Nouveau contrôle de l'amélioration de la sécurité à l'aciérie Vinton d'ArcelorMittal

ÉTATS-UNIS:  Le fait d’avoir un objectif pour l’entreprise est une bonne chose en soi, mais dans la réalité, son application sur le terrain constitue le défi auquel la direction et les syndicats font face à l’aciérie Vinton d’ArcelorMittal à El Paso, Texas. L’établissement de rapports entre les deux partenaires paraît facile, mais cela présente un véritable défi dans la réalité.

Au cours de leur visite les 27 et 28 février, les experts ont trouvé que les principaux domaines d’intérêt doivent porter sur l’établissement de relations entre le syndicat et la direction en matière de sécurité. Malgré des améliorations dans ce domaine, une approche conjointe cohérente et crédible nécessite encore du travail et un plus grand engagement. Il faut donner la priorité à l’amélioration de l’efficacité du comité paritaire local de santé et de sécurité, comme  énoncé dans l’accord JGHS. L’accord JGHS a fixé des spécifications minimums pour toutes les opérations d’ArcelorMittal, mais dans la pratique, les meilleurs exemples dans l’entreprise les dépassent. Cela se produit seulement quand les deux parties s’attachent à inclure pleinement cette idée, ce qui ne semble pas être le cas pour certains participants.

Il y a eu dans l’usine une amélioration visible des conditions, et 18 actions sur les 30 qui avaient été notées lors de la dernière visite ont déjà été réalisées. Il s’agit notamment de l’amélioration des plate-formes de travail surélevées, les marchepieds ont été réparés et ils sont en bon état, la construction d’une installation de bien-être et l’introduction de panneaux de sécurité en langue espagnole. Les domaines qui nécessitent encore de l’attention sont les suivants: le développement d’un programme d’inspection des brûleurs, des jauges et des chalumeaux, l’amélioration des fontaines d’irrigation oculaire dans certains emplacements, et l’attention portée au nombre de sous-traitants auxquels on a recours, qui représentent près du quart de la main-d’œuvre.

L’un des experts, Al Long, qui est également membre de la section 6787 de l’USW, a fait le commentaire suivant: "Nous pouvons constater que beaucoup de travail a été réalisé depuis notre visite, et nous en sommes satisfaits. La question du développement nécessaire pour obtenir un meilleur fonctionnement du Comité paritaire de sécurité est une source de frustration en raison du potentiel dont il dispose. Nous avons simplement besoin d’un meilleur engagement des parties".

L’usine Vinton, qui est une mini aciérie, comporte deux fours à arc électrique. C’est le plus gros fabricant d’acier dans la partie ouest du Texas et au Nouveau-Mexique. Depuis la première visite menée par un petit groupe d’experts du JGHSC en 2011, un contact régulier a été  maintenu avec l’usine pour garantir des progrès. Une autre visite aura lieu pour poursuivre le contrôle et rendre compte de la situation.

L'adoption du Code du Travail au Kirghizistan reportée au 1er juin

KIRGHIZISTAN: Le 23 mars, les syndicats du Kirghizistan ont tenu une réunion de protestation à Bishkek, devant la Maison du gouvernement, contre l’adoption à la hâte du nouveau Code du Travail qui limite considérablement les droits des travailleurs et travailleuses et les droits syndicaux. Après des négociations avec les représentants des syndicats, dont le syndicat des mineurs et des métallurgistes du Kirghizistan (MMTUK) affilié à la FIOM, l’examen du nouveau Code du Travail est prolongé jusqu’au 1er juin.

Le gouvernement avait annoncé précédemment qu’il adopterait le nouveau Code du Travail le 23 mars, bien que le projet de loi n’eût été soumis à l’examen public que le 9 mars, alors que conformément à la législation nationale, le délai ne doit pas être inférieur à un mois.

"Après des appels, des commentaires et des propositions transmis au gouvernement et au ministère de l’Économie par des collectifs ouvriers, des organisations syndicales, des fédérations, des syndicats internationaux, la Confédérations syndicale internationale et d’autres organisations, la décision concernant la question a été reportée au 7 avril", a déclaré Eldar Tadjibaev, président du MMTUK.

