Solidarité mondiale pour le renforcement des syndicats au Pérou

PÉROU: La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et ses affiliés suédois et finlandais ont rencontré la direction de SINTRAMIN-CUT, les 14 et 15 mars, pour évaluer le processus en cours de création d’un syndicat national des mineurs (SINTRAMIN-CUT). Ce syndicat, qui a été constitué en 2009, a réalisé depuis des campagnes de syndicalisation des affiliés et a négocié sa première convention collective. La création de SINTRAMIN-CUT résulte d’une réponse à la situation désespérée des mineurs en sous-traitance au Pérou, qui représentent 80 pour cent de la main-d’œuvre dans ce secteur, non syndiquée dans la majorité des cas, et qui travaille avec des contrats temporaires et flexibles, des salaires misérables et des conditions de travail très inférieures à celles en vigueur pour les mineurs employés de façon permanente.

La culture syndicale péruvienne consiste à former des syndicats d’entreprise, ce qui crée d’énormes problèmes quand on cherche à syndiquer des travailleurs/euses en sous-traitance car chaque fois qu’un syndicat est créé, l’entreprise minière contractuelle peut utiliser différentes tactiques, comme changer de nom puis identifier et licencier les membres du personnel nouvellement syndiqués, pour détruire le syndicat. Un autre obstacle important à la syndicalisation au Pérou est la pratique syndicale actuelle de créer des syndicats séparés pour les salariés ayant un emploi permanent et les personnes en sous-traitance, même s’ils travaillent côte à côte dans le même centre minier.

SINTRAMIN propose une alternative à ces problèmes en organisant un syndicat national pour le secteur, qui peut affilier aussi bien les personnes en sous-traitance que celles employées sur une base permanente, au sein d’une structure industrielle nationale, en évitant de la sorte l’enregistrement d’un syndicat lié à la présence d’une entreprise ou d’un entrepreneur. Pour des raisons tactiques, il a été décidé que SINTRAMIN continuera de se concentrer sur la syndicalisation des travailleurs et travailleuses en sous-traitance dans les centres miniers sans présence syndicale.

Le secrétaire général adjoint de la FIOM, Fernando Lopes, a déclaré que l’évaluation du projet de syndicalisation des mineurs au Pérou a permis de montrer que la direction de SINTRAMIN est prête à relever le défi et s’est engagée à travailler durement pour continuer de se développer durablement car la période du projet prend fin en 2013.

La délégation de représentant(e)s du siège de la FIOM et du bureau régional, des métallurgistes finlandais et de l’organisation finlandaise de soutien solidaire SASK, de IF Metall en Suède et de l’USW aux États-Unis et au Canada, ont également rencontré la Federación Minera-CGTP et le Centre de solidarité pour chercher à renforcer la coopération et la solidarité. La délégation de la FIOM a également eu des entretiens séparés avec les principales centrales nationales CGTP et CUT auxquelles SINTRAMIN est affilié.

Enfin le 16 mars, les affiliés péruviens de la FIOM (FENA-PERU), de l’ICEM (Federacion Minera et travailleurs du pétrole) et de la FITTHC (FNTTP) se sont tous réunis pour examiner la création de IndustriALL et ses implications au Pérou. Le syndicat des travailleurs de l’électricité de Lima, Sergio Novaes (vice-président régional de l’ICEM), Laura Carter (FITTHC), Ben Davis (USW), Laura Ramirez (USW) et Samantha Tate (Centre de solidarité) ont tous participé à cette réunion.

Jorge Almeida, représentant de la FIOM pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a déclaré que IndustriALL commencera par offrir de grandes possibilités de succès pour le Pérou car les affiliés des trois FSI sont conscients de leurs responsabilités et sont disposés à travailler ensemble au renforcement du mouvement syndical péruvien.

