100 millions. Avant même de connaître les pleins effets de cette crise, on sait déjà que plus d’un tiers de la main-d’œuvre mondiale se trouve à présent sans travail ou en sous-emploi.

La prétendue modernisation de la législation du travail que les gouvernements et les chefs d’entreprise s’efforcent de faire voter est également partie intégrante du programme néolibéral et porte directement atteinte aux travailleurs/euses. Mais au-delà de la montée du chômage constatée partout dans le monde, on observe aussi que la création d’emplois s’accompagne d’une perte de la qualité des emplois. De plus en plus de travailleurs/euses désespèrent de trouver un emploi permanent et à plein temps. Le travail précaire devient la norme et s’étend à tous les secteurs de l’économie, y compris chez les cadres. D’autres personnes sont forcées de constater que leurs emplois sont externalisés ou déclassés, et que la législation du travail en vigueur ne leur assure pas la protection requise.

Dans de nombreux pays en développement, les travailleurs/euses sont poussés vers la sortie du secteur de l’emploi régulier et entrent dans l’économie dite informelle, à la suite de crises économiques graves, de vastes programmes de privatisation et de la destruction des emplois causée par les restructurations d’entreprises. L’économie non réglementée gagne du terrain et de plus en plus de personnes luttent pour survivre avec des salaires à la limite du seuil de pauvreté. Le chômage et les piètres conditions de vie encouragent les migrations au sein d’un même pays et au-delà des frontières nationales, suscitant de multiples tensions dans de nombreuses parties du monde. 

Les travailleurs/euses exerçant un emploi précaire font face à l’insécurité de l’emploi et à un avenir incertain, caractérisé par des bas salaires, un accès limité voire inexistant aux prestations sociales telles que les régimes de santé ou de retraite, et sont de plus en plus exposés à des risques pour leur santé et leur sécurité au travail. Bien souvent, les travailleurs/euses précaires sont également victimes d’un déni de leurs droits au travail, notamment le droit d’adhérer à un syndicat ou de négocier collectivement. L’expansion de l’emploi précaire crée une main-d’œuvre à deux vitesses qui menace la cohésion sociale et affaiblit les syndicats. Tout cela s’inscrit dans une stratégie plus vaste qu’utilisent les employeurs dans leurs campagnes antisyndicales soigneusement orchestrées.

2.1 Lorsque le profit prime sur l'humain

Le capitalisme financier a fini par dominer le capitalisme producteur. Les investissements spéculatifs tiennent à présent le haut du pavé au détriment de l’investissement à long terme dans la création d’emplois, l’amélioration des compétences, la recherche et l’innovation et le développement durable. Les crises de l’alimentation, du pétrole et du secteur financier qui sévissent à présent sont le résultat direct de l’échec des politiques néolibérales, qui ont des conséquences dramatiques pour les travailleurs/euses et les populations les plus pauvres et plongent à présent l’économie mondiale dans une grave récession.

Ces dernières années, la mondialisation de la finance a pris une nouvelle dimension avec la prolifération de nouveaux produits spéculatifs qui échappent à tout contrôle et à toute régulation. Les fonds spéculatifs sont alimentés par les banques et les investisseurs institutionnels tels que les compagnies d’assurances, les fonds mutuels et les fonds de pension. Une partie des actifs du capital-investissement provient aussi des fonds souverains qui disposent d’immenses ressources, avec un manque délibéré de transparence dans leurs objectifs politiques et économiques, de même que dans leurs pratiques et leurs stratégies d’investissement. 

Jamais les fonds d’investissement et les fonds spéculatifs ("hedge funds") n’ont eu une emprise aussi forte sur les marchés et les entreprises. Bon nombre d’entre eux se trouvent dans des paradis fiscaux, ce qui porte un coup aux recettes publiques déjà chancelantes provenant de l’impôt sur les entreprises. L’économie financière, axée sur le court terme et des taux de rendement élevés, est de plus en plus coupée de l’économie réelle et produit des effets dévastateurs sur les travailleurs/euses.

