Dire 'non' à davantage de droits pour les "agences privées de placement de main-d'œuvre" en Turquie

Des représentants de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC) et de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) ont signalé au ministre du Travail que la main-d’œuvre sous contrat de courte durée ou embauchée par des agences de placement, ainsi que les formes d’emploi précaire, se développent rapidement partout dans le monde. Cette situation se traduit par la présence de deux catégories de travailleurs/euses: l’une avec de bons emplois sûrs et l’autre composée de personnes ayant un emploi à court terme, un salaire bas, une absence de protection sociale et une perte de droits.

Lors d’une conférence de presse donnée aujourd’hui à Istanbul, Manfred Warda, Secrétaire général de l’ICEM, a déclaré:  "Globalement, le remplacement massif d’emplois réguliers par des emplois temporaires ou des emplois fournis par des agences ou des intermédiaires de placement de main-d’œuvre a un impact profond sur l’ensemble de la main-d’œuvre, les familles et la société. L’érosion de la relation salarié-employeur, souvent à la base du droit du travail, est directement à l’origine du nombre croissant d’infractions aux droits du travail".

"Il y a un lien entre les ‘changements d’orientation’ au plan international, ceux inspirés par les institutions financières internationales, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui ont encouragé une flexibilité dans le travail et provoqué ainsi une détérioration des conditions de travail au niveau national", a ajouté Warda. "De tels changements reflètent clairement les stratégies patronales d’affaiblissement de la négociation collective par le travail à temps partiel et l’embauche par des agences de placement de main-d’œuvre. L’ICEM résistera par tous les moyens possibles à cette tendance".

Guy Ryder, Secrétaire général de la CSI, a réitéré aujourd’hui le message transmis la semaine dernière par les syndicats mondiaux au sommet du G-20, en déclarant "Le développement des formes précaires d’emploi et la déréglementation du marché du travail n’apportent pas de réponse à la crise de l’emploi, En fait, l’insécurité des travailleurs/euses depuis plusieurs dizaines d’années a contribué de manière significative à la récession. Ce n’est pas par hazard si l’emploi précaire et la fragilité des marchés financiers augmentent depuis quelques dizaines d’années".

"La voie à suivre doit reposer sur un développement durable et non précaire – une économie durable où le secteur financier est au service de l’économie réelle. Nous avons besoin de justice sociale et de viabilité du point de vue écologique pour réparer les dégâts infligés à notre planète, de manière à procurer de bons emplois stables et sûrs", a ajouté Ryder.

Selon Neil Kearney, Secrétaire général de la FITTHC, "les embauches réalisées par les agences de placement et les contrats d’emploi temporaire réduisent à néant la sécurité de l’emploi, portent atteinte à tous les autres droits et accélèrent l’exploitation des travailleurs/euses sous contrat temporaire et des salariés permanents qui travaillent à leurs côtés".

Il ajoute qu’"en Turquie, l’affilié de la FITTHC, Teksif, mène une bataille contre Edirne Giyim qui emploie du personnel embauché avec un contrat du même type que celui des agences avec des salaires et des conditions inférieures à la normale pour réduire et finalement éliminer la main-d’œuvre permanente employée de longue date. La résistance du syndicat à la détérioration des conditions a entraîné des licencements massifs de membres du syndicat".

Kearney demande si "ailleurs qu’en Turquie, des affiliés de la FITTHC sont quotidiennement en conflit avec des employeurs du textile, de l’habillement et du cuir qui utilisent tous les moyens, notamment la sous-traitance, l’emploi de main-d’œuvre non déclarée et les contrats d’emploi à court terme, pour empêcher la syndicalisation et la protection des droits des travailleurs/euses. Une action du gouvernement est nécesaire de toute urgence pour rétablir la protection des travailleurs/euses contre ces attaques".

Jyrki Raina, Secrétaire général de la FIOM, dit qu’on "assiste à une érosion des emplois permanents par un recours croissant des employeurs à une main-d’œuvre embauchée par des agences de placement. Dans certaines usines, plus de cinquante pour cent de l’effectif provient d’agences de placement de main-d’œuvre".

Il ajoute que "la crise financière a donné un nouveau coup aux travailleurs/euses précaires qui ont été des centaines de milliers à perdre dès le début leur emploi, car cela coûte moins cher de mettre à la porte des gens qui n’ont pas droit à une indemnité ou à un préavis de licenciement, et qu’en plus cela permet à l’employeur de réduire plus facilement les effectifs.  La crises a eu des conséquences graves et d’une portée considérable sur l’emploi".