TUCOSWA apporte l'unité au Swaziland

SWAZILAND: La FIOM se félicite de la fusion de la fédération du travail du Swaziland (SFL) et de la fédération des syndicats du  Swaziland (SFTU). Un autre syndicat a également été associé à cette décision, l’association nationale des enseignants  (SNAT), l’un des syndicats les plus forts et le plus capable d’affirmer son opposition à l’élite dirigeante.  

Le Congrès des syndicats du Swaziland (TUCOSWA), qui représente environ 50.000 travailleurs et travailleuses au Swaziland, joue un rôle important dans le combat mené en faveur d’une réforme politique dans le pays. TUCOSWA relève le défi du maintien des mobilisations qui ont eu lieu jusqu’à présent, de l’établissement de liens concrets avec la société civile, et du renforcement des liens au sein des communautés urbaines et rurales, mais également entre elles, entre étudiant(e)s et travailleurs/euses, et chose peut-être plus importante, d’empêcher la mise en place d’un régime visant à diviser pour régner, faire peur et intimider la population du Swaziland pour la renvoyer à un état de soumission.

À cette occasion, le secrétaire général Vincent Ncongwane a déclaré que TUCOSWA boycottera les élections nationales ces prochaines années en raison de l’interdiction des partis politiques et parce que seules des personnes individuelles sont autorisées à présenter leur candidature. Le mouvement ouvrier accepte uniquement des élections multiparti démocratiques.

L'Assemblée nationale pakistanaise adopte la loi sur les relations industrielles 2012

PAKISTAN: L’adoption de la loi sur les relations industrielles (IRA) 2012 par l’Assemblée nationale pakistanaise, le 14 mars 2012, apporte de la stabilité dans la législation sur les conflits du travail au Pakistan.

Auparavant, en avril 2010, la législation du travail connaissait une situation critique avec le 18ème amendement constitutionnel, qui avait supprimé la liste concurrente et faisait passer du gouvernement fédéral aux gouvernements provinciaux le droit de légiférer en matière de relations industrielles.

Le 18ème amendement créait de ce fait un vide constitutionnel pour traiter les conflits du travail transprovinciaux, entre des fédérations syndicales industrielles et nationales. En conséquence, une décision de la Cour suprême du 2 juin 2011 avait aboli la Commission nationale des relations industrielles (NIRC), l’organe suprême chargé de statuer sur les conflits du travail transprovinciaux, l’enregistrement et la réglementation des fédérations syndicales industrielles et nationales.

Le vide juridique avait été comblé par la promulgation de l’ordonnance sur les relations industrielles, le 17 juillet 2011, qui devait expirer le 17 novembre 2011. À la suite des manifestations des travailleurs et travailleuses, l’Assemblée nationale avait décidé de la prolonger jusqu’au 17 mars 2012. Maintenant, avec l’adoption de IRA 2012, la crise est évitée. Cela permet également d’empêcher l’abolition de la NIRC et le statut juridique des fédérations syndicales nationales et industrielles.

Conférence de l'ICEM sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

LIBAN: La Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM) a organisé une conférence régionale Moyen-Orient – Afrique du Nord (MENA) et un séminaire, du 14 au 16 mars, à Beyrouth avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert (FES). Des syndicats affiliés de la région, notamment d’Algérie, du Maroc, d’Égypte, de Jordanie, d’Irak, du Liban, de Palestine et du Yémen, ont été rejoints par des affiliés potentiels de Bahrain, de Tunisie et d’Égypte.

Un élément important des débats concernait le Printemps arabe et les changements politiques fondamentaux qui ont eu lieu dans la région. Des discussions d’une grande portée se sont déroulées sur la situation en Égypte, où des affiliés de longue date de l’ICEM dans les secteurs du pétrole et de l’électricité faisaient face systématiquement à de nouveaux syndicats indépendants dans ces industries.