La FIOM et l’ICEM ont envoyé une lettre conjointe au Premier ministre du Kirghizistan Omurbek Babanov en lui demandant instamment de ne pas prendre de décision sur le projet de loi sans consultation préalable des syndicats.

"Le 23 mars, après la tenue d’une réunion de protestation et des négociations avec des représentants des autorités, l’examen du projet de loi a été prolongé jusqu’au 1er juin", a ajouté Eldar Tadjibaev.  Le groupe de travail interministériel chargé du nouveau Code du Travail comprendra cinq représentants des syndicats, dont deux du MMTUK. La décision a également été prise de soumettre le texte du projet de loi à l’examen d’experts de l’Organisation internationale du Travail".

400 travailleurs au chômage à l'annonce de Johnson Controls de fermer son usine à Puebla

MEXIQUE: La multinationale Johnson Controls a annoncé sa décision de fermer son usine à Puebla, menaçant ainsi environ 400 emplois. En réponse, le syndicat national des mineurs et des métallurgistes, sous la direction de Napoleón Gómez Urrutia, a annoncé son opposition à cette décision dans une conférence de presse le 21 mars. Le personnel de l’usine s’est affilié au syndicat l’année dernière pour constituer la section 308. Le syndicat a affirmé que la convention collective est toujours en vigueur et "que l’entreprise n’a pas légalement le droit de la résilier unilatéralement".

Le syndicat a expliqué que dans le cas où l’entreprise arriverait ä donner la preuve devant les tribunaux de la nécessité de fermer l’usine à Puebla en raison de son coût financier, bien que nous pensions que l’opération est en fait viable, le syndicat a décidé de négocier et de lutter en tant que signataire de la convention collective, pour obtenir une compensation conforme à l’accord.

Le syndicat a toujours dit à l’entreprise qu’elle devait chercher d’autres moyens pour résoudre ses problèmes et éviter d’avoir à fermer l’usine. Il a dit que tout accord pour mettre fin aux contrats d’emploi dépendait de l’accord de l’entreprise pour réembaucher les travailleurs et travailleuses actuellement en activité en cas de réouverture de l’usine après sa fermeture, et ce, conformément aux articles 154 et 438 du Code du Travail fédéral qui spécifient que les salariés mis au chômage ont une priorité d’embauche dans de telles circonstances, avec la reconnaissance de leur affiliation syndicale, conformément à la convention collective en vigueur.  

Le syndicat a ajouté que l’usine a été très rentable l’année dernière "selon les propres rapports internes de l’entreprise, qui indiquent que les ventes et les bénéfices ont progressé de 15 pour cent en 2011, ce qui correspond à l’augmentation des ventes et des bénéfices dans l’industrie automobile aux États-Unis, à laquelle Johnson Controls fournit des pièces. L’intention unilatérale de l’entreprise de licencier plus de 380 des 440 salariés de l’usine s’apparente à une action arbitraire et est une infraction aux droits fondamentaux du personnel".  

Dans le cas où l’entreprise décidait de mettre au chômage les salariés, le syndicat continuerait de se battre pour obtenir leur réintégration et la reconnaissance de tous leurs droits. "Nous savons que Johnson Controls a beaucoup de mal à accepter la décision prise librement et démocratiquement par les salariés d’adhérer à notre syndicat et de constituer la section 308, en raison du fait que notre syndicat n’acceptera jamais l’exploitation des travailleurs et travailleuses, ce qui n’était pas le cas auparavant quand ils appartenaient à un syndicat jaune contrôlé par l’entreprise".  Le syndicat a ajouté que "la fermeture de l’usine de Puebla décidée unilatéralement par Johnson Controls est en vérité une attaque contre le syndicalisme indépendant et démocratique".

La FIOM suit avec attention la situation à l’usine de Johnson Controls à Puebla et soutient les revendications du syndicat national des mineurs et des métallurgistes.

Hausse des salaires pour les travailleurs de GM dans la région de Saint-Pétersbourg

RUSSIE: Lors de réunions organisées dans le travail les 26 et 27 mars, General Motors a annoncé une hausse salariale de 10,5 pour cent à compter du 1er avril, répondant ainsi à une partie des revendications du syndicat local affilié au syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA) membre de la FIOM.