Il dit aussi qu’"en Turquie, l’affilié de la FIOM, Birlesik Metal Is, a soutenu 350 pesonnes qui avaient été licenciées l’année dernière par Sinter Metal pour avoir exercé leur droit de se syndiquer. L’entreprise prétend que les licenciements étaient nécessaires en raison de la crise financière, mais il s’agit de toute évidence d’une excuse peu convaincante pour licencier des membres du syndicat et éviter que les travailleurs/euses ne recherchent le moyen de protéger leur emploi".

Nous assisterons la semaine prochaine à une mobilisation des syndicats de métallurgistes dans le monde entier contre l’emploi précaire à laquelle se joindront mercredi 7 octobre d’autres syndicats nationaux et sectoriels partout dans le monde pour célébrer la Journée mondiale pour le travail décent.

Pour cette Journée, l’ICEM concentrera ses activités sur sa campagne contre le travail sous contrat temporaire et sur les agences de placement de main-d’œuvre en Thaïlande et en Turquie.

"Une reprise durable ne pourra pas avoir lieu avec des emplois précaires et inférieurs aux normes. C’est pourquoi, aujourd’hui, les syndicats et leurs membres s’unissent dans le monde entier pour exiger des emplois sûrs et l’égalité des droits pour tous les salariés", affirme Jyrki Raina.

La CSI représente 170 millions de travailleurs/euses dans 157 pays et territoires, et rassemble 312 affiliés nationaux; l’ICEM représente 467 syndicats dans 132 pays; la FITTHC est la voix mondiale de 217 syndicats dans 110 pays, et la FIOM couvre plus de 200 syndicats dans 100 pays.

D’autres informations sur la Journée mondiale pour le travail décent se trouvent ici: http://www.wddw.org/

D’autres informations sur la campagne de la FIOM contre l’emploi précaire se trouvent ici: http://www.imfmetal.org/index.cfm?n=696&l=2

D’autres informations sur la campagne de l’ICEM contre le travail sous contrat et les agences de placement de main-d’œuvre se trouvent ici: http://cal.icem.org/

D’autres informations sur le conflit chez Sinter Metal se trouvent ici: http://www.imfmetal.org/index.cfm?n=692&l=2

Un militant éminent des droits ouvriers au Kazakhstan victime d'une agression

KAZAKHSTAN: Tard dans la soirée du 22 septembre, Ainur Kurmanov, militant reconnu des droits ouvriers et organisateur syndical, a été sauvagement agressé devant chez lui dans la capitale Almaty par des malfaiteurs qui n’ont pas été identifiés. Il est actuellement hospitalisé et souffre d’une commotion cérébrale et de blessures à la tête. Il est couvert de bleus des pieds à la tête et a un doigt cassé.

À en juger par la nature de ses blessures, Ainur a été frappé par un objet lourd, sans doute une barre de métal. Bien que ses assaillants l’aient attaqué de dos, sans avertissement, en lui laissant peu de chance de se défendre, il a quand même réussi à résister et a pu rejoindre lui-même son domicile avant de recevoir de toute urgence des soins médicaux.

Ainur est maintenant à l’hôpital. Ses blessures ont été bandées et ses plaies suturées, et il suit un traitement médical.

Récemment, Ainur a mené une importante campagne de défense des travailleurs/euses de la fabrique de wagons Almatinskii Wagon Factory, ainsi que dans l’usine de construction mécanique Almatinskii Heavy Engineering Plant (AZTM). Avec l’aide active d’Ainur, les travailleurs/euses de ces usines se sont mis en grève et ont participé à des réunions de protestation et à d’autres activités. En conséquence, des centaines d’emplois ont été sauvés à la fabrique de wagons et l’usine a pu échapper à la faillite et à sa disparition.

Les patrons de l’usine AZTM tentent d’empêcher la répétition d’actions identiques du personnel, où le combat pour sauver des emplois vient de commencer.

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie lance un appel aux syndicats et aux organisations sociales en leur demandant de protester contre les agressions à l’encontre des militants des droits des travailleurs/euses. Elle demande l’arrestation immédiate des coupables de cette agression et de démasquer les commanditaires.