À l’exception des syndicats affiliés de longue date à la fédération égyptienne des syndicats (ETUF), les délégué(e)s ont exprimé un soutien sans faille aux militants syndicaux licenciés sur les champs pétrolifères de Schlumberger. Comme le secrétaire général du nouveau syndicat avait été licencié le jour même de son élection par le premier congrès de la nouvelle organisation, il était clair qu’il s’agissait d’une attaque flagrante contre la nouvelle structure syndicale et tous les délégués. Les délégués ont demandé à l’ICEM d’intensifier la campagne en leur nom et également au nom des autres militants syndicaux victimes de licenciements dans les mêmes conditions.  

Les syndicats irakiens, qui se sont réunis en groupe de travail, ont pu déterminer ce qui était le plus important pour permettre à l’ICEM de relancer sa campagne et de faire pression pour que le gouvernement irakien présente un nouveau code du travail tout à fait conforme aux normes de l’OIT. Les organisations syndicales doivent être en mesure de fonctionner normalement dans le secteur public comme dans le secteur privé, et le système syndical pluraliste qui existe sur le terrain doit être garanti. L’unité doit se décider volontairement par les travailleurs et travailleuses et par leurs syndicats, et ne peut pas résulter d’un décret gouvernemental.

Un film réalisé sans concessions par la fédération générale des syndicats de Palestine (PGFTU) et projeté à la conférence montrait les immenses difficultés auxquelles leurs membres font face pour se rendre chaque jour à leur travail en Israël, avec des postes de contrôle qui sont en fait une forme essentielle de harcèlement quotidien.

Les délégué(e)s ont examiné des instruments internationaux, notamment les conventions fondamentales de l’OIT, les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, le pacte mondial des Nations unies et les accords-cadres internationaux. Il est important d’établir des réseaux régionaux dans l’industrie, ainsi que des réseaux d’entreprise, pour renforcer les syndicats dans la région.

Le président Senzeni Zokwana et le secrétaire général Manfred Warda de l’ICEM, ainsi que le secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, ont pris l’engagement que le futur syndicat mondial IndustriALL soutiendra les efforts entrepris pour la mise en place de véritables syndicats puissants dans la région MENA, l’organisation de séminaires de formation et une plus grande utilisation de la langue arabe dans les communications.

Les partenaires syndicaux qui assistaient à la réunion venaient du Canada, de Norvège, d’Allemagne, d’Afrique du Sud et de Turquie, un pays souvent cité depuis le Printemps arabe de l’année dernière comme modèle à suivre. La Turquie, qui est active dans la région sur le plan économique, constitue un important relais commercial entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.

Voir détails complémentaires sur le site de l’ICEM ici.

Premier atelier de formation de formateurs de la FIOM à Dnepropetrovsk, Ukraine

UKRAINE: La FIOM a organisé du 12 au 15 mars le premier d’une série d’ateliers dans le cadre du projet de formation des formateurs pour le syndicat des travailleurs de l’industrie métallurgique et des mines d’Ukraine (MMIWU).

Le projet comporte quatre ateliers qui seront organisés au cours des deux prochaines années. Il est destiné à former des formateurs syndicaux. Vingt-cinq militant(e)s syndicaux/ales ont pris part à l’atelier: des membres de comités syndicaux, des délégué(e)s syndicaux/ales, des représentant(e)s des organisations régionales et du comité central, âgés généralement de moins de 40 ans.

L’atelier était dirigé par Jean-Yves Sabot, secrétaire du Comité central de FO-Métaux. Sabot possède une riche expérience dans la formation des militant(e)s syndicaux/ales en Russie et en Ukraine.

L’atelier a été ouvert par le secrétaire du MMIWU, Vladimir Kazachenko, qui a souligné l’importance de l’éducation et de la formation pour la préparation des militant(e)s syndicaux/ales. Il a également indiqué qu’il s’agissait du premier atelier de formation depuis l’affiliation du MMIWU à la FIOM. Kazachenko a informé les participant(e)s que le projet d’éducation était cofinancé par la FIOM et le MMIWU. Il a proposé d’organiser le dernier atelier en France, et il a reconnu que le syndicat était prêt à financer un tel projet.