Le 1er février, l’ITUA avait lancé une campagne s’adressant à GM et comportant trois revendications: un réajustement de 15 pour cent des salaires pour compenser l’inflation en 2010 et 2011, une hausse de 20 à 40 pour cent de la prime de travail en équipe postée de nuit et la comptabilisation mensuelle des heures supplémentaires au lieu du système de comptabilisation annuelle.

Pour l’ITUA, bien que la direction ait refusé de négocier avec le syndicat, le mécontentement massif des travailleurs a forcé la direction à faire des concessions.

Au début de février, le syndicat avait commencé à se préparer en vue d’un conflit du travail. En un mois, plus de 1.200 salariés sur un effectif total de 2.400 avaient signé la liste des revendications collectives. Selon l’ITUA, des cadres de la direction sont intervenus dans la collecte des signatures, en confisquant plusieurs feuillets de signatures et en exerçant des pressions sur des militants syndicaux.

Le 19 mars, le comité syndical a remis les signatures à la direction en proposant de commencer les négociations. Le 21 mars, la direction a refusé de négocier, en donnant plusieurs raisons.

Selon une lettre de la direction, plusieurs travailleurs signataires des revendications avaient déjà quitté l’usine, et d’autres "avaient écrit à l’administration que les signatures n’étaient pas les leurs. D’autre part, des travailleurs se sont plains à l’ITUA que des cadres supérieurs les avaient forcés à retirer leurs signatures, en les menaçant d’une action disciplinaire et d’une absence de promotion.

En réponse à ces mesures, le syndicat a commencé à se préparer en vue d’une action collective. De 20 au 27 mars, des réunions d’équipes postées ont eu lieu dans l’usine en réunissant plusieurs centaines de travailleurs.

"La décision de la direction d’augmenter les salaires est une réponse à la possibilité d’un conflit du travail", a déclaré le représentant de l’ITUA. "En constatant l’attitude des salariés, la direction de GM pouvait devoir faire face à un arrêt partiel ou total de la production dès le début d’avril".

"Malheureusement, le refus de la direction de négocier avec le syndicat montre qu’elle est obligée de prendre des mesures exceptionnelles au lieu de trouver une solution aux questions à la table des négociations. L’augmentation salariale obtenue récemment ne compense même pas le taux d’inflation. Les salaires réels continuent de baisser, sans mentionner les horaires de travail poussés à l’extrême, proches de ceux des ateliers de misère, et le niveau inacceptable des bas salaires pour le travail en équipe postée de nuit", déclare le représentant syndical de l’ITUA.

Des tisseurs arrêtés sous l'inculpation d'extorsion à Karachi, Pakistan

PAKISTAN: La ville de Etehad, Baldia Karachi, est le centre du tissage sur métier mécanique et d’unités de production de serviettes établies par de gros exportateurs de textile comme Al Karam. Des milliers de petites et moyennes fabriques sont en activité sans être enregistrées, selon la loi sur les fabriques. En conséquence, des centaines et des milliers de travailleurs et travailleuses sont employés dans ces fabriques sans aucune protection juridique. Leur travail s’accomplit dans des conditions misérables, sans contrat de travail, sans sécurité sociale, en travaillant de longues heures avec de bas salaires.  Les tisseurs de serviettes sur métiers mécaniques ont créé le syndicat Al Etehad Mazdoor, qui est enregistré au ministère du Travail de la province Sindh et affilié à la fédération nationale des syndicats du Pakistan (NTUF).
 
Au cours des deux derniers mois, le syndicat a commencé une campagne pacifique pour faire enregistrer les fabriques, conformément à la loi sur les fabriques, augmenter les salaires et présenter d’autres revendications destinées à améliorer les conditions de travail. En réponse, les employeurs ont engagé des actions anti-ouvrières en supprimant des centaines d’emplois et en décidant illégalement des lock-out.