Pratiquement aucune entreprise n’est aujourd’hui à l’abri d’un rachat par des fonds de capital-investissement. Le plus souvent, ces fonds prennent le contrôle d’entreprises sans le moindre plan industriel, dans le seul but de faire monter la cote des actions et d’extraire de l’entreprise acquise un maximum de rendement sur une courte période. La perspective de gains parfois élevés et rapides séduit les investisseurs institutionnels, y compris les fonds de pension. Ainsi, les travailleurs/euses qui ont placé leur épargne-retraite dans ces fonds de pension se trouvent involontairement impliqué(e)s dans la finance spéculative et destructrice d’emplois. Nombreux sont les travailleurs qui ont déjà vu leurs économies partir en fumée à la suite de scandales survenus dans certaines entreprises.   

L’instabilité des marchés financiers mondiaux n’est pas qu’un simple problème causé par quelques spéculateurs – c’est l’ensemble du système qui a besoin de nouvelles règles.

2. LE MONDE D'AUJOURD'HUI

Depuis le Congrès de la FIOM de 2005, les travailleurs/euses de la métallurgie et l’ensemble du mouvement syndical font face à un climat politique économique et social de plus en plus hostile. Avec l’appui des gouvernements et des institutions internationales les grandes entreprises ont piloté la mondialisation de façon à étendre au maximum leur emprise à l’échelle mondiale et optimiser la rentabilité de leurs activités et, à cet effet, ont promu des politiques néolibérales qui se sont traduites par une déréglementation des marchés financiers et du marché du travail, la privatisation des services et des actifs publics, le ralentissement de la croissance de l’emploi dans de nombreuses régions, l’érosion des régimes de protection sociale et le déni fréquent des droits de l’homme et des droits syndicaux. Aujourd’hui encore une grande partie des travailleurs de la métallurgie dans le monde est privée du droit fondamental à la syndicalisation.

Tandis que l’économie mondiale s’est développée et a produit d’immenses richesses, le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé. De plus en plus de travailleurs/euses sont aux prises avec la détérioration de leurs conditions de vie et de travail, l’insécurité de l’emploi et l’érosion de leurs droits. Le capitalisme a donné lieu à d’énormes bénéfices, alors que le pouvoir d’achat des travailleurs/euses continue à diminuer ou stagne.

1. NOTRE MISSION

L’économie mondiale est en proie à une crise sans précédent. L’idéologie d’une recherche effrénée du profit comme moteur du progrès humain est désormais discréditée. Nous avons besoin d’une nouvelle conception des relations entre la politique et l’économie et, par conséquent, d’une nouvelle approche dans laquelle la politique et l’économie servent le développement de la société et l’emploi de qualité. La crise actuelle n’est pas seulement le résultat d’erreurs de jugement et d’une évolution malencontreuse du marché, ou encore d’une surchauffe des marchés financiers. La crise n’est rien d’autre que le résultat de l’idéologie d’une ouverture à outrance des marchés et de mesures politiques axées sur le profit à court terme. Toutefois, la situation économique actuelle présente aussi un aspect positif, en ce sens qu’au cours des 4 années à venir, le travail de la Fédération Internationale des Organisations de travailleurs de la Métallurgie (FIOM) sera certes pénible et difficile, mais nous aurons aussi la possibilité de créer un nouveau modèle international de développement concurrent du néolibéralisme, fondé sur la réglementation, l´équité, l’égalité, la durabilité, les droits syndicaux et les droits des travailleurs.

C’est pourquoi la mission fondamentale du mouvement syndical est plus que jamais d’améliorer les salaires, les conditions de travail et de vie des travailleurs/euses et de veiller au respect de leurs droits. La FIOM a pour mission d’œuvrer pour atteindre ces buts dans les industries métallurgiques et les branches connexes, en coopérant avec ses affiliés et au niveau mondial.

Orchestrée par les grandes entreprises, la mondialisation porte massivement atteinte aux droits des travailleurs/euses. Les politiques engagées par les employeurs, la plupart des gouvernements et les institutions internationales qu’ils dominent ont accru les inégalités économiques et l’emploi précaire, et ont restreint le pouvoir de négociation des travailleurs/euses partout dans le monde.

Ayant conscience que la création de syndicats, la syndicalisation et les négociations collectives sont au cœur de l’activité syndicale, les syndicats de la métallurgie doivent recruter et mobiliser les adhérents afin de mettre en échec le programme néolibéral des entreprises et de la plupart des gouvernements et assurer que les travailleurs/euses aient une part équitable de la richesse créée par la croissance économique.