Le représentant de la FIOM pour les pays de la CÉI, Vadim Borisov, a signalé aux participant(e)s les activités de la FIOM à l’échelle mondiale et la fusion entre la FIOM, l’ICEM et la FITTHC. Borisov a également indiqué que le partenariat entre la FIOM et FO-Métaux dans le domaine de la formation syndicale a commencé au début des années 2000 et a permis d’obtenir de très bons résultats.

Les participant(e)s ont étudié le système français de formation syndicale et l’ont comparé au système ukrainien. Ils ont fait l’éloge du niveau élevé de formation à l’atelier.

Les trois prochains ateliers seront consacrés aux techniques de formation et aux communications syndicales, avec des méthodes interactives d’éducation.

Des milliers de protestataires contre les réformes du travail en Espagne

ESPAGNE: Le 11 mars, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de plus de 60 villes d’Espagne pour protester contre les réformes du travail et la réduction des dépenses proposées par le gouvernement dans le cadre des mesures d’austérité. Les plus grandes manifestations ont eu lieu à Madrid, Barcelone, Séville et Valence.

Les organisateurs des manifestations, Confederación Sindical de Comisiones Obreras CC.OO, et Unión General de Trabajadores UGT, estiment que les réformes proposées portent atteinte à l’avenir du pays car elles visent à la fois les chômeurs et les actifs, et sont discriminatoires, en ce sens qu’elles frappent les personnes les moins protégées et suppriment les protections appliquées aux jeunes travailleurs et travailleuses et aux mères qui travaillent.
 
Les deux organisations syndicales, CC.OO et UGT, considèrent aussi que les réformes n’encouragent  pas la croissance économique du pays car elles entraînent une réduction des salaires et provoquent une aggravation des conditions de travail. Elles compromettent, en outre, la cohésion sociale dans la société en traitant de manière discriminatoire les plus pauvres, dont le nombre a considérablement augmenté depuis le début de la crise économique et financière.
 
Selon les syndicats, les réformes ont été décidées sans une véritable consultation préalable avec les partenaires sociaux. Elles fragilisent de ce fait le dialogue social et les principes de consultation.
L’Espagne a l’un des plus importants taux de chômage en Europe avec 23 pour cent de personnes officiellement sans emploi en 2011.

Augmentation de la répression syndicale au Mexique

MEXIQUE:  José Luis Solorio Alcalá, secrétaire général du syndicat des travailleurs de Honda (Sindicato Nacional de Trabajadores de Honda de México, STUHM), a été arrêté le 1er mars à El Salto, Jalisco, en raison du combat qu’il menait en faveur d’une convention collective entre les travailleurs et travailleuses et leur employeur. Quelques heures auparavant, les gardes chargés de la sécurité avaient insulté et agressé les travailleurs qui distribuaient des tracts à l’extérieur de l’usine. En mai 2010, un grand nombre de salariés de l’entreprise avaient créé le STUHM pour tenter de faire cesser les irrégularités, les actions arbitraires et le non respect des droits syndicaux.

Dernièrement, des membres du syndicat des électriciens (Sindicato de Electricistas de México, SME) ont organisé le 8 mars un sit-in devant les bureaux de la Commission fédérale de l’électricité. Ils ont été durement réprimés par la police fédérale qui a fait usage de force excessive. Les travailleurs et travailleuses demandaient la réintégration de 16.599 membres du syndicat, qui n’avaient pas accepté leurs licenciements, et la mise en liberté de 12 collègues détenus comme prisonniers politiques. La répression avait entraîné l’arrestation de 12 dirigeants (à la retraite ou encore en activité) et de plusieurs membres du public pour avoir exprimé leur solidarité avec le SME. Il ont été relâchés après 20 heures de détention.

Les électriciens ont condamné l’action de la police fédérale, qui "montre l’incapacité du gouvernement Calderon et son intransigeance pour régler un conflit social que le gouvernement lui-même a provoqué par la fermeture arbitraire de l’entreprise qui nous employait”.