Le syndicat a déposé des plaintes contre la fermeture illégale de fabriques et les suppressions d’emplois au ministère du Travail. Le 21 mars 2012, les responsables du ministère du Travail ont convié les propriétaires de fabriques à assister à une réunion pour examiner la question et trouver une solution. Mais les employeurs n’ont pas tenu compte de cet appel et ont commencé à harceler les travailleurs et travailleuses en faisant appel à la police.
 
C’est alors que les forces de police et de gendarmerie (Ranger Force) sont arrivées dans des dizaines de véhicules pour faire des rafles dans les logements des militants syndicaux le 21 mars et ont arrêté 6 travailleurs dans le cadre de la loi antiterroriste. Toutes les personnes arrêtées ont été brutalement torturées avant d’être ensuite présentées au tribunal antiterroriste (ATC) No 2 à Karachi le 24 mars. Le juge a donné un avertissement à la police contre les tortures infligées aux travailleurs et ordonné à l’officier de police chargé de l’enquête (IO) de faire donner les soins médicaux appropriés aux travailleurs victimes de tortures. Le tribunal a également ordonné à la police de présenter les travailleurs à l’ATC le 29 mars.
 
La police a déposé le premier rapport d’information (FIR) contre 12 travailleurs dont les membres du bureau du syndicat des travailleurs des métiers à tisser mécaniques Al Etehad Mazdoor, parmi lesquels six sont détenus. Les militants syndicaux affirment que la police brutalement torturé les travailleurs au poste de police de Machko pour les forcer à reconnaître devant la presse leur participation à des extorsions de fonds (Bhatta) dans la zone industrielle. Cependant, les travailleurs sont restés fermes et n’ont pas cédé aux pressions de la police.
 
Les représentants syndicaux ont rencontré le ministre du Travail de Sindh, ont informé le ministère du Travail et lancé un appel au Président de la Cour suprême de justice et au Président de la Haute Cour de justice de Sindh pour obtenir leur intervention immédiate afin d’assurer la protection des droits des travailleurs. Le 23 mars, les travailleurs de la  NTUF ont tenu une réunion de protestation au Club de la presse de Karachi, pour exiger la libération immédiate des travailleurs détenus. Nasir Mansoor, secrétaire général adjoint de la NTUF a déclaré “qu’il s’agit d’une tentative d’écrasement de la lutte des travailleurs pour la défense de leurs droits”, et demandé aux travailleurs et travailleuses du monde entier d’étendre la solidarité et d’exercer des pressions sur le gouvernement pakistanais pour qu’il respecte les droits des travailleurs et travailleuses.

Les travailleurs sont les mieux placés pour contrôler les conditions dans les chaînes d'approvisionnement de Apple

MONDE: Dans une déclaration conjointe publiée aujourd’hui, 22 mars, des syndicats et des ONG demandent à Apple de faire confiance à ses travailleurs et travailleuses pour contrôler les conditions de travail dans la fabrication de ses produits, et de ne pas adopter une approche hiérarchisée.

"Give Apple workers a voice in their future" (Garantir aux travailleurs de Apple une voix au chapitre concernant leur avenir), la déclaration conjointe de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), de la Confédération syndicale internationale¬¬ (CSI), de Good Electronics, MakeITFair et de Students & Scholars Against Corporate Misbehaviour (SACOM), a été présentée en prévision de la publication probable, la semaine prochaine, des résultats de l’audit réalisé par Fair Labour Association (FLA) chez Foxconn, l’un des fournisseurs chargé du montage final de Apple.

"Une fois les vérifications terminées et le départ de FLA, le personnel de production dans les usines devra subir à nouveau les conditions brutales de travail qui lui sont imposées", peut-on lire dans la déclaration.

"Ce sont les salariés eux-mêmes qui occupent la meilleure place pour s’assurer du respect des droits du travail et faire pression pour trouver les remèdes nécessaires".

Syndicats et ONG estiment que Apple doit permettre aux salariés d’organiser des élections pour désigner démocratiquement leurs propres représentant(e)s sur le lieu de travail, capables de négocier avec la direction les salaires et les conditions de la main-d’œuvre, qui sont des droits fondamentaux reconnus par l’Organisation internationale du Travail.

Apple et Foxconn doivent immédiatement établir un calendrier des négociations qui devra mener à une véritable convention collective couvrant tous les aspects du travail, notamment les salaires et la durée du travail, les heures supplémentaires, la santé et la sécurité.