Les lettres de protestation sont à envoyer aux adresses suivantes:

Procureur général du Kazakhstan
Kairat Mami
010000, République du Kazakhstan, Astana, Seifullina str., 37
téléphone/télécopie +7172 71 25 79 courriel: [email protected]

Procureur d’Almaty
Amirkhan Estaev
050059, République du Kazakhstan, Almaty, Zheltoksan str., 189
téléphone/télécopie +7327 250 4225, 250 4242 courriel: [email protected]

Administration du Président de la République du Kazakhstan Nursultan Nazarbaev
Chef de l’administration du Président
Musin Aslan Espulaevich
Bâtiment "Akorda", rive gauche de la rivière Ishim,
Astana, République du Kazakhstan
téléphone/télécopie +77 17 74 41 68, +77 17 24 33 08, +77 17 74 40 86, +77 17 74 56 31

Envoyer des lettres de solidarité à: [email protected]

Copies à envoyer à la FIOM à: [email protected].

RUSSIE

  

Des réunions se dérouleront le 7 octobre dans des entreprises et des rassemblements auront lieu dans des lieux publics. Sur l’initiative de la FNPR affiliée à la FIOM (la plus grande centrale nationale russe) des slogans contre l’emploi précaire s’ajouteront aux mots d’ordre de la campagne mondiale pour le travail décent. La presse sera invitée à diffuser des informations sur le meeting des syndicats russes.

Aux côtés des syndicats IUF, VKT, de l’École de la démocratie ouvrière et du Centre des droits sociaux et professionnels, le bureau régional de la FIOM a créé un comité chargé d’organiser fin novembre une Conférence de la CÉI sur l’emploi précaire et sur l’expérience acquise pour le combattre.

BRÉSIL

CNTM 

CNTM/FS a diffusé 800.000 journaux sur le travail occasionnel dans les usines de l’État de Sao Paulo.  

CNM/CUT

http://www.cnmcut.org.br/verCont.asp?id=19529 

Dans le cadre de ses activités concernant la Journée mondiale d’action pour le travail décent, CNM/CUT participera aux côtés d’autres syndicats et de centrales nationales à la marche de la classe ouvrière à Brasilia le 7 octobre.

Les revendications suivantes seront présentées à la marche de la classe ouvrière:

•·   réduction de la journée de travail sans réduction salariale;

•·   salaire minimum;

•·   conventions de l’OIT 151 et 158;

•·   approbation du projet de loi PEC 438 contre le travail en esclavage;

•·   retrait immédiat des PL4302/98 et PL 4330/04 sur la sous-traitance.

BIÉLORUSSIE

  

En Biélorussie, REPAM a prévu de:

•·        publier un numéro spécial du journal ‘Solidarité ouvrière’ sur la Journée mondiale d’action contre l’emploi précaire;

•·        envoyer une demande d’autorisation aux services administratifs de la ville de Minsk pour un rassemblement national de REPAM le 7 octobre 2009;

•·        négocier avec BKDP et SPM sur le principe d’une coopération pour préparer et réaliser une Journée mondiale d’action.

•·        organiser une table ronde avec la participation de la presse;

•·        diffuser des tracts et brochures de la FIOM près des entreprises et dans les quartiers ouvriers des villes industrielles.

FRANCE

Le 7 octobre, cinq affiliés français de la FIOM, "Force Ouvrière" de la Métallurgie – FO, FGMM-CFDT, CGT, CFTC et CFE-CGC, organisent avec les organisations syndicales FSU, Solidaires et UNSA dans le cadre d’une stratégie commune, une série de réunions, meetings, rassemblements et conférences de presse, ainsi que des arrêts de travail, débats et rencontres avec des responsables syndicaux de toute la France.

MONTENEGRO

La Fédération des métallurgistes du Monténégro imprime une version en serbo-croate de l’affiche et de la brochure pour leur diffusion auprès des membres (avec peut-être une lettre en complément). Elle va organiser également à cette occasion une conférence de presse et présenter des documents imprimés à la presse. Comme le 7 octobre est la journée mondiale du travail décent, notre Confédération organisera également un événement, et les métallurgistes présenteront l’action de la FIOM dans le monde.

MALAISIE

FIOM-MC travaille avec le MTUC pour organiser des activités.

INDONESIE

Les affiliés indonésiens collaborent ensemble à la tenue de grandes manifestations pour le 4 octobre (dimanche). Des versions indonésiennes de documents de la FIOM sont en préparation.

HONGRIE

VASAS envisage d’organiser des mobilisations éclairs dans plusieurs grandes villes de Hongrie ainsi qu’à Budapest. Le but est de convaincre les jeunes qui sont membres d’un syndicat d’accomplir quelque chose d’extraordinaire, en attirant l’attention des passants sur le problème. Ces jeunes ‘artistes’ arboreront des T- shirts et des casquettes avec le logo de la FIOM ou du syndicat (VASAS) .

Les brochures de la FIOM ont été traduites en hongrois et seront imprimées et diffusées localement.