Comme pour le syndicat des mineurs, le SME demande à la Commission nationale des droits de la personne de prendre des mesures préventives contre l’intensification de la répression et du harcèlement du gouvernement fédéral contre des militants et des dirigeants.

La FIOM condamne tous les actes de répression contre les personnes qui défendent les droits du travail et les droits syndicaux. Napoleón Gómez Urrutia, secrétaire général du syndicat national mexicain des mineurs, a exprimé sa solidarité avec le mouvement des syndicats indépendants du Mexique, en affirmant que ces évènements montrent, de toute évidence, le durcissement de la politique antisyndicale du gouvernement mexicain (voir l’article séparé en espagnol).

Candidature de Dave Oliver de l'AMWU au poste de secrétaire de l'ACTU

AUSTRALIE: Dave Oliver, secrétaire national du syndicat australien des travailleurs de la fabrication industrielle (AMWU), affilié à la FIOM, a annoncé le 8 mars sa décision de présenter sa candidature au poste de secrétaire du conseil australien des syndicats (ACTU).

Sa candidature disposant d’un large soutien dans le mouvement syndical, Oliver devrait pouvoir occuper le poste au congrès de l’ACTU qui aura lieu en mai, quand le secrétaire actuel de l’ACTU Jeff Lawrence prendra sa retraite.

En cherchant à faire de l’ACTU une organisation disposant du soutien des communautés pour organiser des campagnes de grande envergure, la première tâche d’Oliver consistera à s’assurer que l’ACTU et le mouvement syndical australien sont prêts à faire campagne pour la sécurité de l’emploi et les droits des travailleurs et travailleuses avant les élections fédérales en 2013.

Oliver a indiqué que la menace grandissante sur l’emploi et l’économie restait l’une de ses priorités, notamment dans les secteurs affectés par la forte progression du secteur minier et la valeur élevée du dollar australien, non seulement dans le domaine de la fabrication industrielle, mais aussi en matière financière, dans le tourisme et le secteur des services.

Dans une lettre ouverte aux membres de l’AMWU, Oliver écrit: "Je serai éternellement reconnaissant à mes amis et camarades de l’AMWU — passés et présents — de l’occasion qui m’a été donnée de servir notre syndicat au cours des 24 dernières années, et je me réjouis en cas de succès de pouvoir encore travailler avec vous pendant de nombreuses années dans cette nouvelle fonction".

Le Comité de surveillance d'Umicore en visite dans une usine de l'Oklahoma

États unis/Global: La firme Umicore Autocat USA Inc. de Tulsa a été rachetée à Delphi en 2007 et son personnel est représenté par la section locale 286 de l’Union Auto Workers (UAW), affilié à la FIOM. Proche géographiquement des principaux constructeurs automobiles, Autocat produit des catalyseurs utilisés pour réduire les émissions des échappements à la fois des véhicules lourds et légers.

En plus des membres du Comité de surveillance d’Umicore, Ignace De Ruijter, Vice-président principal en charge des ressources humaines, Guy Ethier, Vice-président principal en charge de l’environnement, la santé et la sécurité, Mark Dolfyn, Directeur des ressources humaines, Kemal Özkan, Directeur des questions d’industrie et d’entreprise de l’ICEM (qui représentait également la FIOM), Peter Kamm, membre du comité d’entreprise européen de l’entreprise et de notre affilié allemand IGBCE, des membres de la direction locale et des représentants de l’UAW ont également participé à la visite.

Le Comité de surveillance a procédé de la même manière que lors de trois missions précédentes, en Chine, au Brésil et en Afrique du Sud. Une large palette d’informations portant sur l’emploi, la formation et l’éducation, la santé et la sécurité, l’environnement, les politiques sociales et les conditions de travail, le dialogue social et les rapports avec la communauté locale a été apportée et discutée pendant la visite.

Ses clients étant les grands constructeurs automobiles, l’usine a durement souffert de la crise financière dès 2008, avec un déclin substantiel de l’emploi. Toutefois, quand la reprise s’est manifestée dans l’industrie automobile américaine, en 2009, l’usine de Tulsa a connu un regain d’activité et l’emploi a repris, sans toutefois revenir aux niveaux antérieurs à la crise.