Compte tenu de la situation, il est clair également qu’un contrôle extérieur des conditions dans les chaînes d’approvisionnement de Apple est urgent et devra se poursuivre dans un avenir prévisible.

Pour que cela soit possible, Apple doit faire connaître l’identité de ses fournisseurs, non seulement le nom des entreprises, mais les pays et les usines d’où proviennent tous les composants qui entrent dans la fabrication de ses produits.

Une copie de la déclaration conjointe "Give Apple workers a voice in their future" se trouve ici.

Pression des syndicats mondiaux sur Rio Tinto pour la fin du lock-out au Canada

CANADA/MONDE: Les syndicats lancent une campagne internationale de grande envergure pour faire connaître les attaques systématiques de Rio Tinto contre les travailleurs et travailleuses, les communautés et l’environnement. Entre-temps, les pourparlers entre le syndicat United Steelworkers’ (USW) et Rio Tinto Alcan ont repris après trois mois de silence qui ont donné lieu au lock-out de 780 salariés.

Les discussions engagées à la demande du gouvernement ont débuté quelques jours seulement après le retour de la tournée internationale d’une délégation de dirigeants syndicaux représentant les salariés de Rio Tinto sur les sites de l’entreprise aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, organisée sous la conduite de l’Initiative minière et maritime, une alliance de syndicats représentant les travailleurs et travailleuses des industries minière et maritime aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud.

Les salariés sont lock-outés depuis le 1er janvier, pour avoir refusé d’accepter un accroissement  spectaculaire des conditions d’emploi précaire. Depuis le début de janvier, l’usine fonctionne au tiers de sa capacité avec une main-d’œuvre non syndiquée.

La pression internationale a commencé à s’accroître quand des syndicats représentant les salariés de Rio Tinto/Alcan dans le monde, notamment le Comité d’entreprise européen de Rio Tinto/Alcan et des affiliés de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), ont accéléré les actions de soutien aux victimes du lock-out à Alma.

Le 31 mars, des dirigeants syndicaux représentant les salariés de Rio Tinto/Alcan, la FIOM et l’ICEM, des militants ouvriers et des groupes communautaires se sont rassemblés dans une démonstration de force et de solidarité. D’autres évènements et actions internationaux sont prévus dans les prochains mois.

"Alors que nous étions partis, beaucoup de gens nous ont accusés de parcourir le monde pour ternir la réputation de l’entreprise. Même si telle avait été notre intention, cela aurait été impossible du fait que la réputation de RTA en ce qui concerne son respect de la main-d’œuvre avait déjà pris des coups de tous les côtés. Depuis Boron, Californie — où Rio Tinto a lock-outé son personnel en 2010 — jusqu’à nos confrères en Nouvelle-Zélande ou au syndicat maritime d’Australie qui représente un certain nombre de salariés de Rio Tinto, les gens sont déjà au courant du niveau atteint par les pratiques antisyndicales de l’entreprise", a expliqué Marc Maltais, responsable de la section 9490 de l’USW.

"Les hommes et les femmes à Alma ont décidé de résister à la diminution de leurs emplois, tout en exigeant le respect de cette multinationale qui se sert de notre électricité pour faire fonctionner l’une des usines les plus rentables au monde. Les syndicalistes du monde entier savent que si Rio Tinto réussissait ici à nous mettre à terre, l’entreprise s’enhardirait jusqu’à attaquer tous les autres syndicats dans le monde. Des États-Unis à l’Australie, la communauté syndicale dans son ensemble se rend compte qu’il est important de rester soudé les uns aux autres. Et cette solidarité sera ressentie sans aucun doute à Alma le 31 mars", a déclaré Guy Farrell, directeur adjoint du Syndicat des Métallos/USW du Québec.

Pour tout renseignement complémentaire sur la campagne: http://www.almasolidarite.org/ (en français) ou http://www.justiceforriotintoworkers.ca/ (en anglais).