La FIOM a pour but de soutenir, coordonner et renforcer les activités de ses affiliés en vue de :

Il est évident que les syndicats ne sauraient atteindre ces objectifs en limitant leur action au seul niveau national. Pour aboutir, les initiatives nationales doivent être complétées par une action internationale.

Le rôle de la FIOM consiste par conséquent à :

Les affiliés de la FIOM vont contribuer de façon significative à la réalisation de nos objectifs en œuvrant pour :

Au final, pour atteindre ses objectifs, la FIOM doit aller au-delà de la simple coordination, devenir une véritable organisation syndicale mondiale capable d’affronter les difficultés sociales et économiques et qui s’appuie sur les principes d’indépendance et de démocratie, conformément aux mandats qui lui sont confiés par les organes de décision.

PREFACE

Dans le processus d’élaboration d’un nouveau Programme d’action, nous voyons la force de la Fédération Internationale des Organisations de travailleurs de la Métallurgie (FIOM).  Nous constatons que les choses qui nous unissent sont beaucoup plus importantes que celles qui nous divisent. Dans le monde sans frontières d’aujourd’hui, nous partageons des expériences communes, des défis et une analyse de la situation des travailleurs/euses au niveau mondial.

Ce terrain d’entente aide la famille de la FIOM à décider de la direction à prendre pour résoudre les problèmes que les métallurgistes affrontent quotidiennement.

Le fait que ce Programme d’action ait été adopté en pleine crise économique mondiale n’est pas négligeable. Mais nous n’avions pas besoin de la crise mondiale pour comprendre que le modèle néolibéral qui sert à dominer le monde est néfaste aux droits des travailleurs/euses et au développement social.

Ce Programme d’action de la FIOM adopté au 32ème Congrès mondial met davantage l’accent sur une action concrète et sur ce que les affiliés de la FIOM peuvent accomplir ensemble par une solidarité mondiale. Nous devons mobiliser les forces de toute la famille de la FIOM pour maximaliser notre influence.

Nous devons investir partout plus de ressources dans la syndicalisation. Nous allons systématiquement prendre pour cible des sociétés transnationales qui ne permettent pas aux travailleurs/euses d’exercer leurs droits fondamentaux.

Ce document renforce la campagne contre l’emploi précaire. Le Programme reconnaît que nous avons besoin de dire et de faire davantage pour le développement durable et contre le réchauffement de la planète.

La mise en place de réseaux syndicaux dans les sociétés transnationales permet un échange d’informations et une action commune pour s’assurer que les entreprises mènent correctement leurs activités. Les programmes de développement syndical nous aident à renforcer les syndicats là où ils sont faibles.

Ce Programme d’action contient de nouveaux engagements stimulants et ambitieux pour les affiliés de la FIOM.  Il permet de mener une action réelle et efficace pour avoir des syndicats plus forts et combattre les infractions aux droits des travailleurs/euses.  Nous réaliserons notre mission si nous travaillons ensemble à la mise en œuvre de ce Programme d’action.