Kemal Ozkan avec les représentants de l’UAW

La direction locale et les représentants de la section locale de l’UAW ont expliqué comment la crise a été gérée grâce au système de relations professionnelles en place dans l’usine. Il a aussi été précisé que, lors de la campagne de négociation collective de 2009, une procédure plus institutionnalisée de gestion de ces périodes a été définie et arrêtée.

Kemal Özkan et Peter Kamm, ainsi que des délégués d’atelier de l’UAW, James Cyr, le Président du groupe de négociation, Warren McKinley, son Vice-président, Lance Boyd et Curtis Storey, deux représentants de l’UAW, se sont réunis de leur côté pour échanger des informations et discuter de la situation en matière d’emploi à l’usine. Il a été question des conditions de travail actuelles, de la convention collective et du dialogue social dans l’usine; ensuite, les participants ont pu entendre un exposé sur la nature et la teneur de l’ACM. Il a été convenu de poursuivre la communication entre la section locale de l’UAW et le comité d’entreprise européen.

Dans l’évaluation de la visite, les parties se sont engagées à promouvoir des relations de travail et un dialogue social de qualité dans l’usine. Un sujet qui a retenu l’attention et a été beaucoup apprécié était la grande qualité des pratiques en matière de santé et de sécurité imposées par un comité paritaire dans l’usine. Le comité de surveillance mettra la dernière main à son rapport lors d’une réunion prévue pour la fin du mois de mai.

Umicore est une entreprise mondiale de technologie dont les activités portent sur quatre secteurs : la catalyse, les matériaux de l’énergie, les matériaux à hautes performances et le recyclage. Le groupe Umicore est actif sur tous les continents pour répondre à une clientèle mondiale. Il a dégagé un chiffre d’affaires de 14,5 milliards € (2,3 milliards € hors métallurgie) en 2011 et emploie actuellement 14.600 personnes.

Légalisation limitée des emplois contractuels en Malaisie

MALAISIE: Les syndicats et les travailleurs et travailleuses de Malaisie ont remporté une victoire partielle dans leur combat contre la légalisation des fournisseurs de main-d’œuvre avec l’adoption à la fin de l’année dernière de l’amendement à la loi sur l’emploi de 1955.

Le ministre malais des Ressources humaines, Dr. Subramaniam, a annoncé le 7 mars que l’amendement adopté récemment sur la légalisation des fournisseurs de main-d’œuvre s’appliquerait seulement au secteur des plantations, et que tous les autres secteurs en seraient exemptés.

L’amendement à la loi a été introduit à la fin de l’année dernière malgré une forte opposition du Congrès des syndicats malais (MTUC) et du mouvement syndical, notamment du secrétaire général de la FIOM, Jyrki Raina, qui a écrit au gouvernement malais en novembre 2011 pour exprimer de sérieuses inquiétudes sur la légalisation du système de travail contractuel.

Khalid Atan, président du MTUC, a déclaré que l’annonce faite par le ministre, le 7 mars, sur l’exemption dans tous les secteurs à l’exception du secteur des plantations, allait faire l’objet d’un examen. Il devait ajouter que cet amendement à la loi, sous sa forme actuelle, aurait de graves répercussions sur les emplois permanents et compromettrait le développement syndical.

Gopal Kishnam, secrétaire général du syndicat national des travailleurs des matériels de transport et des industries connexes, affilié à la FIOM, a souligné que le MTUC continuera d’exiger l’arrêt total de la légalisation de la main-d’œuvre contractuelle. Il est d’accord avec Khalid sur le fait que cette loi allait avoir des conséquences profondes sur les travailleurs et travailleuses et sur les syndicats. Tant que la loi sera en vigueur, les employeurs disposeront légalement du droit de traiter avec des fournisseurs de main-d’œuvre, a-t-il dit.