Protestations dans le monde contre la condamnation de militants au Zimbabwe

ZIMBABWE: Les six, Munyaradzi Gwisai, Tafadzwa Choto, Tatenda Mombeyarara, Edson Chakuma, Hopewell Gumbo and Welcome Zimuto, ont été condamnés, le 21 mars, à une amende et à 420 heures de service communautaire, le meilleur résultat possible compte tenu des circonstances.

Les militant(e)s, quatre d’entre eux travaillant comme militants syndicaux, avaient été arrêtés il y a un an avec 39 autres personnes, au Centre du travail du Zimbabwe, alors qu’ils discutaient du Printemps arabe et regardaient une séquence vidéo sur le soulèvement populaire en Égypte. Ce qui était simplement un débat politique académique a été présenté comme un complot pour renverser le gouvernement.

Les six ont tout d’abord été accusés de trahison, mais au cours du processus judiciaire, les accusations ont été réduites, et les 39 autres personnes ont été déclarées non coupables. Dans sa décision, le juge Kudya a dit que les procureurs de l’État n’avaient pas réussi à apporter la preuve que les militant(e)s constituaient une menace pour la sécurité du Zimbabwe. Il a également ajouté: "Je ne vois pas la moindre preuve qu’un citoyen du Zimbabwe aurait envisagé une révolution de style tunisien ou égyptien".

Les six militant(e)s sont restés en prison jusqu’à leur libération sous caution, accordée un mois après leur arrestation. Les six, qui ont été soumis à une torture physique et mentale, ont porté des accusations contre des responsables du gouvernement pour le temps passé aux mains des agents de la sécurité de l’État. Les six n’ont pas eu accès à des médicaments et à un traitement médical. Les conditions ont été particulièrement dures pour la seule femme parmi les six, Tafadzwa Choto, dont la santé n’est pas bonne et qui a besoin d’une attention médicale constante après trois opérations du cerveau.  

Les secrétaires généraux de la FIOM, de l’ICEM et de la FITTHC ont envoyé une lettre conjointe au gouvernement du Zimbabwe dans laquelle ils affirment que l’arrestation, la torture et la poursuite en justice de ces six militant(e)s sont inconstitutionnelles dans leur pays et constituent une infraction à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et à la Déclaration universelle des droits de l’homme.

La lettre précise: "Nous sommes surpris de constater que ces six militant(e)s ont été traité comme des criminels pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, et nous demandons à votre gouvernement de leur accorder un pardon sans condition. De même, nous demandons instamment à votre gouvernement de relâcher tous les prisonniers politiques et d’abandonner les chefs d’accusation contre ceux qui sont en attente de jugement. Nous demandons que votre gouvernement prenne toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect des droits et des libertés de tous les citoyens et citoyennes du Zimbabwe, conformément aux normes internationales sur les droits de la personne".  

La condamnation criminalise le militantisme et donne au gouvernement du Zimbabwe le feu vert pour persécuter et réduire au silence les militants et militantes. Elle sert également à réprimer et intimider encore davantage les gens ordinaires, elle provoque la peur et un désengagement politique et citoyen avant les élections nationales prévues en 2013, que le gouvernement du Zimbabwe souhaiterait avancer d’un an.

Le réseau syndical Caterpillar de la FIOM s'élargit et se renforce

Belgique :  Le Comité directeur du réseau Caterpillar de la FIOM s’est réuni au Centre Elewijt près de Bruxelles les 20 et 21 mars 2012. Etabli formellement en 2011 à Chicago, ce Comité est composé de responsables syndicaux d’Allemagne, d’Australie, de Belgique, du Brésil, de la France, du Japon, du Royaume-Uni et des Etats-Unis.  Pour la première fois, des délégués du syndicat Caterpillar en Inde, du TCA du Canada et de l’USW qui représente les salariés de Bucyrus dans le Wisconsin aux USA ont également participé à cette rencontre. L’année dernière Caterpillar a pris le contrôle de Bucyrus International, fabricant d’équipement minier de surface et souterrain.