Solidairement,

Jyrki Raina
Secrétaire général de la FIOM

juin 2009

Programme d'Action de la FIOM 2009-2013

PRÉFACE            

1. NOTRE MISSION

2. LE MONDE D’AUJOURD’HUI       

2.1 Lorsque le profit prime sur l’humain           

2.2. Chômage et insécurité de l’emploi           

2.3. Atteintes portées aux syndicats           

2.4 Déni des droits fondamentaux des travailleurs           

2.5 Influence croissante des sociétés transnationales           

2.6.  Le système du commerce mondial en plein chaos           

2.7. Un avenir sans perspectives           

2.8 Alliances, résistance et possibilités           

3. SOLIDARITE MONDIALE EN ACTION           

3.1. Renforcer la puissance des syndicats nationaux           

3.1.1. Syndiquer les non syndiqués

3.1.2. Œuvrer pour l’unité syndicale au niveau national           

3.1.3. Renforcer les syndicats par l’éducation, la formation et l’échange efficace d’informations           

3.2. Renforcer la négociation collective           

3.3. Défendre et protéger les droits des travailleurs/euses           

3.3.1. Lutter pour les droits syndicaux           

3.3.2. Lutter pour l’égalité des droits           

3.3.3. Lutter pour la sécurité au travail           

3.4.  Créer un contrepoids au pouvoir des sociétés transnationales           

3.4.1. Renforcer la solidarité et la coopération syndicales dans les secteurs et les STN           

3.4.2. Faire progresser les droits fondamentaux en s’appuyant sur les  accords-cadres internationaux           

3.5. Lutter pour le commerce, le développement et l’emploi durables         

Le film de la FIOM "Union Roadshow" présenté à un festival de cinéma

GENÈVE: Le film "Union Roadshow" sur la syndicalisation des travailleurs/euses des ZFE en Indonésie, a été projeté cette année au troisième Festival annuel des courts métrages sur le travail  de Genève. Le film, produit par la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, est l’un des quatorze films qui avaient été sélectionnés.

"Les syndicats ont toujours éprouvé de très grandes difficultés pour syndiquer les personnes employées dans les ZFE, où les employeurs et même des gouvernements écrasent toute tentative de syndicalisation", déclare Jenny Holdcroft, Directrice du département de l’égalité des droits et des ZFE de la FIOM, et l’un des producteurs du film. "Mais en Indonésie, des syndicats aident les travailleurs/euses à passer des contrats d’emploi temporaire à une forme d’emploi permanente: les salaires sont en augmentation, et il en est de même des effectifs syndicaux".

La vidéo met en évidence le succès des stratégies de syndicalisation utilisées par les syndicats indonésiens pour syndiquer les travailleurs/euses des ZFE. La FIOM espère que les leçons apprises en Indonésie inspireront les syndicats d’autres parties du monde qui intensifieront leurs efforts pour syndiquer les travailleurs/euses des ZFE.

Les autres films présentés au festival incluent une vidéo pour la formation sur la santé et la sécurité des mineurs indiens, réalisée sur le modèle des films d’horreur produits dans les années 1970 par Bollywood; une satire de la politique d’immigration des États-Unis; l’histoire des travailleurs migrants palestiniens vivant dans un centre commercial abandonné près de Tel Aviv. Le jury du festival a décerné la palme du meilleur court métrage à "Abandoned, not forgotten: the plight of Burma’s migrant fishers" [Abandonnés, pas oubliés: Le sort des pêcheurs migrants de Birmanie] qui expose le traitement brutal auquel sont exposés les travailleurs migrants venus de Birmanie et employés dans l’industrie de la pêche en Thaïlande, dont les exportations se chiffrent en milliards de dollars.

L’événement qui a eu lieu le 16 juin était soutenu par toutes les fédérations syndicales internationales, la CSI et le TUAC. Pour toute information complémentaire, se rendre sur le site du festival: http://www.labourfilmshorts.org/.

Union Roadshow peut être visionné en ligne ici.

Berthold Huber, Président de la FIOM

Berthold Huber a été élu Président de la Fédération internationale des organisations  de travailleurs de la métallurgie en mai 2009 au 32ème Congrès mondial de la FIOM à Göteborg.

Né le 15 février 1950 à Ulm/Donau, Allemagne, Berthold Huber est membre de IG Metall depuis 1971.

Après avoir terminé son apprentissage d’outilleur, il a travaillé chez Kässbohrer (maintenant Evo-Bus) à Ulm. En 1978, il a pris la direction du comité d’entreprise et du comité d’entreprise général de Kässbohrer. Il est devenu en 1990 permanent à temps plein chez IG Metall en Allemagne de l’Est, et a occupé le poste de Directeur du Bureau du Président en 1991.

En 1998, M. Huber est devenu Directeur régional du Bade-Wurtemberg avant d’être nommé Vice-Président de IG Metall en 2003. Il est Président de IG Metall depuis 2007.

Les travailleurs/euses veulent que l'OIT améliore les droits dans l'emploi précaire

GENÈVE: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie s’est jointe à d’autres syndicats mondiaux pour organiser un forum spécial à l’occasion de Conférence internationale du Travail, afin d’attirer l’attention des délégué(e)s sur les nombreuses infractions aux droits du travail subies par personnes occupant un emploi précaire.

Shin Seung-Chul, Secrétaire général de la Confédération coréenne des syndicats, a décrit la manière utilisée en Corée pour empêcher le personnel intérimaire d’adhérer à un syndicat et de négocier avec l’employeur. Le président de la section de Kiryung du syndicat coréen des métallurgistes, Kim So-Yun, a ensuite fait une mise à jour à l’intention des délégué(e)s sur la situation chez Kiryung Electronics où des travailleurs/euses précaires font grève depuis plus de 1.400 jours et mènent une lutte longue, et parfois violente, pour obtenir un statut d’emploi régulier.