La réunion a eu lieu quelques semaines après la fermeture brutale de l’usine de locomotives EMD de Caterpillar en Ontario au Canada qui a mis à la rue 465 travailleurs. L’un des représentants du TCA a déclaré « Cette lutte a été un signal d’alarme pour beaucoup.  Le soutien que les travailleurs ont reçu de la part de groupes sociaux, d’hommes politiques et de syndicats de par le monde est sans précédent.  Pour autant la lutte n’est pas terminée, le TCA exige que des changements soient apportés à la législation du travail au Canada et aux règles régissant les investissements étrangers pour mieux protéger les travailleurs contre les pratiques abusives des entreprises ».

Au cours de la rencontre les délégués ont examiné les résultats de deux études réalisées par le réseau sous la coordination de la FIOM — l’une sur la formation et le développement des compétences et l’autre sur la santé et la sécurité au travail sur les sites de Caterpillar dans le monde.  Ces deux enquêtes ont révélé qu’il y avait des différences majeures entre les pays et un besoin d’harmonisation vers le haut — tant en matière de formation qu’en ce qui concerne les normes de santé et sécurité.  Des discussions ont également eu lieu sur les conditions de travail chez les sous-traitants de Caterpillar qui ont montré l’importance d’étendre le réseau aux salariés des sous-traitants ainsi que des concessionnaires et fournisseurs des services d’ingénierie de Caterpillar.

A l’issue des débats, le Comité directeur a décidé de :

Dennis Williams, le président du réseau, a conclu la réunion en disant « Le réseau mondial se renforce.  Avec la participation de syndicats de plus en plus de pays nous pourrons améliorer les conditions de travail pour tous les salariés dans le monde.  Caterpillar ne peut pas continuer à ignorer l’unité mondiale de ses salariés qui s’exprime au travers de ce réseau ».

Le Comité directeur se réunira à nouveau au printemps 2013 pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ces objectifs et prendre d’autres mesures pour renforcer le réseau.
 
Les syndicats belges affiliés à la FIOM ont accueilli cette réunion qui a en outre bénéficié du soutien de la Fondation Friedrich Ebert.

Protestations de la FIOM et de l'ICEM contre la dégradation du nouveau Code du Travail au Kirghizistan

KIRGHIZISTAN: Le gouvernement kirghize a adopté dans la précipitation une nouveau Code du Travail dégradé, sans véritable consultation des partenaires. Cette initiative a fait l’objet de fortes critiques des syndicats nationaux, notamment des affiliés de la FIOM et de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses (ICEM), ainsi que de la communauté syndicale internationale. La FIOM et l’ICEM ont protesté dans une lettre adressée au Premier ministre du Kirghizistan.

Le gouvernement avait mis en place, le 20 février, un groupe spécial de réflexion chargé de réaliser un nouveau Code du Travail pour le Kirghizistan. Quelques semaines plus tard, le 9 mars, le nouveau Code a été présenté au public. Le gouvernement avait prévu de se prononcer le 23 mars sur le nouveau Code, bien que la législation en vigueur exige de soumettre ce type de projet de loi au débat public pendant au moins un mois.

Le nouveau Code du Travail comporte 134 articles, alors que le Code encore en vigueur en a 446. En cas d’adoption du nouveau Code, la position de la main-d’œuvre dans les relations industrielles va se dégrader. Les articles qui manquent dans le nouveau Code concernent les droits et les devoirs des parties, le concept et les principes d’un partenariat social, la santé et la sécurité, la protection de plusieurs catégories particulières de travailleurs et travailleuses. Des garanties syndicales sont également absentes.

Dans leur lettre au Premier ministre du Kirghizistan, la FIOM et l’ICEM font remarquer que le nouveau Code du Travail ressemble beaucoup à celui adopté par la Géorgie en 2006. Le nouveau Code du Travail de Géorgie offre également très peu de garanties et de protections. Les syndicats s’y sont opposé et il a fait l’objet de critiques de la part de l’OIT.

“L’expérience d’une déréglementation des relations industrielles à l’échelle mondiale montre que les tentatives faites pour attirer l’investissement étranger au prix d’une réduction des droits du travail et des droits syndicaux n’ont jamais amené la prospérité dans les pays pauvres. De telles tentatives ne font qu’entretenir la pauvreté et appauvrissent encore davantage les travailleurs et travailleuses déjà sans droits et la société dans son ensemble”, affirme-t-on dans la lettre.