Les expériences recueillies en Corée sont typiques de la façon dont les entreprises agissent dans le monde entier pour se soustraire à leurs responsabilités d’employeur, et faire supporter les risques par les travailleurs/euses. Jenny Holdcroft de la FIOM a expliqué comment les affiliés de la FIOM considèrent la montée en puissance de l’emploi précaire comme une menace très grave pour les salaires et les conditions de travail car il porte atteinte au droit des travailleurs/euses d’adhérer à un syndicat et de négocier collectivement. Elle a également informé les délégué(e)s des mesures prises par les syndicats mondiaux afin d’insister pour que l’OIT attache une plus grande importance à la situation des personnes occupant un emploi précaire, notamment pour l’application des normes du travail.

Kirill Buketov de l’UITA a donné une nouvelle illustration des dégâts provoqués par cette tendance, en présentant les pratiques d’emploi de la multinationale de l’alimentation Unilever. Dans certaines usines produisant le thé Lipton, jusqu’à 100% de la main-d’œuvre est maintenant constituée de personnes occupant un emploi occasionnel ou embauchées à la journée, qui n’ont pas le droit d’adhérer au syndicat et ne bénéficient pas des prestations médicales, des congés de maladie ou d’un congé annuel.

Jim Baker, coordonnateur du Conseil des syndicats mondiaux, a résumé les interventions en disant que "cette question primordiale portera atteinte, voire détruira l’OIT, si cette tendance n’est pas inversée".

Les délégué(e)s à la Conférence internationale du Travail ont exprimé leur soutien à une plus grande focalisation sur les droits des personnes occupant un emploi précaire. Il y a eu consensus sur la nécessité pour l’OIT de chercher à obtenir une application plus efficace des conventions 87 et 98 sur le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective dans les secteurs où domine l’emploi précaire.

La FIOM s'oppose aux pertes d'emplois au Comité de l'acier de l'OCDE

MONDE: La crise financière mondiale ne menace pas seulement la sécurité de l’emploi et les revenus, mais aussi les droits des travailleurs/euses. L’enquête annuelle de la Confédération syndicale internationale (CSI) sur les infractions aux droits syndicaux, indique cette année une dégradation de la situation de ces droits.

 

Selon le rapport, 76 syndicalistes ont été tués en raison de leurs actions pour la défense des droits des travailleurs/euses, et de nombreux autres ont été agressés physiquement ou soumis à des actes de harcèlement, d’intimidation, à des arrestations par les autorités. Bien que le total mondial des meurtres ait diminué par rapport aux 91 de l’année précédente, le nombre d’homicides en Colombie, qui est connu pour être l’endroit le plus dangereux sur terre pour les syndicalistes, a atteint 49 — en augmentation de 10 par rapport à l’année précédente.

 

De graves pratiques antisyndicales généralisées se poursuivent malheureusement dans certains pays comme la Colombie, la Birmanie, la Biélorussie, le Soudan, le Zimbabwe, le Swaziland, l’Iran, le Pakistan et les Philippines. La CSI estime que des pays comme le Honduras et le Guatemala devraient être ajoutés cette année à la liste.

 

L’enquête indique également que de nouvelles formes de relations de travail ont un effet préjudiciable sur les droits fondamentaux. L’utilisation du travail indépendant fictif, de sous-traitants ou d’agences de travail, est de plus en plus courante tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. Le rapport dénonce avec documents à l’appui des cas, notamment en Corée, en Croatie, en Pologne, au Monténégro, en Géorgie, en République dominicaine, au Salvador, au Pérou, en Malaisie, au Viêt-nam, en Afrique du Sud, au Tchad et au Maroc.

 

Les droits syndicaux sont des droits de la personne au travail universellement reconnus. Deux des principales conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui les définissent et les garantissent (conventions 87 et 98) ont été ratifiées, respectivement par 149 et 159 États membres de l’OIT, sur un total de 182 dans le monde entier.

Le rapport complet se trouve en anglais, allemand, espagnol et français à: http://survey09.CSI-csi.org/